Parce que les livres comptent pour moi presque un peu trop, j'ai eu envie d'écrire quelque chose dans l'amitié du Merveilleux, précisant ce que je sens, qui lie la faculté de s'émerveiller à une certaine forme de désarroi et de précarité. Depuis bientôt dix ans, je suis libraire et je vois trop de lecteurs désabusés ou simplement déçus. En tout cas, pas assez reliés à ce quelque chose qui s'apparente à la magie, et n'en est pas, mais qui fait que dans la grande liberté de l'imaginaire, on aime un livre plus que tout. Aussi ai-je eu envie de donner corps à quelques passions, à quelques grands attachements littéraires et émotifs, où j'ai cru me réconcilier. J'aimerais en transmettre une part, donner envie de les lire. Ce livre est une modeste proposition, plus promenade qu'apologie, attentive surtout à révéler, à souligner ces quelques enchantements. C'est avant tout un remerciement à la vie d'être pour moi ce qu'elle est. C'est-à-dire ce qu'on en fait lorsqu'on la rêve.
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Nombre de pages
96
Date de parution
19/05/1998
Poids
130g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9782868530851
Titre
Dans l'amitié du merveilleux
Auteur
Cloux Patrick
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
121
Poids
130
Date de parution
19980519
Nombre de pages
96,00 €
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Présentation de l'éditeur " Soif de vins clairs, aériens, volubiles et sentis cruellement insolubles au chaos, au zinc et à l'acier. Je les veux et les rêve d'une innocence plénière comme sont l'arbouse et le milan. Vins d'un premier vocabulaire à la fois merveilleux et émietté. Installé pour durer. "
Andrew Wyeth (1917-2009) fut un peintre américain à la fois célèbre et décrié, indépendant de tout mouvement. Il avait une haute opinion des gens ordinaires qu'il fréquentait et qu'il a peints sur de longues années. Mais il était aussi très ancré, habité par la rudesse des paysages de la Nouvelle-Angleterre. Son oeuvre est chargée de ces doubles rencontres, fidèle et sombre, faite de retours magnétiques aux mêmes thèmes et d'un rendu très ferme. L'exigence est pour Wyeth une seconde nature, son talent surprend ainsi des secrets que l'on se doit d'aborder lentement, pariant sur la durée et une sourde imprégnation. " J'ai une conscience aiguë du temps qui passe, l'ardent désir de retenir quelque chose - et cela peut sembler triste aux gens. Je crois que le mot juste n'est pas mélancolie, mais plutôt recueillement. Je pense et je rêve énormément aux choses du passé et de l'avenir - à l'éternité des rochers, des collines - à tous les gens qui y ont vécu. "
J'allais par deux fois l'été et l'hiver, entre douze et treize ans, vivre et partager une partie de ce monde entier, plein de lui-même, fermé, menaçant et contradictoire. J'en sentais la détermination et la fin cependant, le lent déclin. L'élevage d'estive allait péricliter. Les gens s'en allaient chercher du travail en ville. Eau contre la pierre, ce leitmotiv abîmait chaque geste, rouillait frauduleusement chaque parole. Ce fut cependant en ces mêmes années, devenues secrètement lumineuses, ambivalentes et raides, dans ces lieux isolés et farouches comme le sont ces paysages blessés, que j'allais curieusement naître à moi-même. " P.C.
J'ai tenté ici de mettre en mouvement un certain regard porté sur le paysage. D'où mes promenades sans but, nourries d'analogies et d'objets de nature, mais aussi ce besoin participatif de dire les choses aimées par les livres lus. Voilà donc mon amour des pierres, des bouts de bois paradoxaux rencontrés sur les chemins. Une sorte de Land Art particulier, privé, et cependant résonnant chez d'autres, traversant le jeu sans fin des formes à découvrir, des collections, des n?uds entre le réel et l'abstraction. Je ne sais pas si j'y suis parvenu, mais c'est ainsi, donné, direct, décidé : une tentative d'appropriation du monde, l'éloge du pacte qui nous ramène aux arbres et à l'herbe, aux traces et aux mots. Patrick Cloux
Le récit trouve au départ dans la lecture du Purgatoire de Dante une ligne directrice, quelque chose qui tend vers, telle une asymptote. Cette lecture vient ainsi ponctuer la manière dont un narrateur, en quête d'un nouveau lieu d'écriture, essaie de se ressaisir de sa vie. Locus Novus... La forme oscille entre plusieurs genres, essai, poème, roman, ou ce qui pourrait, ne devrait être en définitive qu'un "? roman ? ".
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.