« Je ne connais aucun livre plus important, plus terrible, plus digne d'être réimprimé. C'est l'histoire la plus forte en son genre », écrit Michelet à propos de l'Histoire de Magdelaine Bavent. Religieuse du Monastere de Saint-Loüis de Louviers. Avec sa Confession generale & testamentaire, où elle declare les abominations, impietez et sacrileges qu'elle a pratiqué & veu pratiquer, tant dans ledit Monastere qu'au Sabat, & les personnes qu'elle y a remarquées parue à Paris en 1652. Si l'ouvrage appartient au vaste corpus des écrits qui ont accompagné et le plus souvent justifié la chasse aux sorcières des xvie et xviie siècles, il semble être le seul à donner la parole à une femme condamnée comme suppôt de Satan, avouant, dans une débauche de détails obscènes et blasphématoires, s'être livrée au sabbat à la copulation avec les diables et les sorciers, avoir participé au sacrifice d'enfants et les avoir mangés, et mille autres abominations.Pour éclairer la genèse et les enjeux de ce texte, cette édition critique l'accompagne de la transcription complète et en grande partie inédite de l'interrogatoire de Magdelaine, « accusée et convaincüe des crimes de sorcellerie et magie ». Différents documents et analyses permettent en outre de mieux comprendre le destin de cette religieuse « endiablée » et de replacer son Histoire dans le cadre plus large de l'affaire de la possession de Louviers, et plus généralement de la crise démoniaque des xvie et xviie siècles.
Nombre de pages
338
Date de parution
09/06/2023
Poids
564g
Largeur
161mm
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EAN
9782841374175
Titre
Magdelaine Bavent, religieuse au couvent de Louviers. Procès en sorcellerie et autobiographie. Inter
On pensait avoir tout dit sur le géant, figure figée dans un double stéréotype de violence archaïque ou de bonté débordante, et n'ayant plus guère sa place dans la littérature, si ce n'est dans celle destinée aux enfants. Or ce colloque a permis de découvrir que le géant, présent dans presque tous les récits d'origine où il est tantôt grand ancêtre protecteur, tantôt monstre sauvage tout droit sorti du chaos, continuait à hanter les œuvres les plus contemporaines. Les articles qui constituent ce volume explorent, à travers les siècles et les œuvres littéraires, les nombreux enjeux esthétiques, scientifiques ou philosophique de la figure gigantale et nous invitent à découvrir l'étonnante richesse et complexité de ce " personnage-métaphore ". la rencontre des spécialistes de domaine et d'époques très différents a ainsi mis en lumière combien le géant est profondément inscrit, non seulement dans l'imaginaire de l'Occident, mais encore dans sa conscience littéraire et artistique.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Cette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.