Nous, qui sommes si modernes, serons anciens dans quelques siècles ", écrivait La Bruyère, dans cette inflation de mots dérivés de " modernes " qui dénotent autant de crises de croissance que de mouvements esthétiques datés ou indatables, la " modernité " n'a rien à envier à La Vie de Georges Perec : elle nécessite un mode d'emploi. Où en est-on et comment en est-on arrivé là ? Le discours critique prolifère, butant sur cette aporie : l'oeuvre moderne fournit son propre mode d'emploi. Aristote est-il un moderne, lui qui dépasse le dualisme de l'éternel et du temporel pour considérer, le monde des êtres en devenir ? Ou bien la modernité commence-t-elle avec Baudelaire, Rimbaud, avec ce mot d'ordre : " Il faut être absolument moderne " ? Le concept de " modernité " est la face émergée de l'iceberg positions et principes esthétiques autant que philosophiques et épistémologiques en font le maître-mot de querelles répétées ; textes et ?uvres d'art l'illustrent, ou le jettent, après emploi. On est moderne ou on n'est pas ; le mot labellise toute une constellation de normes normalité/déviance, socialité/marginalité, beauté/décadence. La fortune du mot est en tout cas assurée : toujours de mode, en proportion de son mystère !
Nombre de pages
198
Date de parution
08/03/2006
Poids
268g
Largeur
144mm
Plus d'informations
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EAN
9782841743902
Titre
La modernité mode d'emploi
Auteur
Claudon Francis ; Jouanny Sylvie ; Élias Sophie ;
Editeur
KIME
Largeur
144
Poids
268
Date de parution
20060308
Nombre de pages
198,00 €
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Les nouvelles éditions de Stendhal permettent de repenser la question de ses rapports avec la musique. Quels étaient ses compositeurs, ses opéras préférés et pourquoi ? Ce livre montre comment la musique, et particulièrement l'opéra, a totalement imprégné l'oeuvre de Stendhal : dans ses romans, ses nouvelles ou ses écrits intimes, il a cherché à transformer la musique en mots, faisant souvent référence à Mozart ou Cimarosa. Persuadé d'avoir été un musicien manqué, Stendhal a rêvé de rivaliser, en tant qu'écrivain, avec la musique et ainsi d'atteindre l'idéal romantique de la fraternité des arts.
Il n'y a plus, depuis longtemps, de biographie de Goethe actuellement disponible en français. Or plus qu'un autre peut-être celui que les Allemands persistent à tenir comme leur plus grand auteur, un peu à la manière suivant laquelle les Français révèrent Hugo, ce "Monsieur Goethe", comme disait Napoléon, a entretenu des rapports multiples avec notre pays. Goethe a été formé très tôt par la France, sa langue, ses auteurs (Diderot, Rousseau), sa science de l'époque (Cuvier, Geoffroy Saint Hilaire, etc.). Il a également été fort bien reçu par des générations d'auteurs ou de compositeurs ou de peintres français (Nerval, Berlioz, Delacroix, Hugo, Gide, Du Bos, etc.). Et puis, Goethe est un des inspirateurs de la littérature comparée, discipline universitaire et scientifique d'origine française (Ampère, Baldensperger). A l'heure où l'on parle tant de "mondialisation" Goethe a réfléchi sur ce qu'il appelle la Weltliteratur - la littérature mondiale. Dans le volume que voici on esquisse donc une biographie de l'auteur, mais elle s'accompagne de chapitres de synthèse (sur la science, sur les romans, sur le célèbre Faust, etc.). A vrai dire c'est une tranche de l'histoire des idées et des relations intellectuelles européennes au tournant des Lumières et du Romantisme qu'on propose. Sans oublier même la poésie de Goethe, que nombre de compositeurs germaniques ont mise en musique (Schubert, Schumann, H. Wolff, G. Mahler, Brahms, etc.). Et ce cas d'échanges entre les arts est passablement séduisant.
Le numéro 16 de la revue Incidence est organisé autour d'un essai de Carlo Ginzburg qui touche au coeur ignoré de la plus brûlante actualité, dans le monde globalisé qui est le nôtre, celle qui voit se déchaîner des conflits entre les cultures, les genres, les religions... : "Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier d'historien, aujourd'hui" . Que peut apporter la réflexion d'un historien sur la démarche qui permettrait de tenter de comprendre l'autre, celui qui est en face ? Carlo Ginzburg, à partir de son métier, préconise une attitude critique et détachée qui exige de prendre en compte deux niveaux, non seulement celui de la parole de ceux qui se font entendre à travers les traces laissées par l'Histoire, mais aussi celui de l'observateur lui-même impliqué dans sa recherche avec ses propres mots, et les façons de penser qu'il partage avec ses contemporains. L'historien part donc de ses propres questions, inévitablement anachroniques, pour chercher des réponses, mais ces réponses modifient elles-mêmes les questions, de sorte que, dans un jeu dynamique d'allers et retours, s'affine peu à peu la possibilité de parvenir à l'interprétation des sources en reconstruisant les modes de pensée des individus et des sociétés des époques analysées, si différentes des nôtres. Mais il précise bien que cela reste une interprétation, c'est à dire que même parvenu à restituer les réponses apportées par les documents, il doit garder à l'esprit qu'il y a toujours un travail de traduction. Il est donc important de maintenir la tension entre les questions et les réponses, nos mots et les leurs. Ce que l'historien a élaboré pour tenter de penser le passé peut servir de modèle pour aider à franchir les distances qui séparent aujourd'hui les genres, les cultures, les nations etc. au niveau mondial. Carlo Ginzburg dans le déroulement de ce fil réflexif ne cesse de rayonner vers les autres sciences humaines, s'enrichissant de cette ouverture constante aux disciplines elles aussi confrontées aux nécessités de l'enquête et de l'interprétation : la linguistique et l'anthropologie qu'il donne en exemple de cette rigueur méthodologique, mais aussi la philologie et la littérature. La revue Incidence réunit ici des chercheurs de grande compétence, de sciences humaines, et de critique littéraire, pour dialoguer avec lui à partir des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur propre domaine d'étude.