Il est étonnant que celui qui se présente comme libéré de vaines et dangereuses illusions, se définisse nominalement par ce qu'il nie ! De fait, l'athéisme qui naît contre une religion établie veut s'en affranchir par le seul pouvoir de la raison, et tout ce qui excède le pouvoir de cette faculté est renvoyé au placard des illusions, qu'elles soient transcendantales ou idéologiques. Dans les deux cas, il s'agit toujours de soupçonner certains produits de la raison comme de monstrueux développements qui aliènent l'homme. Et l'athée est bien celui qui ne veut pas croire à cette production aliénante qui structure et enferme les gestes et les pensées dans un manège préétabli. Penseur voulant se libérer de ses contraintes internes, l'athée refuse d'apporter son adhésion à un Dieu dont il nie l'existence. Un tel refus nécessite une réflexion critique sur la raison elle-même qui, dans et par sa structure, reste encore dépendante de prémisses théologiques. La figure de l'athée résulte donc d'une libération de processus préjudiciables à sa lucidité. Dieu ne serait qu'un néant, un non-être, une grande absence. Pourtant, ne pas croire en un Dieu n'exige pas sa suppression, et, au demeurant, je peux bien rester incrédule quant à ce qui est dit de Dieu et ne pas me prononcer sur Dieu lui-même. En effet, pourquoi ne pas considérer l'athée comme un homme sans Dieu, indépendamment d'un jugement sur son existence, et à quoi bon mesurer à l'aune de notre finitude l'incommensurable, l'infini, puisque ce sont là les caractères qu'on lui impute ...
Nombre de pages
283
Date de parution
30/11/2000
Poids
376g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841742172
Titre
Les athéismes philosophiques
Auteur
CHUBILLEAU EMMANUEL
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
376
Date de parution
20001130
Nombre de pages
283,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.