D'emblée, le recueil de Cléa Chopard échappe à toutes formes de classification : il est à la fois un récit en prose, un long poème, ou encore le relevé clinique d'une jeune femme confrontée à des expériences qui la dépassent, ce que la psychiatrie nomme des « états limites ». Topolalie aspire à faire résonner ces états-limites du corps, de l'être et du langage, arpentant des territoires obscurs sur lesquels la raison a peu de prises. Tout au long du texte et via le travail de l'écriture, la narratrice tente de se dépsychanaliser. «Topolalie trace les réseaux de sens impossibles d'un corps marqué par la crise, celui de Della, amas pathologique sans biographie qui manque sans cesse de se constituer comme un personnage à part entière. [...] Sans qu'on sache jamais qui prend en charge la narration (une narratrice extérieure, Della elle-même, plusieurs voix qui s'entrecroisent ?), le texte explore une réalité aux limites floues, où la frontière entre le dedans et le dehors reste insaisissable, où les perceptions changeantes détruisent toute possibilité d'une image stable de soi et du monde, où les actes d'auto-agressions deviennent l'unique recours pour faire tenir le réel.» Cléa Chopard Un langage de la rupture se cristallise alors dans cet environnement instable pour donner une forme à l'absence de sens avec laquelle elle se débat. Le tout dans une langue poétique qui se révèle pur émerveillement.
Nombre de pages
96
Date de parution
21/08/2026
Poids
110g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782889551422
Auteur
Chopard Cléa
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
120
Date de parution
20260821
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
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Ni nouvelles ni essai ni récits ni poèmes, encore moins romans ou pièces de théâtre, ses textes convoquent toutes ces formes pour les réarranger dans ce qu'elle appelle son mobilier littéraire. Il en résulte des ?uvres que leur sophistication polymorphe rend inclassables et dans lesquelles l'auteure interroge parfois avec humour parfois avec brutalité le statut d'une écriture au féminin, de ses enjeux et de sa spécificité. Avec un apparent détachement ? non sans référence à la musique d'ameublement d'Éric Satie ? Cléa Chopard s'attache à mettre en ?uvre une pensée de l'instabilité et du trouble en se basant sur des sources diverses qui vont de l'histoire de la décoration à la critique littéraire féministe, en passant par des problèmes de traduction, la littérature féminine anglo-saxonne, l'histoire des maladies mentales et de la botanique. Ce n'est donc pas un récit qui prend forme mais un espace habitable qui est configuré avec son mobilier littéraire. A ce dispositif s'ajoute le fait que tout élément de mobilier littéraire, comme son nom l'indique, est destiné à être déplacé. Cléa Chopard ne se prive pas de le faire, puisque son écriture n'est jamais vraiment séparée d'une pratique de la performance qu'elle nourrit et suscite régulièrement.
Le pas du coq réunit quelques-uns des billets qu'Erica Van Horn rédige régulièrement pour rendre compte de l'état du monde vu depuis son petit village du comté de Tipperary, en Irlande. A travers la série des portraits hauts en couleurs de ses voisins immédiats, elle s'attache à décrire la trajectoire de gens simples dont le génie consiste à s'approprier des conditions de vie parfois rudes, rarement propices à l'épanouissement personnel, pour réinventer des modes d'occupation poétique du monde. Ainsi de l'indestructible optimiste Tom Browne, un vieil ouvrier qui continue, après sa retraite, à construire des maisons mais en modèles réduits et s'invente, pour régler son existence, des listes fantaisistes dont il ne sait plus énumérer les items. Avec beaucoup de délicatesse et un sens aigu de l'observation, Erica Van Horn pose sur le monde immédiat du quotidien un regard plein de l'intelligence du c'ur. Ce faisant elle délivre une leçon de vie que nous aurions tort de minimiser.
L'Ours Blanc publie des textes brefs et singuliers, en leur consacrant un numéro entier. Le sommaire de la revue s'écrit donc au fur et à mesure des livraisons. Cette volonté d'ouverture témoigne de l'envie d'aborder le champ littéraire comme un espace dont les limites n'ont rien de définitif ni de contraignant.
Les courts textes qui composent Nous avons de pluie assez eu sont autant de petits morceaux d'une vie dans la campagne irlandaise. Mais ce quotidien s'articule uniquement autour d'anecdotes qui ont trait - d'une façon ou d'une autre - aux oiseaux croisés par la narratrice En ornithologue peu avisée, elle traque les oiseaux qui peuplent son quotidien, ainsi que leurs interactions involontaires avec la société humaine : la fierté de celui ou celle qui aura aperçu "la première hirondelle" , au moment du retour de ces oiseaux ; l'agacement des habitants face à leurs voitures, maisons et meubles de jardin couverts d'excréments ; un pigeon mort qui devient une représentation de l'absence ; des coquilles d'oeufs difficiles à reconnaître, un oiseau en plastique qui semble vrai, ... Avec légèreté et délicatesse, Erica van Horn observe chacun des oiseaux rencontrés avec le même soin. Elle propose un recueil ornithologique inattendu, poétique, où il ne s'agit pas tant de reconnaître les oiseaux que de les observer dans leurs rencontres quotidiennes avec les humains, et de voir comment leur présence influence et marque la vie d'un village elle-même.
Pour son numéro 50, L'Ours Blanc propose à ses lectrices et lecteurs de découvrir l'écriture à deux mains de deux poètes français connus et reconnus, Anne Portugal et Vincent Broqua. Ils cosignent ici une suite de théorèmes littéraires dans lesquels se noue un dialogue complice et amusé autour des questions fondamentales qu'engage l'acte d'écriture et son rapport au monde.
L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Quitter les lieux communs, prendre ses distances avec tel ou tel discours à la mode et retrouver enfin "une parole dense, une culture fondée, un monde intimement et intensément vécu" . Voici, pour le poète, l'essentiel. Territoires chamaniquesest le fruit d'un long travail de récolte de chants et de poèmes oraux. Kenneth White nous introduit avec jubilation à une poésie première, qui n'a cessé de nourrir, à travers le monde, un sentiment de proximité avec les choses et les êtres. Une poésie qui dessine une géographie originale et originelle dont les contours délimitent les fondements mêmes de notre culture. Cet ouvrage a fait l'objet d'une première édition en 2007.