La ville et la coquille. Huit essais d'emblématique
Choné Paulette
BEAUCHESNE
29,00 €
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EAN :9782701021720
Cet ouvrage rassemble les travaux présentés par neuf historiens de la littérature, de l'art et des représentations réunis à l'Université de Bourgogne dans le cadre des rencontres de l'Equipe de recherches sur l'emblème qu'accompagnèrent des séminaires sur "le chemin dans l'art" et "la spirale" . Les thèmes de la coquille et de la ville résument une inclination commune des auteurs pour certaine forme d'interrogation libre et animée dont les pages célèbres de Paul Valéry sur "le petit problème de la coquille" procuraient le modèle idéal. Des rêveries de la Renaissance sur ces deux formes symboliques étrangement solidaires jusqu'aux utopies architecturales contemporaines, on assiste à une exploration active du changement d'ordre et d'échelle qui fait alternativement monter et descendre du frêle coquillage à l'intimité de l'espace mental, à la maison, au jardin, à la ville. L'emblème est une forme littéraire et visuelle spécialement apte à jouer ce jeu de la miniaturisation, à nous conduire d'un monde à un autre en contrôlant le vertige. Les auteurs d'emblèmes, qui mêlent les constats lucides sur la condition humaine et les rêves de paix, nous aident à considérer la ville comme la demeure tutélaire des citoyens, le petit univers domestique comme un dur coquillage, et d'une façon générale le lieu protecteur comme une image de la conscience à la fois quiète et en éveil.
Nombre de pages
140
Date de parution
04/05/2016
Poids
260g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782701021720
Titre
La ville et la coquille. Huit essais d'emblématique
Auteur
Choné Paulette
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
155
Poids
260
Date de parution
20160504
Nombre de pages
140,00 €
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L'art de Callot dessinateur et graveur est parfaitement maîtrisé et méthodique. Aussi son récit est-il linéaire, chronologique, habité par la succession des faits. À peine s'y superpose-t-il une autre série, celle que lui inspirent certaines de ses oeuvres, rangées généralement elles aussi suivant une trame historique cohérente. La date d'exécution des ouvrages qu'il évoque coïncide avec celle des faits qu'il rapporte, sauf en de rares exceptions, lorsque soudain lui tombe sous la main telle feuille lui rappelant les faits qu'il raconte, à moins qu'au contraire ce ne soit au vu de la gravure ou du dessin que surgit la rétrospection.
Cet essai imprévu sur Georges de La Tour (1593-1652) est le livre qui manquait. À la croisée de l’histoire et de la sensibilité, Paulette Choné propose une approche inédite qui révèle les secrets d’un peintre à la renommée éphémère, redécouvert et toujours empreint de mystère. À travers une prose inspirée et délicate, l’auteur explore avec finesse les chefs-d’oeuvre de Georges de La Tour, ces tableaux qui continuent de hanter notre imaginaire. Un voyage éclairant au coeur d’une oeuvre artistique intemporelle, où chaque page invite à redécouvrir l’âme d’un artiste hors du commun.Paulette Choné, professeur émérite des Universités, ancienne pensionnaire de l’Académie de France à Rome, est spécialiste de l’histoire de l’art et de la civilisation des XVIe et XVIIe siècles, particulièrement en Lorraine.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.