Extrême-Orient Extrême-Occident N° 27 : Y a -t-il une philosophie chinoise ? Un état de la question
CHENG ANNE
PU VINCENNES
15,00 €
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EAN :9782842921729
Y a-t-il une philosophie chinoise ? ". Cette question, issue de l'institution philosophique européenne du XIXe siècle, revient encore de manière plus ou moins implicite près de deux siècles plus tard dans ce qui se dit et se lit actuellement sur la Chine. Il est donc temps, ne serait-ce que pour la déclarer une fois pour toutes obsolète, d'en dresser un état des lieux. C'est elle qui a servi de fil rouge aux travaux, menés de manière collégiale et internationale depuis plusieurs années, qui constituent la matière de ce volume. Il s'agit ici d'un chantier qui s'est constitué dans un échange continu et vivant entre des auteurs français, mais aussi européens et chinois, qui leur a permis au fur et à mesure d'affiner leurs réflexions respectives. Le volume qui en résulte se présente donc sous la forme originale d'un réseau de renvois internes entre les différents textes. On obtient ainsi un effet de prisme qui a l'avantage de démultiplier les points de vue, sans jamais se départir d'une perspective critique ni verser dans des réponses dogmatiques ou réductrices qui sont encore trop souvent monnaie courante en la matière.
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Nombre de pages
173
Date de parution
05/01/2006
Poids
269g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782842921729
Titre
Extrême-Orient Extrême-Occident N° 27 : Y a -t-il une philosophie chinoise ? Un état de la question
Auteur
CHENG ANNE
Editeur
PU VINCENNES
Largeur
154
Poids
269
Date de parution
20060105
Nombre de pages
173,00 €
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Depuis quatre mille ans, la culture chinoise offre l'image d'une remarquable continuité. Pourtant, c'est à travers une histoire faite de ruptures radicales, de profondes mutations mais aussi d'échanges, que la Chine a vu naître des pensées aussi originales que celles de Confucius et du taoïsme, et assimilé le bouddhisme avant d'engager à l'ère moderne un dialogue, décisif pour le temps présent et à venir, avec l'Occident. Force est de constater cependant que la plupart des Occidentaux demeurent dans l'ignorance de cette tradition intellectuelle qui n'a fait l'objet que de présentations partielles ou partiales.
Aujourd'hui, en Chine, le régime se durcit et exerce un contrôle idéologique étroit sur les universités, rétrécissant chaque jour l'espace du débat et de l'analyse objective. Comment, dans ces conditions, les intellectuels peuvent-ils continuer de penser de façon critique, mener leurs recherches, se faire entendre ? Sous quelles formes et... à quel prix ? Dans ce livre, Anne Cheng et Chloé Froissart offrent l'hospitalité de la traduction à des textes de penseurs dont certains sont emprisonnés, d'autres victimes de rétorsions. Entre les lignes, la résistance s'y exprime par des voies détournées, que des commentateurs se proposent de décrypter. Ces voix, qui nous rappellent à quel point il n'est pas permis de penser librement en Chine malgré l'image de grande puissance responsable qu'elle prétend renvoyer, perpétuent la tradition des "remontrances à l'empereur" et illustrent courageusement l'idée d'une citoyenneté éclairée, animée par "un esprit indépendant et une pensée libre". Contributions de Ge Zhaoguang, Guo Yuhua, He Weifang, Ilham Tohti, Jin Zhiyuan, Liu Yu, Rahile Dawut, Tsering Woeser, Wang Lixiong, Xu Jilin, Xu Zhangrun, Zhang Qianfan, Zhou Baosong et Zi Zhongyun.
Pour les Grecs, le despotisme était le mode de gouvernement rencontré chez les barbares asiatiques qui, parce qu'ils étaient esclaves par nature, se soumettaient volontairement à un souverain héréditaire absolu. La tyrannie en revanche était un moment temporaire dans l'histoire des cités. Le concept de despotisme oriental est repris par les Européens pour décrire l'Empire ottoman d'abord sur le mode d'une menace organisée et implacable, ensuite comme un système au rendement toujours décroissant. Les descriptions du système soviétique au XXe siècle ont suivi ces deux étapes. Bien souvent, au XVIIIe siècle, la référence au despotisme est une critique plus ou moins voilée de la monarchie absolue européenne. En revanche, le " despotisme éclairé " sert à justifier un passage en force pour établir des réformes jugées indispensables. Dans le dernier tiers de ce siècle, il sert de justification aux projets de conquête coloniale dans l'Ancien Monde. Cette conquête, qui voudrait se poser comme libératrice, trouve finalement sa justification dans le despotisme éclairé (fardeau de l'homme blanc, mission civilisatrice). La modernisation autoritaire de ces pays reprend ainsi tout ce discours tout en utilisant une référence identitaire de nature essentialiste. Ainsi un discours produit pour justifier la domination de l'autre peut servir aujourd'hui la perpétuation de régimes autoritaires par les pouvoirs qui régissent les pays concernés rejetant comme étrangères les doctrines libérales. Tels sont les différents aspects du concept de " despotisme oriental ", envisagé dans son historicité et réactivé à la lumière des réalités du monde d'aujourd'hui, qui sont abordés dans ce volume issu d'un colloque tenu au Collège de France en juin 2024.