La technique de Platon à Simondon. Persuader la nécessité
Chateau Jean-Yves
MILLON
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EAN :9782841374113
Il ne s'agit pas seulement ici de rendre compte de la philosophie de la technique que l'on trouve chez Platon et chez Simondon, et de quelques autres parmi les plus importantes, mais d'affronter véritablement la question : qu'est-ce que la technique ? On voudrait faire apparaître d'abord le caractère exemplaire et décisif de Platon pour la compréhension de ce qu'a été la réalité technique de son temps aussi bien que pour la compréhension, aujourd'hui encore, de la réalité technique actuelle, des problèmes qui sont liés à son identification comme telle et à la démarche qui convient pour son étude. C'est aller contre la tradition qui en fait un ignorant et un ennemi de la technique, préoccupé avant tout d'un monde d'Idées « coupées » du monde sensible. Cette tradition, quasiment aussi ancienne que Platon lui-même, est toujours vivante, fondée désormais sur une représentation de la technique qui se voudrait moderne (la technique comme « application de la science »). C'est un des intérêts de la pensée de la technique de Gilbert Simondon (prolongeant et systématisant une tradition qui passe en France notamment par Henri Bergson et Georges Canguilhem), que de délivrer de l'idée précipitée selon laquelle l'essence de la technique serait d'être une application de la science, idée dont la faiblesse est la plus évidente quand il s'agit d'une époque où la science n'existait pas encore au sens actuel. La lecture de Platon n'est pas seulement libérée par la compréhension de la technique que propose Simondon, elle est elle-même une préparation très utile à la lecture de ce dernier, reposant sur des exemples plus simples. Ce qu'apprend une philosophie de la technique, on le voit exemplairement chez Platon et chez Simondon, n'est pas seulement comment organiser des concepts et des idées (dont l'importance politique et sociale est évidente), c'est comment regarder précisément le réel, penser son existence et son évolution.Jean-Yves Chateau est Inspecteur général honoraire de philosophie, spécialiste de philosophie ancienne, de Kant et de Simondon.
Nombre de pages
464
Date de parution
24/11/2022
Poids
770g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782841374113
Titre
La technique de Platon à Simondon. Persuader la nécessité
Auteur
Chateau Jean-Yves
Editeur
MILLON
Largeur
160
Poids
770
Date de parution
20221124
Nombre de pages
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L'idée du cinéma comme "septième art", Art total, synthèse des autres Arts, trouve son origine et ne se comprend vraiment que par rapport à la philosophie kantienne de l'Art. Cela peut sembler étonnant, mais c'est ce que fait apparaître de façon frappante, sur plusieurs points importants, l'étude du cinéma et de la manière dont les grands cinéastes et théoriciens se le sont eux-mêmes souvent représenté. La dimension philosophique, voire proprement métaphysique du cinéma (à laquelle Deleuze a été sensible), même du cinéma le plus simple et le plus modeste, est en même temps liée à ce qui fait que le cinéma est un Art qui plaît tant populairement. Il y a là de quoi soupçonner ou entrevoir l'importance culturelle, sociale, morale et politique, peut-être, du cinéma le plus artistique (indépendamment de toute utilisation du cinéma comme moyen de propagande et d'influence idéologiques et sociales). Il n'est pas nécessaire d'être spécialiste de philosophie pour lire l'ouvrage: tout ce qui est proprement philosophique y est expliqué simplement. Jean-Yves Chateau y montre à quelles conditions le cinéma peut être un Art, où se révèle avec une singulière clarté l'essence même de l'Art. En lui, sous des formes diverses, il y va toujours du monde lui-même et de la possibilité d'en faire un monde commun. Biographie de l'auteur Jean-Yves Chateau est Inspecteur général de philosophie. Il est spécialiste de philosophie ancienne (Platon et Aristote) et de philosophie de la technique, notamment de l'oeuvre de Gilbert Simondon.
Il y a apparemment trois grands volets dans l'oeuvre de Gilbert Simondon, qui concernent la théorie de l'individuation et de l'être, la technique, la psychologie et les sciences humaines. Mais l'unité de l'oeuvre est très profonde: elle porte tout entière sur l'individuation et l'invention. Ces deux notions sont au coeur de la compréhension de tout ce que Simondon étudie, et chacune des deux est décisive de l'oeuvre peuvent retarder la reconnaissance de cette unité. L'ambition de ce vocabulaire est de favoriser les rapprochements, recoupements, articulations, nécessaires à cette fin.
La communication est d'une importance majeure pour penser les réalités de domaines aussi divers que la nature sauvage et non vivante, le vivant, la technique, les relations psychosociales. Le Cours sur la communication, qui ouvre ce recueil, élargit et clarifie la notion : "La communication existe avant la vie, parce qu'il y a des systèmes dotés de pouvoir d'amplification qui sont couplés entre eux dans la nature." D'où l'importance de la conférence sur "L? Amplification dans les processus d'information", dont le texte est suivi de "Relais amplificateur", qui étudie le processus de communication à même l'objet technique. Les trois derniers textes, Perception et modulation, Instinct, Attitudes et motivations, montrent bien que ce schème de l'amplification, au fondement des technologies de l'information, n'a pas moins de pertinence en psychologie.
Comment penser les rapports entre l'animal et l'homme? Une science de l'homme, comme la psychologie, peut-elle ne pas être en même temps une science de l'animal? Cette question peut paraître étonnante voire insolente, mais on ne peut comprendre ce qu'est devenue la psychologie moderne et ses rapports avec la biologie sans s'éclairer du développement de la notion de vie animale, qui est solidaire de celle d'humanité. Gilbert Simondon en brosse une brève histoire, depuis l'Antiquité jusqu'au 17e siècle, où il n'évoque pas seulement les plus grandes figures de la philosophie, comme Socrate, Platon, Aristote ou Descartes, mais aussi des auteurs moins fréquentés des philosophes, saint François d'Assise, Montaigne, Bossuet ou La Fontaine. Où l'on voit que le problème des rapports de l'homme et de l'animal a des dimensions non seulement épistémologiques mais aussi éthiques, voire religieuses, et métaphysiques.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.