Naissance de la biologie et matérialisme des Lumières
Charbonnat Pascal
KIME
26,00 €
Epuisé
EAN :9782841746514
Le matérialisme est souvent présenté comme une méthode inhérente aux activités théoriques et expérimentales vies sciences de la nature. L'idée que le scientifique a pour tâche d'expliquer des phénomènes matériels, sans recourir à des entités transcendantes échappant à la vérification empirique, est presque partout solidement établie. D'où vient cette proximité entre sciences et matérialisme détendue par de nombreux scientifiques ? Partir en quête d'un génial précurseur chez qui une vérité méthodologique serait apparue subitement est vain. Au contraire, ce livre montre que la relation entre le matérialisme et les sciences est un mouvement progressif, qui a commencé à devenir explicite à partir du milieu du XVIIIe siècle en France, lorsque certains naturalistes et philosophes se sont rencontrés et ont échangé différents concepts. De Buffon jusqu'à Lamarck, en passant par Diderot et d'Holbach, chacun a mobilisé les ressources de discours variés pour défendre ses propres objectifs. Comprendre la proximité entre les sciences et le matérialisme consiste ici à retracer la phylogénie conceptuelle au cours de laquelle des discours physiques et métaphysiques se sont combinés. Mais cette ascendance commune ne doit pas servir de prétexte pour assujettir les sciences, car elle a engendré avec le temps deux registres nettement distincts. Il ne demeure en définitive aujourd'hui qu'un seul caractère partagé entre sciences et matérialisme : l'indépendance vis-à-vis des concepts transcendants.
Nombre de pages
281
Date de parution
15/01/2014
Poids
370g
Largeur
146mm
Plus d'informations
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EAN
9782841746514
Titre
Naissance de la biologie et matérialisme des Lumières
Auteur
Charbonnat Pascal
Editeur
KIME
Largeur
146
Poids
370
Date de parution
20140115
Nombre de pages
281,00 €
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Epuisé
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Un présupposé méthodologique fondamental traverse l'ensemble des sciences contemporaines : la connaissance scientifique doit être neutre sur le plan métaphysique, c'est-à-dire s'abstenir de recourir à des entités invérifiables et transcendantes. Mais comment en faire l'économie à propos de questions comme celles de la création, de l'origine, des premiers commencements, qu'il s'agisse du monde ou des espèces ? De la transcendance de l'origine à l'immanence des commencements, cet ouvrage expose la façon dont cette idée d'" abstinence métaphysique " est apparue en histoire naturelle au milieu du XVIIIe siècle. Aujourd'hui la résistance des arguments créationnistes nous montre combien il est utile de faire l'histoire de cette idée. Si les sciences ne se débarrassent jamais de la question de l'idéologie, elles n'ont pas pour autant à se mêler aux théologies. Comment l'abstinence métaphysique fonde-t-elle l'indépendance des sciences, alors même qu'elle autorise ou bien un Dieu détaché de la nature, ou bien son inexistence ? C'est à cette réflexion que nous invite Pascal Charbonnat.
Pascal Charbonnat est enseignant et docteur en épistémologie et histoire des sciences. Il est l'auteur de Quand les sciences dialoguent avec la métaphysique (Vuibert, 2011). Il a participé à l'ouvrage Les mondes darwiniens (Matériologiques, 2011) et a édité avec François Pépin Le déterminisme entre sciences et philosophie (Matériologiques, 2012). Il est membre du comité de rédaction de la revue d'épistémologie Matière première. Ses travaux développent une approche phylogénique des concepts scientifiques et philosophiques, cherchant à articuler leur analyse logique et leur environnement social et politique.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.