Les contributions ici rassemblées couvrent sept siècles d'Histoire, du quatorzième au vingt-et-unième siècle ; un espace géographique allant de la France au Maroc et de l'Espagne au Liban ; et sept disciplines principales, de l'Océanographie à l'Histoire et l'Economie, de la Philosophie et du Droit aux Arts et Lettres. Elles appréhendent la Méditerranée terre de liens à partir de trois perspectives spécifiques. La première, consacrée aux "Flux, reflux, circumnavigations : un bassin en partage", a pour objet la construction de l'espace méditerranéen naturel et institutionnel par la diffusion des événements des chocs et des transitions écologiques, religieux, juridiques et économiques. La deuxième perspective adoptée, intitulée "Topologies méditerranéennes : habiter en Méditerranée", explore des topologies méditerranéennes spécifiques, qui ne sont jamais sans rapport non plus avec l'environnement naturel et institutionnel, régional et global, dans lequel elles sont inscrites. Enfin, la troisième et dernière perspective, consacrée aux "Typologies méditerranéennes : créer en Méditerranée", suit les traces des connectivités méditerranéennes de la création. Tracées par les courants artistiques, bi-directionnelles du culturel au naturel et du présent à l'histoire jusqu'à l'Antiquité, et finalement subsumées au présent par la méta-création, ces connectivités restituent l'écho de la stratification des topologies méditerranéennes et fournissent une lecture propre de leur dissociation.
Bastidon Gilles Cécile ; Brasseul Jacques ; Gilles
L'observation des crises financières et monétaires récentes, singulièrement celle de 2008-2009, témoigne du basculement d'un système régi par les gouvernements à un système mondialisé mû par les marchés internationaux de capitaux, soit la fin du " système de Bretton Woods " et l'avènement de la Globalisation financière. La première partie de cet ouvrage, qui couvre la période 1944-1973, concerne le Système Monétaire International puis son effondrement précipité par les chocs pétroliers. L'essor des " euromarchés de capitaux ", dès la fin de cette période, constitue le premier temps de la globalisation financière.
Ce livre analyse les difficultés que rencontrent les pays sud-méditerranéens dans leur processus de participation aux chaînes de valeur mondiales. En prenant appui sur des stratégies de développement efficaces adoptées ailleurs, les auteurs expliquent comment remédier aux contraintes de l'offre pour favoriser l'attractivité à l'égard des investissements directs étrangers (IDE).
Bastidon-Gilles Cécile ; Lévêque Laure ; Huchet Ni
A la croisée des routes, la connectivité est constitutive de l'espace méditerranéen et de la manière de le penser. Dans une perspective historique embrassant deux millénaires, le présent volume explore ces routes, matérielles et immatérielles, depuis l'acte fondateur de la Méditerranée institutionnelle par l'expansion des ramifications de l'Empire romain, jamais complètement effacée par la superposition des strates d'intégration et de désintégration successives ; jusqu'au développement des routes contemporaines de l'information. Les routes sont aussi méthode. Le champ d'application des modèles de graphes est large, depuis la transmission des chocs économiques et financiers, jusqu'à la formation et au renouvellement de l'opinion dominante et aux transitions institutionnelles dont ce renouvellement s'accompagne, en passant par l'élaboration du droit. Les contributions de la première partie du présent volume offrent une perspective de la capacité de ces modèles à aborder les dynamiques méditerranéennes, qui se prêtent mal à l'abstraction d'un développement unilinéaire et cumulatif. En même temps que méthodes, les routes, et en particulier celles inscrites dans l'histoire longue comme constitutives du patrimoine méditerranéen archéologique et architectural, sont ici sujet. Routes qu'il s'agit de révéler, au sens photographique du terme, que le passage du temps les ait effacées au regard, ou que leur visibilité toujours apparente ne suffise pas à en restituer la pleine dimension patrimoniale. En ce sens, la seconde partie du présent volume s'inscrit pleinement dans la dynamique de renouvellement des approches croisées du patrimoine et du développement local.
L'essentiel est invisible pour les yeux ", disait Saint-Exupéry. C'est un peu le postulat de départ de ce livre qui applique la formule au champ du patrimoine culturel dans ses modalités, sinon toutes immatérielles, du moins sous-jacentes. Enfouies dans le sein de la terre ou reposant au fond des mers, essaimant sur les ailes des mots, ricochant dans les arts, dans les traditions populaires, éclatant dans les fêtes, bruissant dans les marges d'un texte, gîtant dans les recoins de la mémoire, perçant dans les représentations..., c'est à ces manifestations, plus ou moins évanides mais d'une rémanence opiniâtre et que l'UNESCO a reconnues comme vecteurs d'un " sentiment d'identité et de continuité " liant populations, héritage et territoires que s'intéresse cet ouvrage. Seize spécialistes venus d'horizons disciplinaires diversifiés lui ont apporté leur expertise et ont contribué à la réflexion, assumant dans toute sa rigueur le rôle patient du chercheur à la fois engagé dans l'interprétation scientifique des structures et dans leur appropriation par les acteurs de terrain et concourant ainsi doublement à revitaliser ce substrat identitaire que constitue, tant pour les individus que pour les sociétés, un patrimoine culturel aussi vivace que fragile, résistant à l'épreuve des siècles.
En cette année 2017, le temps des révolutions revenait dans les têtes. Anniversaire de la révolution libérale de Russie et bien sûr de cette première, inattendue et triomphante révolution bolchévique d'octobre. Révolution(s) entre commotions et commémorations est le fruit des échanges des 5e Rencontres d'histoire critique, tenues en 2017, comme depuis huit ans, à Gennevilliers, à l'initiative des Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique et de l'Université populaire des Hauts-de-Seine. Le livre croise les approches d'historiennes, de sociologues, de géographes, de spécialistes de littérature autour de ces temps du social inhérents à notre modernité, celle de la pensée du contrat social et des droits inaliénables des hommes, libres et égaux, qui savent désormais que nul ordre social n'est légitime au-delà de leur consentement. Révolutions toujours inachevées, emportant plus ou moins de transformations réelles, plus ou moins durables, le livre embrasse la diversité de ces événements de la France, matrice féconde, à la Russie devenant URSS, à l'Ukraine, l'Irlande, l'Italie, la Chine et aux Etats-Unis, si profondément hantés par les échos des révolutions. Ce volume fait suite à ceux des précédentes Rencontres d'histoire critique, Guerre et paix et Nation(s), Mondialisation(s) : toute une histoire.
Après le séisme du 10 janvier 2010 en Haïti, au milieu des ruines et des abris de fortune, une abondante littérature a été produite. Ecrits immédiats, ces témoignages, poèmes, romans, essais, manifestes ont relayé, complété ou contredit les images et les discours diffusés par les médias. Née dans l'urgence, cette littérature a eu pour première ambition de faire savoir au monde ce qui s'était produit et comment les Haïtiens avaient vécu la catastrophe. Cette littérature a été aussi acte de survie et de résistance, témoignant de femmes et d'hommes debout. Ce n'était pas le premier cataclysme frappant un point de la terre : d'autres l'avaient précédé dont l'écriture s'était emparée. Et depuis sont survenus d'autres tornades, d'autres inondations, d'autres tremblements de terre, d'autres tsunamis. En ce début de siècle frappé par la crise environnementale, la " bibliothèque " de la catastrophe naturelle ne cesse de s'épaissir. Dans cette vaste production, les oeuvres francophones occupent une place de choix car leurs créateurs viennent des points du globe souvent frappés. C'est pourquoi, de la Caraïbe au Maghreb, en passant par l'Afrique sub-saharienne, l'Asie et l'Océanie, les auteur(e)s de cet ouvrage proposent l'analyse d'une trentaine de récits contant îles blessées et terres meurtries. Tous et toutes persuadé(e)s que la création littéraire peut relayer la colère de la nature et exprimer le désarroi des humains, en écho avec les avancées scientifiques et les projections des mythes pour rendre compte d'un monde en perpétuel bouleversement.