La culture officielle est devenue une entreprise qui a pour employés les poètes et les artistes. Ils ont des comptes à rendre à leur employeur : la prolétarisation des savoir-faire de l'art et de la pensée oblige à l'autocensure et au formatage des oeuvres commandées. L'entreprise culture, qui prône un humanisme universel, exporte le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe, celle qui n'a pas les bons codes et qui n'est pas encore docilisée. Le mécénat privé est l'autre face de l'entreprise culture. Vuitton et son cadeau aux Parisiens, le "grand oiseau blanc" au bois de Boulogne ; Benetton et son projet "Imago Mundi", collection d'oeuvres commandées à des artistes du monde entier - mais pas aux enfants qu'il fait travailler en Tunisie ou au Cambodge pour des salaires de misère ; Lacoste et la fondation Cartier qui refusent que l'on parle de la Palestine dans leurs manifestations : la culture comme promotion de marques est elle aussi une mécanique de pacification efficace et rentable. "L'entreprise culture est la place forte où se travaille la langue de la domination, celle qui crée les fictions et les divertissements indispensables à l'évitement de toute velléité critique."
Nombre de pages
160
Date de parution
11/09/2017
Poids
145g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782358721561
Titre
La domestication de l'art. Politique et mécénat
Auteur
Cauwet Laurent
Editeur
FABRIQUE
Largeur
110
Poids
145
Date de parution
20170911
Nombre de pages
160,00 €
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Résumé : A l'occasion des 250 ans de l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (EnsAD), ce Que sais-je ? revient sur 100 mots qui disent et décrivent les arts décoratifs, ces savoir-faire et ces métiers qui joignent l'utile à l'agréable. Traditionnellement opposés aux beaux-arts (peinture, dessin, sculpture), qui seraient une fin en soi, les arts décoratifs mettent l'esthétique au service d'une praticité. Architecture d'intérieur, mobilier, design graphique et multimédia, scénographie... Ils sont à mi-chemin entre l'art et l'artisanat et contribuent à donner des formes et des couleurs à bon nombre d'objets de notre quotidien. Hector Guimard, l'auteur des édicules Art nouveau du métro, l'artiste-plasticienne Annette Messager, le bédéiste Jacques Tardi ou encore le typographe Philippe Apeloig comptent parmi les anciens élèves de l'EnsAD.
Cet ouvrage tente de rassembler en quelques chapitres les grands enjeux souleve ? s par Silvia Federici autour de la notion de sorcie`res et de chasse aux sorcie`res. Le public a connu (et reconnu) Federici a` travers son magnum opus de recherche historiographique intitule ? Caliban et la sorcie`re. Cet inte ? re^t s'explique a` la fois par la diversite ? des questions souleve ? es par l'autrice et par leur importance actuelle dans le de ? bat public : en tournant notre regard sur les inquisiteurs du Moyen-A^ge, Federici nous parle de la domination des femmes, de la gene`se du capitalisme et du travail salarie ? , mais aussi de la privatisation des communs et de la destruc- tion de la nature. Cette the ? orisation n'a pas manque ? de soulever des questionnements et des critiques, auxquelles Federici re ? pond ici avec une grande pe ? dago- gie, ce qui lui permet de mettre en avant des e ? le ? ments particulie`rement saillants de son re ? cit : non seulement le fait qu'en Angleterre, la carto- graphie des enclosures se superpose aise ? ment avec celle des proce`s en sorcellerie ; mais en outre, l'autrice souligne les transformations requises par le capitalisme dans notre rapport a` la nature, au corps, aux animaux, a` la magie. Les sorcie`res e ? taient les femmes qui (gue ? risseuses, avorteuses, entoure ? es d'animaux) de ? veloppaient un rapport a` la nature, au langage, au corps et a` la sexualite ? qui subvertissait d'emble ? e l'exigence rationalisatrice, me ? dicale et e ? troitement techno- logique de la grande modernisation capitaliste. Mais il ne s'agit pas que d'histoire : l'autrice propose e ? galement de disse ? quer le retour funeste de la chasse aux sorcie`res dans certains pays africains ou en Inde. Sans s'en tenir a` une lecture religieuse ou ide ? ologique des conflits, elle situe l'origine de cette re ? surgence dans la grande mutation ayant affecte ? les mondes agricoles dans les pays en sous- ou mal-de ? veloppement. Cet oeuvre de Federici se situe la croise ? e des nouvelles radicalite ? s contemporaines, du renou- veau fe ? ministe aux autonomies (ZAD, habitats collectifs, coope ? ratives) jusqu'a` l'e ? cologie radicale.
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.