Dans cet ouvrage majeur, Ilan Pappé, historien israélien de renom, revient sur la formation de l'Etat d'Israël : entre 1947 et 1949, plus de 400 villages palestiniens ont été délibérément détruits, des civils ont été massacrés et près d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants ont été chassés de chez eux sous la menace des armes. Ce nettoyage ethnique a été passé sous silence pendant plus de soixante ans et peine encore à être considéré dans sa pleine mesure. S'appuyant sur quantité d'archives, Ilan Pappé réfute indubitablement le mythe selon lequel la population palestinienne serait partie d'elle-même et démontre que, dès ses prémices, l'idéologie fondatrice d'Israël a oeuvré pour l'expulsion forcée de la population autochtone. Ce qui fut un grand livre d'histoire est aujourd'hui une lecture indispensable hélas éminemment d'actualité. Publié pour la 1 re fois en français en 2006 chez Fayard, il a été mis en arrêt de commercialisation à la fin de 2023 alors que les bombes pleuvaient sur Gaza.
Le roman d'une ville dont la vie est un roman. Jérusalem se raconte. "Après des siècles de silence, moi, Jérusalem, j'ai décidé de prendre la parole pour raconter mon histoire. La vraie. Non celle que colportent mes courtisans, ceux qui s'imaginent - simples d'esprit - que je pourrais n'appartenir qu'à un seul d'entre eux, qui me voient comme une épouse que l'on peut mettre en cage ou une prostituée qui cède aux plus offrants. Je suis Jérusalem. Je suis l'Unique, sacrée, entière et dans mes pierres vibrent les trois vérités éternelles, chacune complémentaire de l'autre, chacune indissociable. Peu m'importent les critiques que ne manqueront pas de soulever mes confidences. Sans doute ai-je atteint cet âge où l'on ne craint plus les injures, les quolibets, cet âge de la maturité où l'on n'a plus peur de rien. Voilà des millénaires que je saigne. Hébreux, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Francs, Mamelouks, Ottomans, Britanniques, tous ont foulé mon sol, tous ont voulu me posséder en versant le sang, et il n'est pas impossible que je disparaisse un jour, réduite en cendres pour avoir été trop désirée, à moins que les trois Prophètes ne sortent de leur silence et ne se décident à n'être qu'un seul coeur pour que mon coeur continue de battre."
Résumé : "Ce texte court, que nous avons conçu comme un examen de conscience sans concession, replace le choc du 7 octobre 2023 et de ses suites dans l'histoire longue du conflit israélo-palestinien. Il analyse nos doutes, notre situation délicate, déchirés que nous sommes entre les horreurs commises par le Hamas, notre attachement à l'éthique juive, notre rejet de la politique israélienne, notre indignation et notre douleur face au massacre commis à Gaza. Il explique aussi à quelle déception nous a exposés une partie de la gauche radicale par certaines de ses réactions. Nous sommes l'un et l'autre, comme universitaires et comme essayistes, des spécialistes reconnus de l'histoire du judaïsme et des Juifs. Nous connaissons par ailleurs personnellement aussi bien Israël que la Palestine comme réalités concrètes et vivantes. Nous avons soutenu publiquement la cause palestinienne toutes ces années, et continuons de la soutenir". Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias.
Imagine-t-on en France une loi qui établirait deux catégories de citoyens : par exemple, les " Français de souche " et les autres, qui ne bénéficieraient pas de droits égaux ? Une loi ségrégationniste de ce type, le Parlement israélien l'a votée en 2018, au bénéfice des seuls citoyens juifs. Comment s'étonner que, de Trump à l'Indien Modi, du Hongrois Orbán au Brésilien Bolsonaro, les nouveaux dirigeants dits " illibéraux ", dont certains cultivent leurs franges antisémites, plébiscitent désormais Israël ? Ce qui les fascine, c'est la capacité de cet Etat à imposer sa politique " identitaire ", à multiplier les lois antidémocratiques, à faire taire les critiques et à promouvoir un modèle où la " guerre au terrorisme ", la xénophobie et l'islamophobie assumées jouissent d'un soutien massif au sein de l'ethnie majoritaire. Comment est-ce advenu ? Quelles en sont les conséquences, pour les Palestiniens comme pour les Israéliens ? Ce sont les questions auxquelles ce livre tente de répondre. En France, le CRIF, représentant du judaïsme qui fait aussi office de lobby pro-israélien, entraîne ses adhérents dans un soutien sans faille aux actions des gouvernants d'Israël. Aucun débat n'a agité la communauté juive française après le vote de la loi ségrégationniste en Israël. Aux Etats-Unis, celle-ci et de multiples actes du même ordre sont vivement critiqués par des responsables juifs de premier plan et plus encore dans la jeunesse juive. Ceux-là dénoncent l'occupation indigne des Territoires palestiniens et les dangers de l'idéologie identitaire qui l'accompagne. Israël, clament-ils, est devenu " mauvais pour les Juifs ". Certains pronostiquent un divorce irrémédiable entre Juifs israéliens, engoncés dans le tribalisme, et Juifs américains, qui redécouvrent les attraits de la diaspora.
Résumé : La guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du Hamas au sud d'Israël s'inscrit dans un conflit qui n'implique pas seulement la bande de Gaza mais également toute la Palestine et les pays alentour. Surexposée, elle souffre pourtant d'invisibilité qui tient au peu de témoins autorisés à la raconter, la presse internationale ayant été interdite par les autorités israéliennes d'enquêter sur place. De quoi cette guerre est-elle le nom ou l'apogée ? Quels processus et quelles logiques, poussés à leur terme, sont-ils à l'oeuvre dans les massacres en cours ? Multipliant les sources, cet ouvrage pluridisciplinaire a l'ambition de répondre à ces questions avec les outils et le recul des sciences sociales. Il allie analyse politique et perspectives juridiques à des approches socio-anthropologiques et s'attache à déceler les ruptures et les continuités d'une histoire en train de se faire. Les contributions portent d'abord sur les acteurs politiques de la guerre et sur ses conséquences humaines, sociales, économiques, écologiques et patrimoniales, avant d'aborder les vécus quotidiens, individuels et collectifs des populations civiles concernées, puis les perceptions et les enjeux régionaux et mondiaux, y compris dans le domaine du droit international.