
Trois homélies pseudo-chrysostomiennes sur la Pâque comme oeuvre d'Apollinaire de Laodicée
L'annonce du sens chrétien de Pâques retentit depuis le Nouveau Testament à travers la prédication des Pères dans les Eglises d'Orient et d'Occident. On est loin d'avoir recueilli cet héritage spirituel avec tout le soin critique auquel il a droit et que l'état des connaissances patristiques impose. E. Cattaneo fournit un bel exemple des découvertes promises aux historiens et aux philosophes, s'ils s'attachent à mieux comprendre les enjeux doctrinaux contenus dans les antiques homélies consacrées au mystère pascal, foyer central de l'existence et de la foi chrétiennes. Trois Homélies Pascales, égarées et pour cette raison miraculeusement conservées parmi les nombreux écrits pseudo-chrysostomiens, avaient été remarquées par Pierre Nautin, qui les a éditées dans la collection "Sources Chrétiennes" , n°36 (1953). La démonstration d'E. Cattaneo jette une lumière nouvelle sur la qualité littéraire et doctrinale de ces courts sermons. Elle est conduite avec une clarté et une sobriété qui facilitent beaucoup la tâche du lecteur. En un premier temps sont étudiés les passages des Homélies susceptibles de révéler l'identité de leur auteur. Ensuite leur dossier philosophique, est analysé d'une façon quasiment exhaustive sur la base d'une comparaison avec les écrits dogmatiques et exégétiques attribués par ailleurs à l'évêque Apollinaire de laodicée. En une dernière étape, l'apport doctrinal des homélies est mis en valeur afin de favoriser une meilleure compréhension d'Apollinaire, surtout quant à sa doctrine de l'eucharistie, sa conception de l'homme et ses institutions originales sur la réalité du Christ. Cette recherche prend toute son actualité dans le cadre de plusieurs publications importantes, consacrées à Apollinaire et à ses rapports avec les principaux théologiens de son temps. Elle fait état d'une découverte remarquable. Elle intéressera tous les spécialistes concernés, aussi bien par ses résultats surprenants que par le rigueur de sa méthode.
| Nombre de pages | 269 |
|---|---|
| Date de parution | 01/04/1997 |
| Poids | 318g |
| Largeur | 135mm |
| EAN | 9782701010168 |
|---|---|
| Titre | Trois homélies pseudo-chrysostomiennes sur la Pâque comme oeuvre d'Apollinaire de Laodicée |
| Auteur | Cattaneo Enrico |
| Editeur | BEAUCHESNE |
| Largeur | 135 |
| Poids | 318 |
| Date de parution | 19970401 |
| Nombre de pages | 269,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
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Cet essai constitue donc un échantillon de l'entreprise, définie par Romagnosi, d'unification du droit et de l'économie " en soumettant les prétentions de l'intérêt au frein du droit, et les assertions du droit aux sanctions de l'intérêt " (p. 29-30) : il ne s'agit que de mener un " travail particulier ", et donc de " préparer " l'entreprise ainsi définie (p. 30). Le fondement de l'argumentation : l'intérêt - C'est la convergence de ces disciplines qui permet à Cattaneo de faire fond moins sur les principes abstraits ou transcendants de tolérance et d'humanité, principes jugés " inopportuns " (§ 7, p. 53), que sur l'intérêt de la société tout entière. 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III, voir par ex. p. 84 sqq. ; p. 91), entre les taxes dont font l'objet les uns et les autres (§ 12, p. 109 sqq.), entre les litiges auxquels ils donnent lieu (§ 14), enfin entre les inconvénients moraux dont pâtit une jeunesse dorée peu habituée aux affaires et seulement soucieuses des rang (§ 15, p. 118) et les bénéfices moraux et sociaux qu'en tirent les juifs en terme de solidarité et de loyauté (§ 20). Non seulement les interdictions ont nui à l'économie, mais elles ont en réalité profité aux seuls Juifs. On voit la nécessité d'associer intérêt collectif et tolérance pour offrir aux Juifs les possibilités communes à tous les hommes. Un homme des Lumières. - On comprend dès lors que Cattaneo se montre ici un homme des Lumières (dans la lignée d'un Beccaria ou d'un Verri). 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D'où l'intérêt d'une reconstitution des raisons qui conduisirent les Juifs à s'adonner à l'usure (§ 8) ; d'où aussi les perspectives ouvertes sur l'avenir : " si l'on ne veut pas qu'il [le Juif] soit usurier, qu'on en fasse un propriétaire et notre honnête désir sera satisfait " (§ 28, p. 174), sur l'éducation : " L'art de l'usure n'est pas une affaire de sang, mais d'éducation et de position : et les juifs sont capables d'autres sortes de biens et d'autres sortes de maux " (p. 29, 176), sur l'honneur : " cet honneur devient inaccessible à ceux que la loi place dans un état permanent de dégradation " (p. 177, § 30 ; voir aussi p. 178). Parce que l'humanité est ouverte à l'histoire, aucune fatalité ne s'abat sur les hommes et le meilleur est à attendre d'une intégration des Juifs aux communautés politiques. On ne s'indignera donc pas de quelques lignes d'apparence sévère avec les Juifs (sur " l'amour du gain ", p. 77-79, sur le peu d'intérêt des juifs pour les sciences et les lettres, § 21) : ces lignes semblent bien destinées à accréditer au contraire un regard de forte compassion à l'égard des Juifs : Cattaneo souligne leur profonde et antique moralité (§ 8, p. 77), l'ampleur des massacres qui les frappèrent (§ 8, p. 71), les " exclusions ignominieuses " dont ils firent l'objet (§ 8, p. 77), les massacres " continus et quotidiens " (§ 27, p. 167) montrant par là que si ces vexations multiples purent un temps triompher de leur âme " généreuses par nature " (§ 21, p. 143 ; voir également p. 147-148 ; p. 181), ces dernières y trouvèrent grande occasion de vertu (voir l'émouvante p. 189, § 31). La sensibilité de Cattaneo au sort des Juifs frappe par son intensité, même si son expression demeure maîtrisée et intégrée à une argumentation de facture parfaitement classique. Insistons enfin sur l'intérêt de publier une traduction française de cet ouvrage de Cattaneo. D'abord, parce qu'il y va de l'histoire des juifs d'Europe. A un moment où l'Europe se constitue comme entité politique, il paraît indispensable de prendre en vue l'histoire des peuples à l'échelle du continent tout entier, et pour cela même de se tourner vers celui qui, le premier, usa de l'expression des " Etats-Unis d'Europe ". Une seconde raison tient au fait que Cattaneo avait avec la France un rapport tout à fait singulier, et que cet ouvrage même prend longuement appui sur la France (voir par ex. la mise au point sur l'" Etat civil des Israélites en France après 1791 ", § 3 ; ou l'histoire du décret impérial de mai 1806, § 31, p. 181 sqq.). C'est donc bien une figure capitale de l'Europe en voie de constitution qu'il s'agit de faire connaître au lectorat français. 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