Dans leur école de plus de quinze classes, située dans un quartier très pauvre de Lyon, cinq enseignants ont créé les classes du rez-de-chaussée. Pour mieux accompagner leurs élèves, en difficulté avec l'école et les apprentissages, ils ont choisi de les rassembler dans des classes multiâges les accueillant ensemble depuis le CP jusqu'au CM2 (soit de six à onze ans environ). Ils ont décidé de faire de l'hétérogénéité de ces groupes une force pour mieux enseigner et mieux apprendre. Ainsi les différences de compétences ou de rythmes d'apprentissage, importantes au sein d'un même niveau de classe, ont été volontairement amplifiées pour instaurer une nouvelle pédagogie, pour impulser et renforcer les coopérations entre élèves. Les textes écrits par Rosario Élia, Céline Jacquet, Camille Fréchet, Audrey Chérubini et Rémi Charoy racontent ainsi comment vivent ces classes, comment les adultes et les enfants travaillent, seuls et ensemble, au jour le jour. Pas de bureaux individuels bien alignés face au tableau, pas de leçons ni d'exercices identiques pour tous ou par niveaux de classe, mais des progressions et des plans d'apprentissages individuels, des travaux à deux ou plus, une autonomie et des coopérations savamment organisées, dont les plus petits détails sont importants. Les six chapitres décrivent concrètement l'organisation spatiale, temporelle et pédagogique de ces classes différentes : les situations d'apprentissage dans les différentes disciplines scolaires, comme l'évaluation de ces apprentissages, les temps collectifs ou les moments individualisés. Ils sont entrelacés de portraits d'élèves retraçant leurs parcours souvent sinueux, sombres ou lumineux. L'ensemble de ces récits témoigne d'une pédagogie en acte soutenue par les échanges et les réflexions professionnelles du collectif. Ils sont accompagnés par des textes de Sylvie Jouan et d'Anne-Marie Chartier attestant du caractère tant historique que philosophique de cette chronique pédagogique. Un livre qui s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à l'école : enseignants, formateurs ou inspecteurs mais aussi parents, chercheurs, responsables politiques, tous d'anciens élèves !
Le vin est devenu un produit remarquable : dégusté, apprécié, exporté. Il fait la fierté de plusieurs régions. Mais que savez-vous du travail de ceux qui le produisent ? Depuis la culture de la vigne jusqu'à la commercialisation des bouteilles, des milliers de personnes oeuvrent chaque jour de l'année. Les femmes y tiennent une place importante. Treize d'entre elles nous confient ici, avec force et pudeur, le récit de leurs journées et de leurs vies dans un monde professionnel et social travaillé par la puissance de la nature. Les quelques semaines de vendanges, joyeuses mais stressantes, ne sauraient occulter tous les autres jours de l'année quand il faut, au fil des saisons, s'occuper de chaque pied " comme d'un enfant". Qu'elles soient en bio, en agriculture raisonnée ou conventionnelle, toutes parlent ici des gestes à faire et à répéter, mille et une fois, de leur solitude dans de si beaux paysages ou des équipes dans lesquelles il leur faut trouver une place et un rythme. Elles évoquent aussi le froid, l'humidité ou le soleil qui brûle, leurs corps qui peinent et s'usent, la météo changeante et les variations du climat qui transforment leur travail et son organisation. Sans oublier leurs réflexions sur les usages de la chimie (les phytos) pour soigner et traiter la vigne, et garantir de bonnes récoltes. La viticulture est souvent affaire de famille et de couple. La place des femmes y est particulière : plusieurs ont une autre activité professionnelle tout en participant aux travaux de la vigne ; les cheffes d'exploitation sont l'exception ; les conjointes de vigneron sont souvent salariées ; les autres ont des contrats saisonniers, souvent liés à des modes de vie itinérants qu'elles nous font découvrir. Quelques-unes racontent comment elles conduisent les tracteurs et autres enjambeurs, d'autres partent du travail en cave. Toutes révèlent l'ampleur des tâches invisibles et leur difficile partage avec les hommes : les papiers à remplir, les comptes à tenir à jour, les saisonniers dont il faut prendre soin, la santé de chacun, les clients à accueillir à toute heure, sans oublier la vie familiale et domestique, s'occuper des enfants, des maris, des compagnons, et des parents âgés. Treize histoires singulières de femmes, travailleuses de la vigne et du vin.
Qui sont les instituteurs d'aujourd'hui ?Cet ouvrage constitue la première synthèse sur la profession de professeur des écoles depuis vingt ans. Fondé sur soixante-dix entretiens originaux qui viennent enrichir les nombreuses observations des auteurs dans une grande diversité de territoires, il aborde en détail la question de l'activité professionnelle au jour le jour et dresse des « portraits socioprofessionnels » des instituteurs d'aujourd'hui. Il constitue une étude scientifique objective, sans complaisance mais avec bienveillance, et traite également les questions syndicales et « politiques » en lien avec l'actualité de ces dernières années ? notamment l'épineux problème des rythmes scolaires et celui du poids des prescriptions institutionnelles. Exigeant sur le fond mais accessible à tous, il s'adresse non seulement aux sociologues, aux étudiants en sociologie et en sciences de l'éducation, mais aussi aux professeurs des écoles eux-mêmes, aux étudiants des ESPE se destinant à cette profession, ainsi qu'aux inspecteurs de l'Éducation nationale et formateurs d'ESPE.
Ce livre nous plonge au coeur d'une aventure éducative et humaine hors du commun : pendant quatre ans, des élèves du collège des Escholiers-de-la-Mosson, dans un quartier sensible de Montpellier, ont suivi une éducation artistique - chorégraphique, musicale, théâtrale - six heures par semaine. De la sixième à la troisième, cette classe artistique expérimentale initiée par Hérault Musique Danse a mobilisé l'ensemble de l'équipe pédagogique et bénéficié d'une évaluation par une équipe de chercheurs dirigée par Alain Kerlan. Leur enquête nous invite à mieux comprendre ce qui agit au coeur du triangle pédagogique artistes/élèves/enseignants et à approcher les effets éducatifs de l'art, sans en dissimuler les aléas : le développement personnel, la confiance en soi, l'autonomie, la socialisation, le développement cognitif et la réussite scolaire, mais aussi, au-delà, cette forme d'accomplissement que permet une authentique expérience esthétique. La démonstration vivante de cette expérience collective d'élèves, artistes et enseignants "saisis" par les arts est servie par une fluidité d'écriture qui, en plus d'une analyse fine et précise, nous offre un véritable plaisir de lecture. Enseignants, artistes, élèves et parents y trouveront du grain à moudre.
Ce livre est né d'un cycle de séminaires organisés par ARFAE (Atelier de Recherche sur la Formation des Artistes et des Enseignants) composé du Pont Supérieur et de l'ENSATT, dont l'objectif consiste à faire se rencontrer les approches et stratégies pédagogiques à l'oeuvre dans les milieux artistiques et universitaires en vue d'un enrichissement mutuel.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...