Les Yoruba du Nouveau Monde. Religion, ethnicité et nationalisme noir aux Etats-Unis
Capone Stefania
KARTHALA
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EAN :9782845867031
Depuis les années soixante, les États-Unis connaissent un essor des pratiques religieuses d'origine africaine. Importées par les Cubains qui fuyaient la révolution castriste, les religions afro-cubaines, et notamment la santeria ou Regla de Ocha, ont trouvé un terrain fertile dans un pays secoué par la lutte pour les droits civiques et le nationalisme noir. Le désir de renouer avec leurs origines africaines a mené de nombreux militants du nationalisme culturel afro-américain à s'initier dans ces religions, adoptant des identités religieuses qui se sont métamorphosées, au fil du temps, en identités "ethniques". Pratiquer la "religion des orisha" équivaut, pour les initiés dans les variantes afro-américaines comme l'orisha-voodoo, à revitaliser la culture yoruba sur le sol américain. Le village d'Oyotunji, fondé en 1970 en Caroline du Sud, est ainsi devenu le symbole du retour à des traditions africaines, mises entre parenthèses par la traite négrière. La redécouverte du culte des ancêtres incarne alors un "panafricanisme rituel" qui permet de rassembler les différentes pratiques religieuses, nouvelle preuve de l'unité de fond de "la culture africaine". La reconstruction des liens avec les lignages africains représente l'une des principales préoccupations des pratiquants de l'orisha-voodoo, car, à travers eux, il devient possible de donner un sens au rêve d'une "communauté afro-américaine". Faire que cette communauté existe demande de recomposer une ethnohistoire fragmentée, de remettre ensemble les morceaux éparpillés des deux côtés de l'Atlantique. Pour créer une identité collective, dotée d'une mémoire fondatrice, il faut en souligner la continuité, tout en reléguant dans le passé la tragédie de l'esclavage, marque ultime de discontinuité.
Nombre de pages
395
Date de parution
01/12/2005
Poids
710g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845867031
Auteur
Capone Stefania
Editeur
KARTHALA
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160
Date de parution
20051201
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395,00 €
Disponibilité
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L'Afrique, terre mythique et référence de légitimation, fait l'objet d'une ré-appropriation constante incarnée à tour de rôle par les maisons de culte bahianaises, considérées comme les seules dépositaires de la tradition au Brésil. Cette étude propose une interprétation originale du champ religieux afro-brésilien révélant l'existence d'un continuum qui, de l'umbanda au candomblé nagô, fait ressortir le jeu complexe des adaptations rituelles et politiques au sein du mouvement de réafricanisation. Quels sont les mécanismes qui président à la construction de ce processus ? Quel rôle les anthropologues ont-ils joué dans l'émergence et la légitimation de cette Afrique réinventée? Quels enjeux politiques sous-tendent ce mouvement ...
Le candomblé brésilien, le hatuque, l'umbanda, la santeria cubaine ou le palomonte sont nés en Amérique de la rencontre forcée des esclaves africains avec les colons européens. Aujourd'hui, ce mouvement historique s'est inversé et les religions afro-américaines se diffusent hors de leurs contextes d'émergence pour se relocaliser non seulement dans plusieurs pays d'Amérique latine, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Pendant ce temps, les adeptes nigérians des cultes aux divinités orisha partent à leur tour à la conquête de ces territoires. Reliant de façon inédite les trois continents, de vastes réseaux transnationaux donnent ainsi corps à une communauté imaginée de pratiquants de la "religion des orisha". À partir d'études de cas originales, les auteurs analysent l'évolution et la complexité de ces phénomènes, en proposant une approche renouvelée de l'étude des mouvements de transnationalisation religieuse.
Argyriadis Kali ; Capone Stefania ; La Torre Renée
Cet ouvrage porte sur la transnationalisation de religions qui parcourent à l'envers les routes des échanges triangulaires entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques. Les entreprises missionnaires des prophétismes africains partent à l'assaut des capitales européennes, les réseaux transnationaux des religions afro-américaines se déploient en retour en Amérique et en Europe, et les religions mexicaines sont "traversées" par la frontière américaine. La transcendance des frontières se nourrit de l'héritage de traditions inventées et de nations imaginées promues au rang de vecteurs d'universalité. Certaines religions voyagent dans les bagages des migrants ; d'autres élargissent leur réseau de parenté rituelle par de nouvelles initiations ou par les circuits marchands du monde des objets artistiques, thérapeutiques et touristiques ; d'autres effectuent leur envol par les voies missionnaires d'Eglises indigènes ou circulent par les réseaux d'individus en quête de spiritualité. Les ethnographies rassemblées ici analysent les logiques de ces reconquêtes imaginaires, les manières de créer des réseaux et les médiations technologiques novatrices qui reconnectent les mondes et interpellent les frontières de la religion, de la santé et de la connaissance.
Granada da Silva Ferreira Daniel ; Capone Stefania
La capoeira, pratique associée à l'héritage des Afro-descendants au Brésil, au mélange des peuples et des cultures de ce pays, est en pleine vigueur au XXIe siècle dans plusieurs pays de par le monde. Ainsi, dans de grandes métropoles comme Paris et Londres, elle continue à écrire son histoire, s'adaptant et s'imposant à des pratiquants de plus en plus nombreux. Cet ouvrage de Daniel Granada analyse les processus de transnationalisation de la capoeira en France et au Royaume-Uni. Son expansion accompagne l'émigration de Brésiliens en quête de meilleures conditions de vie et de travail à l'étranger, mais elle s'appuie également en grande partie sur l'appropriation et l'adaptation opérées par les pratiquants locaux. travers une recherche ethnographique menée auprès de différents groupes de capoeira, l'auteur met en évidence les rapports de pouvoir qui organisent ce marché. Il ressort de son étude que les nouvelles identités "construites" au sein de ces groupes n'ont comme référence centrale ni celle du monde du travail ni celle de l'Etat-nation. Ces groupes apparaissent, en fait, comme les vecteurs de nouvelles formes de sociabilité, une source d'identification liée à un style de vie revendiqué comme "alternatif" par ses pratiquants.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.