En avril 1923, Karel Capek démissionne du poste de dramaturge qu'il occupait depuis octobre 1921 au Théâtre municipal de Vinohrady et part aussitôt en vacances en Italie pour se refaire une santé. Son séjour dure près de huit semaines. On est au tout début de l'ère fasciste et c'est son premier voyage en Italie. Durant son périple, Capek adresse à son journal quinze lettres, qui sont publiées en feuilleton, au fur et à mesure. Sur la base de celles-ci, il produira ce recueil de Lettres italiennes, savoureux, drôle et pénétrant. Le périple de Capek est avant tout urbain, Venise, Padoue et Ferrare, Ravenne et Saint-Marin, Florence, Sienne et Orvieto, Rome, Palerme, Taormina, Gênes et Milan, Vérone, Bolzano, sans compter les étapes intermédiaires évoquées en passant (Rimini, Bologne, Pérouse, Arezzo, Pise, Mantoue) et les nécropoles souterraines (Pompéi, Ostie) mais il est très loin d'offrir une liste de beautés ou de curiosités. En voyageant librement et en s'intéressant plus aux enfants qui jouent dans une cour qu'aux monuments historiques d'intérêt capital, Capek fait le choix d'un voyage personnel et joyeux où il cède volontiers à la description d'ambiances et d'anecdotes, non sans se départir de sa facécie. Ainsi de Rome il dira : "Si je fais cet exposé pseudo-historique, c'est pour ne pas avoir honte de dire que Rome dans l'ensemble ne me plaît pas. Ni le Forum romanum, ni l'horrible ruine de briques du Palatin, ni rien d'autre n'ont suscité en moi de sentiments sacrés" .
Nombre de pages
184
Date de parution
22/11/2019
Poids
315g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782940431991
Titre
Lettres d'Italie
Auteur
Capek Karel ; Vallance Laurent
Editeur
LA BACONNIERE
Largeur
140
Poids
315
Date de parution
20191122
Nombre de pages
184,00 €
Disponibilité
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Pour comprendre l'incroyable portée de l'invention de l'ingénieur Maret, écrit Capek, il faut imaginer que Dieu soit vraiment contenu dans la matière comme l'enseignaient Spinoza et les panthéistes. Qu'il y soit en quelque sorte enfermé. Car en libérant parfaitement l'énergie calorique - par combustion - de cette matière, c'est bien l'Absolu que finit par répandre dans le monde le carburateur de l'ingénieur Maret. L'absolu, substance divine à l'état pure, Dieu nouveau. Une Energie infinie qui, autrefois s'était ingéniée à créer le monde, et qui cette fois-ci se jette dans la fabrication, s'attelant aux machines de toutes les industries avec l'acharnement d'un Ouvrier infini. Une manne pour le capitaine d'industrie Bondy ( que l'on retrouvera d'ailleurs dans La Guerre des salamandres ), qui commercialise ces carburateurs, une catastrophe pour l'humanité qui voit chaque centrale, chaque banque, chaque ministère etc. équipé, se transformer en temple producteur d'abondance et de religiosité frénétique. Le capitalisme est-il compatible avec la présence constante de(s) dieu(x) en quantité croissante? En questionnant l'humanité, cette petite épopée burlesque aux dimensions planétaires anticipe avec une sagacité stupéfiante nombre des catastrophes à venir aux XXe et XXIe siècles. L'un des premiers coups de maître de l'écrivain tchèque.
Dans les années 1940, l'ingénieur Tchèque Marek invente une machine révolutionnaire appelée Carburateur, capable de produire de l'énergie à peu de frais en fragmentant les atomes et sans générer de déchets. De quoi illuminer tout Prague avec une noix de charbon ! Mais en consumant entièrement la matière, l'engin libère l'essence divine, l'inquiétant absolu ! Au contact du carburateur, commercialisé à travers le monde par l'industriel Bondy, on devient croyant partout. Le nouveau Dieu ne ménage personne : les hommes s'amendent jusqu'aux criminels les plus endurcis, les bourgeois nantis offrent leurs biens aux pauvres et l'on pourrait ainsi croire à l'avènement du meilleur des mondes. Mais plus l'absolu s'étend, plus les hommes se divisent car tous souhaitent de l'approprier comme leur Dieu. Les conflits de religion se multiplient et deviennent la Plus Grande des Guerres.
En 1936, tandis que la Seconde Guerre mondiale menace, l'écrivain tchèque Karel Capek (1890-1938) entreprend un voyage dans le Nord de l'Europe. Forêts à perte de vue, fjords échancrés, vaches noir et blanc, fermes rouges, myriade d'îles ponctuent sa traversée du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Au fil du récit, derrière une naïveté feinte et un lyrisme tempéré, où affleurent une tendre ironie et un humour mordant, se profile le portrait troublant, éblouissant de nature et de lumière, d'un continent en sursis. Car, en route vers le cap Nord, Capek pressent la fin d'une époque et dessine une Europe qui, bientôt, sombrera dans le chaos.
Le canisme: une rêverie (de métamorphose) sur l'être-chien. Le Cynisme: une philosophie de la nature, et du courage de la vérité. Le cynisme: dessèchement amer, égoïsme glorieux de lui-même, incrédulité généralisée, nivellement universel des valeurs. Trois chemins, séparés ou se croisant, qu'ont explorés certains écrivains, en France, au XXe siècle: Michaux, Queneau, Bataille, Drieu la Rochelle, Nimier. C'est une famille d'esprits: celle des chiens de plume. Les suivant, à travers poèmes, pages romanesques, diatribes et satires, on verra comment leur pratique littéraire, à divers degrés, met en ?uvre et en question la philosophie de Diogène, ou la bassesse cynique. On entendra aussi comment, promoteurs de l'informe ou esthètes de la négligence, ils aboient rageusement contre l'Art. Surtout, on comprendra à quel point le cynisme, phénomène fascinant et désespérant, accuse les traits de notre modernité.
Première étude d'envergure sur les monstres et le monstrueux en Russie, cet essai en dévoile les sources historiques, culturelles et littéraires. On y découvre tour à tour les termes qui disent les monstres en russe - ourod en est un - les mythes et légendes qui en content les aventures, l'imaginaire qui en dessine les contours visuels, les événements qui jalonnent leur parcours. Trois moments clés révèlent la puissance symbolique des monstres en Russie : au XVIIIe siècle, la Kunstkamera, considérée comme le premier musée russe, expose des monstres anatomiques - vivants ou en bocaux - côte à côte avec des animaux exotiques et des découvertes scientifiques et techniques. Au XIXe siècle, des êtres au physique jugé monstrueux sont exhibés dans des foires populaires et autres espaces de divertissement, marquant profondément la culture citadine de l'époque. Enfin, au tournant du XXe siècle, avec le développement fulgurant de la médecine et des sciences de la vie, le regard sur les monstres change encore : le scalpel des chirurgiens fait surgir la possibilité de soigner les anciens monstres et d'en créer de nouveaux. L'auteure se focalise sur des années charnières de l'histoire culturelle et sociale de la Russie, à savoir le premier tiers du XXe siècle, qui revisite en profondeur ce passé monstrueux. A l'heure de construire une société nouvelle, de faire table rase du passé, quel rôle les monstres ont-ils joué face à "l'homme nouveau" et à la "femme de demain" ? Pour répondre à cette question, l'auteure explore divers textes d'Alexandre Beliaev, Mikhaïl Boulgakov, Marietta Chaginian, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Ossorguine, Andreï Platonov, Andreï Sobol, Alexandre Tchaïanov, Iouri Tynianov ou encore Evgueni Zamiatine. L'extrême diversité des monstres dont témoigne la littérature de l'époque éclaire d'un jour nouveau la complexité du rapport à l'Autre dans la Russie d'hier comme d'aujourd'hui.
Depuis Sortie d'usine (1982), l'oeuvre de François Bon s'honore d'inscrire pour mémoire la disparition d'un monde, ne fût-elle visible qu'en l'infra-ordinaire. Cependant, de récits en biographies des Rolling Stones ou de Led Zeppelin, de pièces de théâtre en essais sur le numérique, cette oeuvre profuse se garde d'une vision passéiste qui se complairait dans le regret d'un temps perdu.Écrire la bascule signifie ainsi se laisser aspirer par le vide de l'ancien, au moment où le nouveau tente de l'investir, puis en bâtir une structure tuilée qui puisse supporter l'oeuvre et le monde appelé à y résonner. De la fin à la bascule, la nuance n'est pas que de lexique : écrire la bascule d'un monde, c'est maintenir le texte ouvert contre la tentation de la nostalgie, l'astreindre sans cesse à la véhémence jusqu'à l'incantation, rageuse parfois, de se savoir quête vive car vaine. Aussi la bascule dans l'oeuvre de François Bon a-t-elle à voir avec la légitimité illégitime de la littérature comme geste tendant à la maîtrise et à la déprise du monde ou du sujet.Ce n'est qu'en déséquilibre, entre fixé et effondré, que l'acte d'écrire prend sens. Seule une telle instabilité, source d'une constante invention de formes, dote l'écriture d'une densité neuve, tissée d'urgence, d'aléatoire et d'irrémédiable.
Jura, 1911. Une femme se désespère d'être à nouveau enceinte. Pour implorer la fin de sa grossesse, elle se rend au Gouffre du Diable. A partir de ce lieu dont la terrifiante et réelle histoire nous est contée, Raluca Antonescu entrelace quatre générations de femmes qui traversent le siècle. Lorsqu'il y a plus d'une fleur sur une tige, on parle d'inflorescence. Les personnages de ce roman se construisent au sein de leur jardin, chacune à son rythme, en se réappropriant leur vie. L'inflorescence se fait l'expression de la transmission muette entre générations, le jardin un lieu-miroir qui n'appartient qu'à soi et permet la reconstruction. Jardin ou gouffre, pépinière en Argentine ou plates-bandes ordonnées d'un lotissement Levitt, pollinisation ou pollution ; l'auteure observe ce perpétuel balancier. Née à Bucarest en 1976, Raluca Antonescu est arrivée en Suisse à l'âge de quatre ans. Après une formation aux Arts décoratifs et aux Beaux-arts, elle travaille à des documentaires puis enseigne les arts plastiques. Inflorescence est son troisième roman après L'inondation (2014) et Sol (2017).