De quel mystère diabolique le fromage est-il le coeur ? La pomme symbolise-t-elle la volupté charnelle ou la perfection ? Combien d'années peut-on vivre en se nourrissant exclusivement de racines ? Que découvre-t-on dans les abysses et les recoins des corps livrés à la dissection ? Sous ces questions en apparence hétéroclites, se dessinent peu à peu les contours d'une anthropologie à l'âge baroque. A peu près aveugle à la science naissante, peu soucieuse en tout cas de s'y confronter, elle s'organise à travers des catégories duelles qui laissent le champ libre à l'imaginaire débridé du temps : le haut et le bas, le bon et le mauvais, le pourri et le sain, le puant et le parfumé. Piero Camporesi retrace le cercle de cette anthropologie - comme il le fait de la théologie dans l'Enfer et le Fantasme de l'hostie (Hachette, 1989) -, explorant successivement les grandes questions que l'imagination baroque a privilégiées : l'alimentation, et donc la diète, la dissection, la terre... Dans un style flamboyant, commentant des textes qu'il excelle à exhumer, l'historien italien fait revivre sous nos yeux une culture disparue, mais non pas morte. Piero Camporesi est professeur de littérature italienne à l'université de Bologne. Historique, spécialisée dans la culture populaire ou l'art culinaire et pratiquant l'exégèse de texte enfouis mais sublimes, son oeuvre, déjà partiellement traduite en français (La Chair impassible, Le Pain sauvage), connaît un rayonnement croissant. Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher.
Nombre de pages
264
Date de parution
22/02/1989
Poids
299g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782010133091
Titre
L'Officine des sens. Une anthropologie baroque
Auteur
Camporesi Piero
Editeur
HACHETTE LITT.
Largeur
135
Poids
299
Date de parution
19890222
Nombre de pages
264,00 €
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Comment stimuler les w ardentes impulsions de la chair » ou au contraire a atténuer les appétits désordonnés de Vénus »? De la Renaissance à l'âge baroque, le savoir diététique et la science thérapeutique se préoccupaient de ce double problème. Mille et une recettes furent mises au point par les médecins et alchimistes de l'époque (essences et élixirs mystérieux, mets savants et régimes draconiens), censées pimenter les nuits de leurs contemporains. Rien n'égalait, par exemple, les vertus aphrodisiaques de la cervelle de passereau... Erudit, mais drolatique, ce livre se savoure comme un fruit défendu. Il retrace l'histoire d'un préjugé et d'une illusion populaires, dont on prend soin, aujourd'hui, d'ignorer les avatars et les résurgences. En plongeant dans les doctes traités sur le bon usage du capital séminal ou dans les légendes les plus invraisemblables, il restitue un monde où chacun avait la sagesse de chercher à "suivre sa nature".
L'invention, voire la construction - au sens littéral du terme - du paysage : tel est le sujet des Belles contrées. Avec l'érudition et l'inventivité dans l'écriture qui caractérisent tous ses ouvrages, Piero Camporesi remonte aux origines de la perception du paysage italien, avant que peintres, écrivains, voyageurs n'aient commencé à accumuler les stéréotypes qui ont modelé depuis des siècles notre vision de ce milieu. Des témoignages du XV ? et du XVI ? siècle rassemblés par l'historien émerge une Italie inédite, à la curiosité fébrile, une péninsule vibrante d'énergie et de créativité, un univers concret et palpable, empli d'odeurs et de saveurs, un lieu de productions matérielles, en même temps que celui d'une beauté aussi gratuite que confondante. Camporesi est ainsi amené à redécouvrir le paysage dans une optique matérialiste, comme le lieu où l'histoire s'unit au travail et la nature à l'art. Il révèle comment la physiologie de l'Italie a été façonnée par l'activité constante, concrète, des innombrables artisans, des ateliers, des hommes de métier, des techniciens, des expérimentateurs des arts mécaniques et appliqués. C'est grâce à leur labeur incessant, à leur ingéniosité, à leurs constructions que le paysage italien dont l'existence nous semble toute naturelle est à la fois devenu possible et visible.
Avec sa prodigieuse érudition, s'inspirant des textes jusque-là inconnus ou rares, Piero Camporesi - qui s'est déjà illustré comme le subtil ethnologue de nos sensibilités - ajoute, avec ce livre délicieux, un nouveau chapitre à l'histoire des mentalités. La société du XVIIIe en mouvement qu'il y évoque semble impatiente d'enterrer l'héritage des siècles sauvages qui l'ont précédée et d'élaborer un mode de vie plus aérien, plus {civilisé}. Le goût 'réformé' met alors en avant la cuisine légère, rationnelle, d'où sont bannis la viande faisandée et lourde, les goûts forts ou socialement grossiers et les condiments trop vigoureux. C'est la cuisine de l'esprit qui l'emporte désormais sur celle du corps. Elle s'adresse à des individus qui se veulent sveltes et vifs, à des dames délicates, noctambules, gourmandes et non goulues, conversant jusqu'à pâmoison dans des salons littéraires où l'on savoure {le goût du chocolat}.
Qui est Fouad Chouki? Aux côtés de Bob Tahri et de Mehdi Baala, Fouad Chouki a écrit parmi les plus belles pages du demi-fond français. D'ailleurs, murmurent les spécialistes, il ne serait pas le moins doué des trois. Pourtant à l'adolescence, entre dérives et tentations légitimes, Chouki trébuche et refuse les contraintes qu'exige la vie monacale d'un athlète de haut niveau. Après deux ans d'errements, il reprend une nouvelle fois le chemin de l'entraînement et s'offre un retour de premier plan qui le conduit jusqu'à la finale du 1 500 mètres des championnats du monde à Saint-Denis en août 2003. Sa course en enfer! Car, entre-temps, il a cédé aux sirènes du dopage... Pour la première fois un athlète international raconte comment il est amené, comme beaucoup de ses rivaux, à franchir la ligne jaune. Un choix qui mettra fin à ses rêves de champion et va complètement bouleverser sa vie. Car c'est dans l'obscurité d'une cellule de prison qu'il vivra les jeux Olympiques de Pékin, où son talent aurait pu lui permettre de monter sur le podium.
René Thom, médaille Fields 1958, a conçu la théorie des catastrophes dans les années 1960 comme un ensemble de modèles mathématiques applicables en biologie et en linguistique. Mais, en ces temps de défaite de la pensée, où seul compte le résultat, aussi insignifiant soit-il, sa démarche apparaît bien solitaire. Apologie du logos retourne l'anathème lancé par Heidegger - "la science ne pense pas" - en injonction : "la science ne cherche qu'à transformer le monde, alors qu'il s'agit de l'interpréter". Ce parti pris de l'intelligibilité des choses conduit à une recherche du sens dans les domaines les plus divers : de la danse aux régulations biologiques, du prolongement analytique à la tectonique des plaques et aux révolutions politiques, de l'ontologie aporétique à la critique de la méthode expérimentale. Recueil des principaux articles de René Thom écrits dans les années 1980, Apologie du logos rend parfaitement accessible la pensée de l'un de nos grands philosophes vivants.
Au tréfonds de l'être, une plaie suinte, que maintiennent à vif maintes de ces questions auxquelles il n'est jamais facile de fournir une réponse : vivre, le faut-il ? Et ce mot, vivre, comment le comprendre ? Quelles significations lui attribuer ? Et que doit-on faire de sa vie ? Quel sens lui donner, ou en recevoir ? Et il semble rigoureusement indispensable de se connaître, cet être que je suis, quel est-il ? Dois-je le subir dans tout ce qu'il est ? Ou bien puis-je le transformer ? Mais alors dans quel but, quelle intention ? Vais-je savoir brûler ce qui m'encombre, désenfouir mon noyau, ne garder en moi que ce qui procède de l'élémentaire, l'originel ? Et cet autrui dont je viens de vérifier à quel point il est mon semblable, vais-je savoir le rejoindre ? Et si je cède à ce désir de me connaître, comment dissoudre l'angoisse qu'il suscite ... Comment vaincre la peur de la vie ? La peur de la mort ? ... Mais quand ces questions le taraudent, l'être n'est pas à même de se les formuler. Elles ne sont tout d'abord qu'un malaise, un désarroi, une lancinante sensation d'exil, l'âpre nostalgie de ce que l'on ne saurait nommer, une infranchissable solitude. Et c'est à son insu que l'être se trouve progressivement engagé dans une aventure dont il ne soupçonne ni en quoi elle réside, ni où elle est susceptible de le mener. Les notes rassemblées dans ce Journal sont les traces laissées par un homme embarqué dans une telle aventure, et qui, des années plus tard, devra s'avouer qu'en se scrutant la plume à la main, il n'a fait qu'obéir à un urgent besoin de se révéler à soi-même, se clarifier, s'unifier, à l'impérieuse nécessité d'accéder à la liberté, la connaissance, une ineffable lumière. Dans ce premier volume, et parce que toute descente en soi est une descente aux enfers, on le découvre aux prises avec l'ennui, le dégoût, la peur, le marasme, la haine de soi, la menace d'une issue tragique. Mais rien ne peut le détourner de poursuivre sa quête. Armé d'une inflexible résolution, il s'acharne à se désentraver, se mettre à nu, explorer l'un après l'autre chacun des recès de son labyrinthe. Dans le second volume, la ténèbre s'éclaircit, et on le verra commencer à fouler la terre lointaine qu'il portait en lui. Celle où il pourra durablement enfouir et déployer ses racines.