Eclipses N° 68, juin 2021 : Bong Joon-ho. Des chimères et des hommes
Calvet Yann ; Valmary Hélène
ECLIPSES
15,00 €
Epuisé
EAN :9791094110133
Le cinéma du sud-coréen BONG Joon-ho se déploie dans un entremêlement de genres et de registres qui témoignent d'une attention toute particulière aux mécanismes de la servilité et des déterminismes. Le réalisateur cultive un goût pour le trivial et le burlesque et porte un regard incisif sur les différences de classes sociales, jouant de manière jubilatoire avec les codes cinématographiques et les attentes du spectateur pour déployer une esthétique à la fois naturaliste et conceptuelle. De Barking Dog (2000) à Parasite (2019), en passant par Memories of Murder (2003), The Host (2006) ou Le Transperceneige (2013), BONG Joon-ho met en abyme les mécanismes de la violence à travers des personnages confrontés à une société capitaliste qui les rejette. En développant des espaces qui enferment les protagonistes mais aussi les perdent dans leur immensité (Mother, 2009), ses films sont des oeuvres mutantes qui cristallisent les questions du rapport de l'individu au collectif (...)
Nombre de pages
144
Date de parution
16/06/2021
Poids
302g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9791094110133
Titre
Eclipses N° 68, juin 2021 : Bong Joon-ho. Des chimères et des hommes
Auteur
Calvet Yann ; Valmary Hélène
Editeur
ECLIPSES
Largeur
160
Poids
302
Date de parution
20210616
Nombre de pages
144,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Quels rapports le cinéma entretient-il avec l'ésotérisme ? Beaucoup d'artistes, souvent proche des courants idéalistes ou du genre fantastique, ont puisé leur inspiration dans certains aspects de l'ésotérisme. L'avant-garde française tout comme l'expressionnisme allemand revendiquent aussi cette filiation et des cinéastes comme Murnau, Dreyer, Tourneur, Lewin, inspirés par la gnose, l'hermétisme, la théosophie, la Naturphilosophie allemande ou l'alchimie, développent une esthétique cinématographique, et à travers elle une vision du monde qui retrouve les grands principes de l'ésotérisme.
Si au cours du XIXe et du XXe siècles, l'image terrorisante du diable, conservée dans le champ religieux et moral, a perdu de sa puissance dans l'imagination littéraire et dans les illusions de la fantasmagorie, le cinéma va produire de nombreuses variations autour du motif diabolique, recouvrant à la fois les passions individuelles et les terreurs collectives en y intégrant des messages de liberté et de plaisir dans la veine d'écrivains romantiques. Jean Epstein va théoriser dès les années vingt ce rapport ancien et profond du cinéma avec ce penchant "diabolique". Pour ce théoricien de la première avant-garde française, le cinéma ouvre de nouveaux horizons originaux, il annonce une philosophie antidogmatique, révolutionnaire et libertaire, "diabolique en un mot" comme l'indique le titre de son ouvrage, publié en 1947, Le cinéma du Diable. Au-delà des écrits théoriques de Jean Epstein, bien des cinéastes et particulièrement ceux sur lesquels s'appuie cet essai - Friedrich Wilhelm Murnau, Albert Lewin, Rex Ingram, Kenneth Anger, Roman Polanski, Abel Ferrara et David Lynch - se sont intéressés à cette expression cinématographique du Mal, à cette question posée sur l'ordre du monde à travers la question du démoniaque.