Un tragique XVIe siècle - Mélanges offerts à Denis Crouzet
Callard Caroline ; Debbagi Baranova tatiana ; Le R
CHAMP VALLON
28,01 €
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EAN :9791026711001
Denis Crouzet imprime sa marque de chercheur et d'historien depuis les années 1990. Sa thèse monumentale, Les Guerriers de Dieu. La violence au temps des troubles de religion, publiée en 1990, a renouvelé la compréhension de la Réforme et des guerres de Religion. Ses analyses novatrices ont restitué au XVIe siècle sa complexité. La Renaissance est devenue sous sa plume un temps d'angoisse et de violence, éclairé par moments des rêves de paix et de tolérance, et animé de grandes figures dont il a proposé une approche novatrice : Catherine de Médicis, Michel de L'Hospital, Calvin, Charles Quint, Nostradamus, Christophe Colomb. Les articles de ce volume de mélanges, composé par les nombreux amis et élèves de Denis Crouzet qui souhaitaient lui rendre hommage et le remercier, évoquent la figure de cet historien à l'imagination sans limites, ainsi que l'histoire des pouvoirs, des croyances, des conflits et des confrontations interconfessionnelles. Ils présentent aussi des analyses de quelques points centraux de sa pensée - la question de la psychanalyse en histoire, la réflexion sur le statut des acteurs -, mais aussi de la réception de ses ouvrages, en particulier dans le monde anglo-saxon. Tout comme l'oeuvre de Denis Crouzet, complexe mais fascinante, ce livre marquera une étape importante dans l'historiographie des Temps dits modernes, dont on sait aujourd'hui qu'ils ont été traversés par des tensions d'une force inédite.
Nombre de pages
464
Date de parution
10/11/2022
Poids
682g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791026711001
Titre
Un tragique XVIe siècle - Mélanges offerts à Denis Crouzet
Auteur
Callard Caroline ; Debbagi Baranova tatiana ; Le R
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
682
Date de parution
20221110
Nombre de pages
464,00 €
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Omniprésents au Moyen Âge, les fantômes auraient dû déserter l’Europe à l’avènement de la philosophie mécaniste de Descartes et de Newton. Pourtant, des silhouettes aux contours très anciens continuèrent de peupler les mondes d’Ancien Régime : enfants mort-nés, cadavres sans sépultures, gardiens spectraux de trésors oubliés…Lancée sur les traces de ces apparitions tantôt apaisantes tantôt effrayantes, Caroline Callard fait émerger les termes de ce véritable « moment spectral ». Au temps des crises qui marquent le début de l’âge moderne, la présence des fantômes est réaffirmée avec une urgence nouvelle. Que firent alors les vivants de ces morts refusant de se tenir tranquilles ? Comment organisèrent-ils la cohabitation avec ces hôtes intempestifs ? Comment cherchèrent-ils aussi, parfois, à les retenir près d’eux ...Maisons hantées, amour d’outre-tombe, villes-fantômes du Nouveau Monde ou encore élaboration d’une science des spectres au tournant du xvie siècle, ce livre novateur rend à ces morts vivants la multiplicité de leurs actions dans le monde. Au fil des pages, les fantômes retrouvent la place qui fut la leur dans la société d’Ancien Régime, une place jusqu’alors mal repérée, car ténue, fugace, impérieuse aussi. Caroline Callard est directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Elle a déjà publié Le Prince et la République, Histoire, pouvoir et société dans la Florence des Médicis au xviie siècle (Presses de la Sorbonne, 2007).
La politique jalouse des souverains Médicis fut cause d'un grand vide dans notre histoire " : l'indignation manifestée par Anton Filippo Adami en 1756 met en lumière l'un des éléments les plus intrigants du règne des grands-ducs Médicis au XVIIe siècle : la disparition de l'histoire. Où le temps de la commune florentine avait été caractérisé par une profusion de récits mettant en scène l'histoire de la patrie, le principat des grands-ducs, issus d'une branche cadette de celles des glorieux ancêtres - Côme l'Ancien et Laurent le Magnifique - font des res facta un récit tabou. Où trouver l'origine de ce " vide " ? Doit-on l'attribuer au statut inédit des Médicis dans l'Europe des princes ? En effet, comment une famille de banquiers, nés sous la République, faits ducs à l'issue d'une guerre contre leur propre patrie, aurait-elle pu se doter d'une histoire dynastique satisfaisante ? La " raison d'État " a-t-elle, par une censure efficace, cherché à protéger et à construire le secret de la famille au pouvoir ? Mais comment expliquer, alors, la frénésie de copie et de recherche d'archives concernant la période républicaine qui s'empare au même moment des patriciens florentins, sans que le pouvoir s'en inquiète ... Ces questions sont au c'ur d'une enquête où la Florence baroque apparaît peu à peu comme " hantée " par les grands spectres républicains.
Callard Caroline ; Crouzet-Pavan Elisabeth ; Tallo
En s'intéressant à la notion de réemploi si familière aux historiens d'art pour l'appliquer à l'histoire des concepts et des pratiques politiques dans l'Italie médiévale et moderne, ce livre place au coeur de la réflexion la façon dont l'histoire et les catégories temporelles furent gérées dans le champ politique. Comment, dans l'Italie médiévale et moderne, l'histoire fut-elle citée, réemployée dans le vocabulaire des institutions et de la pratique politique, sollicitée dans la théorie politique - qu'il s'agisse de la construction de l'image du prince ou de l'idéologie républicaine, utilisée pour représenter le monde d'ici-bas et ses événements dans les cycles peints aux murs des églises ou des palais ? Quelles formes diverses pouvaient prendre ces procédures de réemploi ? Quels étaient les objectifs poursuivis ? Quels sont les moments qui furent les plus propices à cette quête des références ? Quels pouvoirs choisirent de récupérer et de transformer les matériaux de l'histoire ? Cette étude part à la rencontre de tous ces usages du passé avec l'espoir de saisir un peu de la culture des sociétés italiennes de la fin du Moyen Age et du premier âge moderne, un peu de leurs expériences temporelles et de leurs rapports à l'histoire.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...