Une tache noire dans les branchages nus des arbres attira mon attention. C?était une corneille. Elle me regardait. Du moins j?eus cette impression. Une corneille regarde-t-elle les hommes dans les yeux ? Tout en progressant, je lui jetai des coups d??il furtifs. Elle semblait toujours, elle aussi, me suivre du regard. Au moment où elle allait sortir de mon champ de vision, elle prit son envol pour venir se poser sur un arbre situé plus en avant, comme si elle voulait volontairement rester visible à mes yeux. Bientôt, je ne pus plus douter, l?oiseau suivait bel et bien ma progression. Chaque fois que j?avais accompli une centaine de mètres, il changeait de position, se perchant au sommet d?un arbre différent pour m?observer ; son attention, c?était clair maintenant, bien dirigée vers moi. Comme tous les oiseaux, il tournait la tête brutalement de côté pour mieux me surveiller, tour à tour de son ?il droit, ensuite du gauche, puis l?immobilisait de nouveau bien face à moi, le bec pointé dans ma direction. J?avais déjà entendu parler de personnes agressées par des oiseaux réputés inoffensifs, comme des mouettes ou de simples passereaux qui fonçaient droit sur leur victime pour lui asséner des coups de bec violents. Je me tenais sur mes gardes, prêt à frapper du plat de la main s?il fondait sur moi. Manifestement la corneille s?obstinait à me suivre. J?entendais le bruit régulier de ma respiration inquiète. Des panaches de vapeurs sortaient de ma bouche dans l?air glacé à chaque expiration. Le froid provoquait une sensation de brûlure dans mes cavités nasales. J?aurais aimé ramasser une pierre et la jeter au volatile, mais on n?en trouvait aucune sur cet accotement bien entretenu. Et d?ailleurs, si une pierre s?était présentée, j?aurais dû me baisser pour la prendre. La corneille ne risquait-elle pas de percevoir ce geste comme de la soumission ou de la fuite, et dès lors de véritablement attaquer ? Je m?immobilisai et lui fis face. Prêt à la lutte. de la fuite, et dès lors de véritablement attaquer ? Je m?immobilisai et lui fis face. Prêt à la lutte. Elle ne bougeait pas, là-haut sur son nouvel arbre. Je la voyais comme une ennemie et une détermination s?installa en moi. La peur avait disparu. Je me sentais assez fort pour vaincre quand elle s?élancerait. Elle me regardait toujours et je souhaitais à présent engager le combat. Nous ne pouvions plus nous fixer l?un l?autre éternellement. Elle devait se décider, elle ; moi j?étais incapable, cloué au sol, d?engager l?assaut. Je lui fis signe d?un mouvement du bras, pour l?appeler à moi. Il fallait en finir.Notes Biographiques : Carino Bucciarelli est né en 1958 dans la région de Charleroi, où il réside toujours. Il a travaillé dans l?enseignement technique et professionnel comme enseignant de pratique en mécanique productique. Il se consacre aujourd?hui totalement à l?écriture. Il fait partie du conseil d?administration de l?Association des Écrivains belges de Langue française. Son ?uvre comprend des recueils de poèmes ? dont plusieurs ont été primés, des romans et des nouvelles. L?Académie royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique lui a décerné en 2020 le Prix Lucien Malpertuis pour l'ensemble de son ?uvre poétique.
Nombre de pages
156
Date de parution
03/02/2021
Poids
190g
Largeur
148mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782807002678
Titre
Nous et les oiseaux
Auteur
Bucciarelli Carino
Editeur
MEO
Largeur
148
Poids
190
Date de parution
20210203
Nombre de pages
156,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Hanté par le fantôme de Mal Waldron, pianiste de jazz américain mort à Bruxelles en 2002, ce roman prend pour point de départ un fait marquant dans la vie du musicien : un grave accident cérébral occasionné par une surdose d'héroïne. Il se réveillera de son coma avec une mémoire totalement blanche. Même son nom lui échappe, sans compter son jeu pianistique dont il a tout oublié. L'auteur de ce livre ne voulait en rien écrire une biographie du jazzman. Le musicien s'est imposé comme un personnage de roman, rien d'autre. Comme dans ses livres précédents, Carino Bucciarelli, ici au départ d'un accident de vie, se livre aux errances, digressions et jeux de miroirs qui caractérisent ses écrits. Ses thèmes récurrents - le double, la dépersonnalisation - imprègnent totalement cette histoire, qui nourrit en outre une réflexion sur l'écriture et le rôle volontaire ou non de l'écrivain dans son propre texte.
On me libère aujourd'hui, mon nom a été cité dans le haut-parleur." Des milliers de polars et autres films noirs commencent par une telle sortie de taule. Mais si les romans qu'écrit Bucciarelli semblent s'édifier sur un terrain concret, leur stabilité s'effondre aussitôt. Entraîné à la suite du personnage, le lecteur peut se croire durant quelques paragraphes plongé dans un récit conventionnel. Toutefois, bien vite, ses certitudes se désagrègent. L'auteur abandonne ici la construction labyrinthique de ses deux précédents romans, Mon hôte s'appelait Mal Waldron, Nous et les Oiseaux (M.E.O.), pour une narration d'apparence plus linéaire - quoique -, sans pour autant abandonner le réalisme fantastique - ou magique, comme il préfère l'appeler - qui lui est cher autant qu'à nos contrées septentrionales. On peut dès lors considérer que le présent opus complète un triptyque inauguré par les deux précédents. Un genre romanesque (réalisme fantastique) très prisé dans les régions septentrionales. Poète, romancier, nouvelliste, Carino Bucciarelli est depuis 2021 président de l'Association des Ecrivains belges de Langue française. Un auteur à la riche bibliographie.
Réunis dans un ancien couvent pour une étude comportementale, des jeunes surdoués se voient confier une mission très particulière : déchiffrer le fameux manuscrit de Voynich, un ouvrage mystérieux qui résiste à toute analyse depuis des siècles. Au fil de l'intrigue et des manipulations mentales, des enjeux bien plus essentiels se dessinent. Sommes-nous maîtres de notre destin ? Les enfants HPI ou atteints de troubles autistiques ont-il droit à une émancipation particulière ? Quel regard porter sur eux ? En même temps qu'une une histoire puissante et passionnante, Les enfants de Voynich incite avec subtilité à la réflexion sur le droit à la différence et la place accordée par notre société aux personnalités qui s'y adaptent difficilement.
âIlâ" , écrivain en mal de succès, devenu riche par héritage, incapable d'assumer sur la durée une liaison sentimentale, dès lors solitaire et désenchanté, vit de ses rentes au rez-de-chaussée d'une vieille bâtisse rénovée à grands frais, dont il est propriétaire. "âElleâ" , jeune influenceuse à succès, emménage au premier. Deux univers que tout oppose. Quoique... Une relation ambiguë s'engage entre les deux. Sans oublier l'ex-maîtresse du père, qui conserve la maison et paie l'héritier en nature. Dans ce cinquième opus, Lorenzo Morello dissèque notre époque tout en explorant nos désirs, nos failles, nos illusions, nos petites lâchetés, l'écartèlement entre le besoin d'exister aux yeux des autres et la soif d'authenticité. Un roman sensible et mordant. Lorenzo Morello, technicien en mécanique des sols, est né à Bruxelles en 1971. Il a déjà publié quatre romans, dont, aux éditions M. E. O. , "Pierre, papier, ciseaux" et "Voulez-vous", dans lesquels il décapait déjà au vitriol les aberrations et les illusions de notre monde.
Agathe Verneuil, née dans le Borinage, n'a pas connu son père, tué d'un coup de fusil en 1944, quelques mois avant sa naissance. Sa mère l'a dès lors confiée à sa soeur qui l'a élevée à Mons. En 2022, alors qu'elle a quitté son mari pour vivre en Famenne depuis de nombreuses années, celle qu'elle n'a jamais appelée Maman décède presque centenaire. Elle n'en éprouve aucun chagrin. Aux funérailles, apparaît une petite-cousine du côté de son père. Celle-ci va-t-elle lui apprendre enfin la vérité sur la mort d'Armand Verneuilâ? Agathe va-t-elle pouvoir se réconcilier avec sa propre fille Julie, qui a repris la ferme de son père après la séparation de ses parents et la mort de ce dernierâ? Elle espère au moins que le récit qu'elle veut écrire fera quelques pas dans cette direction. Prix RTL-TVI pour son premier roman, Coréenne, Annie Préaux, romaniste, romancière et poète, a été une enseignante passionnée de pédagogie humaniste. Les arts plastiques, la philosophie et le théâtre-action tiennent aussi une grande place dans sa vie. Elle propose et anime des ateliers d'écriture ouverts à tous. Disparu d'un trait d'encre, son roman précédent (éditions M. E. O.) a obtenu le prix Charles Plisnier.
Un habitat communautaire entre vieux copains ? A la proposition d'Hervé, Maureen a réagi au quart de tour. Se retrouver avec Ludivine, Claire, Philippe, Odette et toute la bande ! Refaire le monde, cuisiner, rire, déconner, coucher même avec l'un ou l'autre, éventuellement se préparer à mourir parce qu'il le faut bien, mais pas tout de suite, waouw ! Elle n'allait peut-être pas crever seule et abandonnée de tous... Elle lui a sauté au cou, avant de se raviser : Faudrait d'abord faire un test, commencer par une semaine tous ensemble." C'est qu'ils n'ont plus vingt ans, mais soixante bien sonnés. La vie les a ballottés dans des directions diverses. Arriveront-ils à recréer la complicité qui les liait à l'époque de Swamiji, le gourou fantasque de leurs jeunes années ? Surtout lorsque des rancoeurs et des souffrances tues leur éclateront au visage ?