Bruit gris" est le résultat d'une recherche fictionnelle qui s'est solidifiée sous la forme d'un poème : un texte hybride qui a dévoré le récit, en a fait fondre la structure pour révéler le squelette d'un réel au bord de l'explosion. Dans un dérèglement du monde à bas régime, il y a des faits tangibles et des notes fantômes. La dette grecque et la crise des subprimes, les algorithmes à haute fréquence et la neige des écrans de télévision ; l'affaire dite de « Tarnac » et la violence d'état, l'émergence des GAFA et le modelage silencieux des existences. Des aiguilles qui s'affolent et des voix qui se taisent. Montage obligé, comme l'expliquait déjà Serge Daney dans les années 80. Obligation de coller pêle-mêle des faits, des images ? des gifs grimaçant et des symboles historiques ? afin d'extraire quelques signes pouvant servir de carte ou de boussole."Bruit gris" formule, en creux, une théorie de l'événement (ou de son déclenchement), comme un sismographe mesurant la taille des fissures jusqu'au moment où ça lâche. Où la terre tremble. Où le corps s'effondre. Où l'ordre du discours implose.À la fin que reste-t-il ? Une mélodie qui grésille sur un haut-parleur au fond d'une galerie commerciale ? Une radio mal réglée, qui diffuse des nouvelles du futur ? Un manifeste révolutionnaire lu à l'envers ? "Bruit gris" est son égalisation : l'interprétation de certaines ondes, la diminution ou la soustraction d'autres fréquences.
Nombre de pages
180
Date de parution
09/12/2025
Poids
230g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782487510128
Auteur
Amalvi Gilles
Editeur
ED DU BUNKER
Largeur
135
Date de parution
20251209
Nombre de pages
180,00 €
Disponibilité
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Anne Teresa De Keersmaeker (°1960) a fondé la compagnie de danse Rosas en 1983. Son travail chorégraphique explore inlassablement les liens entre danse et musique, et s'affronte aux structures musicales et aux partitions de toutes les époques, de la musique ancienne à la musique contemporaine en passant par les expressions populaires. Sa pratique puise en outre dans les principes formels de la géométrie, de l'étude des phénomènes naturels et des structures sociales, ouvrant de singulières perspectives sur le déploiement du corps dans l'espace et le temps. Le minimalisme de ses débuts, nourri de complexité musicale, a peu à peu cédé la place à de flamboyantes constructions pour grands ensembles dansés. En 2007, le travail de la chorégraphe prend cependant un tour nouveau : un "minimalisme second", qui ne revient sur son lieu de départ qu'à une place inattendue. Dépouillement et grand air, simplicité et valorisation énergétique des gestes élémentaires ? la marche, le souffle, le parler ? reconfigurent la dynamique du simple et du complexe et relancent son écriture. Les photographes Anne Van Aerschot et Herman Sorgeloos ont été les témoins privilégiés de ce processus. A travers leurs images, réunies dans un seul et même ouvrage pour la première fois depuis dix ans, ils délivrent un regard d'une acuité exceptionnelle sur cette dernière décennie de l'aventure Rosas.
Ce livre constitue un essai d'archéologie des lieux indissociables de l'exercice de l'écriture de l'histoire et du métier d'historien. Il dresse un inventaire topographique aussi complet et rigoureux que possible de tous les espaces (Archives nationales et archives départementales, magasins de la Bibliothèque nationale, salles des musées...) où l'on conserve les matériaux bruts que consultent et exploitent les chercheurs depuis la Renaissance pour faire de l'histoire. Des cloîtres des abbayes médiévales au cloître de la rue d'Ulm, des collèges humanistes au Collège de France, des romans aux manuels scolaires, des académies provinciales du siècle des Lumières aux classes de l'Institut de France, des cercles érudits des sociétés savantes de l'époque romantique aux conclaves scientifiques du temps présent, des locaux des périodiques aux studios des radios et des chaînes de télévision, voire aux salles d'audience d'un tribunal, cet inventaire non exhaustif répertorie tous les endroits où s'échangent les derniers acquis de la recherche...
N'être est une exploration. Un lieu de passage, une crête entre deux zones. Un espace liminal, fluide, atypique. Une parole pour les habitants du passé, une oreille pour les morts, une langue pour les pertes. Les souvenirs persistent. N'être est une mémoire éruptive : peuplée, fictive, trouée, massacrée, recollée. N'être passe furtivement, déterre et ranime les mots clos, éteints, endormis. N'être est un moment en 3D. Un narrateur apparaît, puis d'autres voix - souterraines - s'infiltrent. Elles déposent leurs traces, leurs archives. On traverse des vies confisquées, des enfances maltraitées, des adultes déguisés. Les voix convergent vers une même obsession : arracher au rien du langage. L'écriture est chorale, polyphonique, mais sans dialogue. Elle traverse, trace, s'écrit les pieds dans la terre. N'être questionne le tout premier lieu de conditionnement : l'enfance. Certaines structures - sectaires ou familiales, le "groupe restreint" de René Kaës - fabriquent des récits de toute-puissance, d'élection, nourris de manipulations irréversibles qui sectionnent le contact avec une réalité plurielle. On croit pouvoir (se) sauver, on croit pouvoir empêcher. On se construit dans des dissonances, on fait tenir des impossibilités. La haine déguisée en amour, la soumission en tendresse, le contrôle en dévouement, l'immobilité en mouvement. C'est cette torsion qui intéresse ici l'autrice, les inversions qui empêchent la pensée de s'affranchir. Le texte s'attaque à cet "éléphant dans la pièce" : ce qui est tu, empêché, innommable. Dans N'être, il prend la parole. Car N'être est un texte parlant. Il émerge du noir et du silence pour prendre place. On y entend la révolte d'un·e enfant qui impose sa version à l'adulte. L'enfant dans l'adulte. Une mémoire que l'on tente d'étouffer. A ses marges, un narrateur - passeur, guide instable - accompagne la traversée. Il mènera le lecteur dans les souterrains, à la rencontre du poème et de ses voix, à rebours du temps et de l'espace.
Dans un entrelacs de mythologie et de paysages urbains ou sauvages, une voix trace le chemin d'une déambulation de l'Allemagne vers la Roumanie. On croisera Circé, on fera halte en forêt, on notera des signes et on suivra le fil étrangement tressé d'une écriture qui mêle les langues pour y créer des brèches et des respirations. Une poésie pour dire l'importance des lieux de nos vies, la transmutation de nos états comme de nos trajectoires. Un voyage hypnotique.
On m'a voulu clair, issu d'une équation formidable Je suis un résumé de passion Un ramassis d'intérêt Un clic Un client Une publicité Un homme qui Lorsqu'on le tabasse Se plaint de ne pas être bien référencé.
Un homme meurt d'être quitté par une femme. Sous la pierre qui est tombale, il raconte son histoire. Il aimerait que celle-ci devienne un livre, une oraison àparaître. Une pierre, deux corps, celui du gisant quitté et celui de l'écrivain qui ressuscite. Assis près du marbre, un éditeur commente. Il veille à la bienséance du texte et à la clarté du style. Il détaille les conditions d'un déroulement optimal pour la lecture au crématorium. Le récit partira d'une seule lettre, la première, la lettre A. Les images s'y accumulent. Trois actes et trois personnages : Pierre l'écrivain, L'Editeur, conseiller funéraireEt Nadja, l'oratrice d'oraison, désignée pour le jour J. La narration sera théâtrale. Ce recueil est une cérémonie. C'est aussi une histoire d'amour. Elle s'empale dans la littérature. On ne meurt jamais seul dans le sens d'une oraison amoureuse. Stand-up.