N'être est une exploration. Un lieu de passage, une crête entre deux zones. Un espace liminal, fluide, atypique. Une parole pour les habitants du passé, une oreille pour les morts, une langue pour les pertes. Les souvenirs persistent. N'être est une mémoire éruptive : peuplée, fictive, trouée, massacrée, recollée. N'être passe furtivement, déterre et ranime les mots clos, éteints, endormis. N'être est un moment en 3D. Un narrateur apparaît, puis d'autres voix - souterraines - s'infiltrent. Elles déposent leurs traces, leurs archives. On traverse des vies confisquées, des enfances maltraitées, des adultes déguisés. Les voix convergent vers une même obsession : arracher au rien du langage. L'écriture est chorale, polyphonique, mais sans dialogue. Elle traverse, trace, s'écrit les pieds dans la terre. N'être questionne le tout premier lieu de conditionnement : l'enfance. Certaines structures - sectaires ou familiales, le "groupe restreint" de René Kaës - fabriquent des récits de toute-puissance, d'élection, nourris de manipulations irréversibles qui sectionnent le contact avec une réalité plurielle. On croit pouvoir (se) sauver, on croit pouvoir empêcher. On se construit dans des dissonances, on fait tenir des impossibilités. La haine déguisée en amour, la soumission en tendresse, le contrôle en dévouement, l'immobilité en mouvement. C'est cette torsion qui intéresse ici l'autrice, les inversions qui empêchent la pensée de s'affranchir. Le texte s'attaque à cet "éléphant dans la pièce" : ce qui est tu, empêché, innommable. Dans N'être, il prend la parole. Car N'être est un texte parlant. Il émerge du noir et du silence pour prendre place. On y entend la révolte d'un·e enfant qui impose sa version à l'adulte. L'enfant dans l'adulte. Une mémoire que l'on tente d'étouffer. A ses marges, un narrateur - passeur, guide instable - accompagne la traversée. Il mènera le lecteur dans les souterrains, à la rencontre du poème et de ses voix, à rebours du temps et de l'espace.
Nombre de pages
96
Date de parution
10/09/2026
Poids
130g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782487510173
ISBN
248751017X
Auteur
Eskenazi Elsa
Editeur
ED DU BUNKER
Largeur
135
Date de parution
20260910
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
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Revivre est un mouvement, c'est une traversée. Une écriture qui s'arrache et se détache, qui se met en route vers une issue de secours. Les mots taillent dans un espace incertain, ils cherchent à se reconnaître. L'endroit qui les rendra à leur sens, au creux d'une roche de soi. On avancera dans le dur, à l'oreille, échos, strates, gisements, cachettes.Il faut trouver. On est entré et il faut en sortir.Dans ce recueil, l'autrice explore différentes situations de départs et d'abandons, dans un style puissant, sans concession. C'est un élan. Nous marchons dans ses pas, accélération, gestes suspendus, coups sourds. Mots dynamite, explosifs, éboulements.Quelque chose se maintient, il s'agit de mettre au jour ce qu'il reste, les traces après avoir dit : non.Le bruit d'un fragment qui s'est détaché, le mot tombe, il est là, enfin, visible, audible, trouvé, il va emplir l'espace.Revivre examine les pertes, les contextes, les décisions d'une vie. L'écriture avance vers le possible, elle l'extirpe d'une structure linguistique en tension.La parole revient pour inventer l'ailleurs. Le rendre possible et habitable.
Avec une légèreté apparente qui abrite une âme sensible, Gilles Eskenazi rassemble une pléiade de poésies et fabliaux destinés aux lecteurs de tous âges. Ce troubadour des temps modernes compose de douces synesthésies, où " les parfums, les couleurs et les sons se répondent " dans la plus pure tradition poétique. Il réveille les souvenirs du temps passé pour capturer l'essence du regard candide de l'enfant qui sommeille en lui. Les rimes chantantes font entendre la voix passionnée de l'amoureux, des allégories sur le thème des sept péchés capitaux, ou encore le merveilleux spectacle de la nature.
Cette grande inconnue, la communauté juive en France est-elle menacé d'implosion? Quel rapport peut-il y avoir entre ses institutions représentatives, telles que le Consistoire, le Crif, le FSJU, hésitant entre l'orthodoxie et la liberté d'expression? Les autorités communautaires ont-elles le droit de critiquer Israël? Si la pratique religieuse concerne 15% d'observants en France, est-il raisonnable de dénoncer la montée du fanatisme? Autant de questions posées par Frank Eskenazi et Edouard Waintrop à leur manière, pertinente et documentée.
De quoi Gaza est-il le nom ? De rien. Donner un nom à Gaza serait accepter de lui conférer un sens. Or Gaza n'existe qu'en creux, en négatif. Gaza est un trou noir. Un renoncement. Lui donner du sens serait reconnaître qu'il s'est agit d'autre chose que d'un infernal acte d'oubli de soi. Les gosses envoyés à Gaza ont fait un long voyage, les voilà près d'Oradour, tout près. Rentrés victorieux, ils s'y seront totalement perdus. Il n'y a pas eu de guerre à Gaza, mais le mime de la fin des Juifs. Il n'y a pas eu de guerre à Gaza, mais des massacres à la fois technologiques et puissamment archaïques. Les drones et la merde. Ceux qui parlent de la " guerre de Gaza " ont un cadavre dans la bouche.
Dans un entrelacs de mythologie et de paysages urbains ou sauvages, une voix trace le chemin d'une déambulation de l'Allemagne vers la Roumanie. On croisera Circé, on fera halte en forêt, on notera des signes et on suivra le fil étrangement tressé d'une écriture qui mêle les langues pour y créer des brèches et des respirations. Une poésie pour dire l'importance des lieux de nos vies, la transmutation de nos états comme de nos trajectoires. Un voyage hypnotique.
On m'a voulu clair, issu d'une équation formidable Je suis un résumé de passion Un ramassis d'intérêt Un clic Un client Une publicité Un homme qui Lorsqu'on le tabasse Se plaint de ne pas être bien référencé.
Un homme meurt d'être quitté par une femme. Sous la pierre qui est tombale, il raconte son histoire. Il aimerait que celle-ci devienne un livre, une oraison àparaître. Une pierre, deux corps, celui du gisant quitté et celui de l'écrivain qui ressuscite. Assis près du marbre, un éditeur commente. Il veille à la bienséance du texte et à la clarté du style. Il détaille les conditions d'un déroulement optimal pour la lecture au crématorium. Le récit partira d'une seule lettre, la première, la lettre A. Les images s'y accumulent. Trois actes et trois personnages : Pierre l'écrivain, L'Editeur, conseiller funéraireEt Nadja, l'oratrice d'oraison, désignée pour le jour J. La narration sera théâtrale. Ce recueil est une cérémonie. C'est aussi une histoire d'amour. Elle s'empale dans la littérature. On ne meurt jamais seul dans le sens d'une oraison amoureuse. Stand-up.
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