Les 'Frais du jour' de Vincent Broqua appartiennent au genre particulier des poésies de circonstance. Si ce genre abrite le pire, on oublie trop souvent qu'il compte aussi le meilleur, ainsi des 'Envois', 'Albums', 'Fêtes et anniversaires', 'Offrandes', etc. qui constituent les "Vers de circonstance" de Stéphane Mallarmé - pour ne citer que lui. Contraints par l'actualité à la brièveté, les 'Frais du jour' scandent le cours du temps et naissent de situations que leur caratère allusif fixe comme en chimie une réaction précipite des composantes. Gardant du jeu, qui est à leur origine, une grande liberté de composition, ils sont le lieu même où la poésie peut se mesurer au quotidien et, le réinventant, se réinventer du même coup. Plus que des esquisses, ou des croquis, les 'Frais du jour' conservent de ces pratiques leur rapidité et leur capacité de synthèse. Dans l'urgence de saisir un être au monde évanescent, il semble bien qu'ils travaillent à un renouvellement de la parole poétique. Ce que tu / captures file, écrit sans illusion, peut-être même avec un certain amusement, Vincent Broqua. Comme si, à la fraîcheur de ce qui advient, à laquelle il faut rendre grâce, correspondait le "filé" du poème, qui préserve en lui quelque-chose de pas tout à fait fixé, une forme ouverte, encore en devenir, un chantier. Chantier qu'alimentent par ailleurs d'autres courts poèmes, sous le titre générique Supermarché de matériaux, intercalés entre les Frais du jour qu'ils ponctuent et relancent. Les 'Frais du jour' ont d'abord circulé sur écran, sous forme de mails destinés à des proches. Ecriture de l'intime, ils supposaient une complicité basée sur une certaine expérience vécue en commun avec la lectrice ou le lecteur qui les recevait. La version papier de la sélection opérée par l'auteur, marque une nouvelle étape. Le lectorat y devient anonyme et le poème, qui véhiculait pour quelques-uns la saveur d'une singularité, teste son pouvoir de l'universaliser. Sans que rien ne soit perdu pour autant de sa fragilité initiale : syntaxe / chaos fuité, comme prend soin de le préciser Vincent Broqua.
Nombre de pages
32
Date de parution
17/07/2020
Poids
54g
Largeur
128mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782889550357
Titre
Frais du jour
Auteur
Broqua Vincent
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
128
Poids
54
Date de parution
20200717
Nombre de pages
32,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Résumé : Récupérer est constitué de trois pistes qui peuvent être mixées ou empruntées comme on le souhaite. Il incite à circuler entre différents modes de discours sans se laisser enfermer dans un genre, un style, une institution. Dans ce livre, on passe d'une enquête sur les onomatopées à un récit épistolaire, de photos du satellite Hubble à des poèmes sur la mémoire du corps. Le livre se fait essai, poème, dialogue, où chaque temps fort comporte son contrepoint. Ouvert, le livre l'est aussi concrètement : les hyperliens se prolongent sur Internet, et la page imprimée invite le lecteur à poursuivre son exploration sur son écran d'ordinateur.
Résumé : Photocall attendrit le vivant. Si vous êtes animaux, plantes, roches, villes, pull marin, dieux et déesses, lui-elle-nous, fluides, entièrement nus, si vous aimez la photo, les défilés et les grandes parades, ce livre est pour vous, entrez.
Nioques 22-23 Nouvelle poésie des Etats-Unis numéro bilingue Le collectif Double Change édite le numéro 22-23 sur la jeune poésie des Etats-Unis. Anthologie bilingue, ce numéro double présente une quinzaine de jeunes écrivains oeuvrant dans les poétiques radicales et expérimentales du XXIe siècle, afin d'ausculter la façon dont les formes, les discours et les pratiques interrogent la poésie, jusqu'à sortir de celle-ci. La poésie postconceptuelle de Danny Snelson ou d'Allison Parish s'approprie des matériaux déjà existants sur le web et les "recycle" , venant interroger la poétique du format, des programmes et des dispositifs numériques. L'interrogation sur ce qui est poétique dans les langues trouvées sur internet est aussi à l'oeuvre dans ce qu'on pourrait appeler l'écrire-traduire de Monica de la Torre. Un même texte est traduit et retraduit selon diverses procédures qui génèrent du texte comme une mécanique. Elles questionnent ainsi les politiques de la langue en faisant boîter la poésie par la traduction tout autant que l'inscription de l'étranger dans la langue américaine. Ce sont des politiques de l'épreuve de l'étranger qu'explorent Youmna Challa, Lindsay Choi ou Mia You. D'autres poètes telles Sophia Le Fraga, Divya Victor, Layli Long Soldier minent la langue depuis des positions mouvantes qui vont de l'ironie à des textualités du quotidien, de la critique féministe à la position décoloniale. Nous avons aussi demandé à ces poètes - tous et toutes à peu près inconnus en France - de livrer un texte plus discursif sur leur pratique.
Confessions extatiques est un livre à part dans l'oeuvre de Martin Buber. L'auteur le publie en 1909 à l'âge de 30 ans, bien avant de devenir une figure intellectuelle mondialement reconnue. L'ouvrage réunit de nombreux témoignages et textes mystiques issus de multiples sources et de différents siècles. Du monachisme grec à l'hindouisme en passant par la pensée des soufis ou les paroles de Lao-Tseu. "Ce sont des citations d'hommes fervents issus de nombre d'époques et de peuples que je rassemble depuis des années, dira-t-il. Outre leur grand intérêt pour l'histoire de la mystique, ils me paraissent psychologiquement remarquables : ils veulent communiquer l'immédiat, une expérience muette ; et, esthétiquement, l'étrange, le hors-norme, en même temps empreint d'une merveilleuse poésie". Un livre resté méconnu et qui pourtant laisse entrevoir les développements futurs de la pensée de Martin Buber, notamment ses recherches autour d'un socialisme communautaire (Utopie et socialisme), sa réflexion sur l'altérité et la figure de l'Autre (Je et Tu) et son étude autour du judaïsme hassidique (Les Récits hassidiques). Un ouvrage clé pour comprendre et éclairer la pensée du grand philosophe.
Où que nous soyons, ce que nous entendons est essentiellement du bruit. Lorsque nous n'y prêtons pas attention, cela nous dérange. Lorsque nous l'écoutons, nous le trouvons fascinant. Le son d'un camion à 50 miles à l'heure. Les parasites entre les stations de radio. La pluie. Nous voulons capturer et contrôler ces sons, les utiliser non comme des effets sonores, mais comme des instruments de musique.
Luxemburg Rosa ; Pic Muriel ; Weill Claudie ; Badi
Quoi de plus iconoclaste qu'un herbier composé entre quatre murs, sans l?étendue de la nature ? Comme une contradiction dans les termes. L'herbier de Rosa Luxemburg est une archive sans équivalent. Troublante et attachante, sa fragilité et son histoire en font un témoignage de résistance et d?évasion, une fabrique de formes et de joie, un document sur le sentiment politique de la nature, fondement de toute écologie.Composé de sept cahiers datés d'avril 1915 à octobre 1918, l'herbier a pu être réalisé par la révolutionnaire emprisonnée grâce à l'amitié sans faille de quelques femmes, ses amies intimes dont la féministe Clara Zetkin. Au-delà des quelques fleurs et mauvaises herbes de la cour de la prison que Rosa glane lorsqu'elle sort sous surveillance, ce sont ses proches qui lui envoyèrent par lettres des spécimens séchés ou des bouquets de fleurs fraîches qu'elle-même pressait. Aux planches de l'herbier répond ainsi tout une correspondance où il est question de botanique, de nature, de romantisme allemand, d'amour de toutes créatures, et cela, « en dépit de l'humanité ». Rosa Luxemburg ne cesse d'encourager ses proches à garder leur joie de vivre et leur gaieté alors que les nuages qu'elle entraperçoit par une fenêtre à barreaux se chargent des couleurs de la guerre et de l'acier.Herbier de prison est constitué de 133 planches botaniques accompagnées de la traduction des légendes manuscrites de celles-ci. Cet ouvrage recueille également une soixantaine de lettres, dans lesquelles la révolutionnaire évoque sa passion pour les plantes, ainsi que pour les animaux. Des documents inédits en français complètent le volume, notamment un journal où Rosa Luxemburg consigne les faits et gestes de sa vie d'incarcérée.
Riprap est le premier recueil du célèbre poète étatsunien Gary Snyder (Prix pulitzer en 1975 pour Turtle Island et membre éminent de la beat generation). Il paraît en 1959 à Kyoto, alors que le poète réside au temple Daitoku-Ji de la secte rinzai zen et suit les enseignements du maître Oda Sesso Roshi.Riprap est un livre fondateur. « Il s'ouvre sur un ensemble de poèmes rédigés autour de la transparence des montagnes et du travail, et se referme sur d'autres rédigés au Japon et en mer. Le titre Riprap célèbre le travail des mains qui déplacent la roche pour faire des pistes ; (?) ma première saisie de l'image de l'univers entier comme interconnecté, interpénétré ; ses composants se reflétant et s'embrassant mutuellement. »Gary Snyde, extrait de la postface.En 1955, Gary Snyder travaille comme garde forestier, préposé à l'aménagement et l'entretien des sentiers de Piute Creek dans le parc national de Yosemite, en Californie. Cette expérience de vie sera au départ l?écriture de Riprap. Durant cette période il traduira brillamment les poèmes du moine vagabond chinois Han-Shan. Gary Snyder s'est inscrit à l'American Academy of Asian Studies et y rencontre son professeur Alan Watts. Kenneth Rexroth le présente à Allen Ginsberg et Jack Kerouac, lequel s'inspirera de leur ascension du Pic Matterhorn au Parc national de Yosemite pour écrire The Dharma Bums dans lequel Gary Snyder y figurera sous le nom de Japhy Ryder. À la Six Gallery de San Francisco, toujours en 1955, il récite The Berry Feast avec Allen Ginsberg qui scandera The Howl en compagnie des poètes Kenneth Rexroth, Philip Whalen, Michael McClure. Dans la salle, on retrouve aussi : Peter Orlovsky, Jack Kerouac, Lawrence Ferlinghetti et Neal Cassady. Cet événement marque le début de qu'on appelle la San Francisco Renaissance.La présente traduction est la reprise de l?édition de 1965 intitulée, Riprap and Cold Mountain Poems, à San Francisco ? Four Seasons Foundation. Le recueil comprend les traductions des poèmes de Han-Shan.