A la fin du XIXe siècle, à plusieurs milliers de kilomètres de Paris, au Brésil, les idées d'Auguste Comte vont se diffuser au Brésil, un pays à l'économie encore traditionnelle mais avide de progrès. Dans les années 1900, les premiers manuels de sociologie sont publiés à Rio de Janeiro et São Paulo par des intellectuels polygraphes habitués aux sciences juridiques. Un demi-siècle plus tard, la première véritable génération de sociologues brésiliens formés sur place prend la direction de la recherche et de l'enseignement de cette discipline relativement nouvelle. Comment la sociologie s'est-elle développée et affirmée entre ces deux dates dans le géant de l'Amérique latine ? Cette question est importante car le Brésil est un grand pays de sociologie qui a formé ses premiers sociologues professionnels dans les années 1930, soit avant les Français, et qui n'a cessé d'attirer des chercheurs et des enseignants de premier plan venus d'Europe ou des Etats-Unis. Ce livre invite donc à un voyage dans le temps et l'espace à la recherche des pionniers de la sociologie au Brésil. Il montre que les juristes ont été les premiers à pratiquer et à enseigner la discipline à Recife, Rio et São Paulo. Il raconte le travail des missions universitaires venues d'Europe et des Etats-Unis pour faire fonctionner les premiers départements de sciences sociales. Il permet aussi de restituer l'ensemble des acteurs de cette histoire mouvementée : autodidactes, polygraphes, avocats, catholiques pratiquants, agrégés français, héritiers de l'ethnographie américaine. On y suit les démêlés de ces gens d'origines diverses, aux quatre coins du pays, dans des institutions soumises à des pressions politiques et où la concurrence pour les premiers postes est féroce. L'histoire intellectuelle que nous proposons n'est ainsi pas une histoire des idées : elle s'efforce de montrer l'activité collective de personnes précises occupées à donner des cours, chercher des contrats de recherche, écrire des manuels. Elle ne se limite pas à raconter une fois de plus l'arrivée de Levi-Strauss et de Bastide à São Paulo et le développement de la sociologie uspienne, arbre qui en est venu à cacher la forêt. D'une façon originale et vivante, il s'agit de proposer au lecteur une approche concrète de l'institutionnalisation d'une science qui ne se limite pas à exposer les idées des fondateurs.
Nombre de pages
140
Date de parution
04/11/2016
Poids
276g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782753551459
Titre
La naissance de la sociologie au Brésil
Auteur
Brochier Christophe
Editeur
PU RENNES
Largeur
165
Poids
276
Date de parution
20161104
Nombre de pages
140,00 €
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Cet ouvrage propose la description, l’analyse et la mise en perspective d’une étude classique de la sociologie brésilienne : la recherche conduite par Roger Bastide et Florestan Fernandes sur les relations raciales à São Paulo au début des années 1950. Cette première grande enquête conduite par une équipe brésilienne sur le sujet a fait date dans l’histoire des sciences sociales latino-américaines en abordant l’étude des relations entre noirs, blancs et métis à partir de l’idée d’un racisme structurel servant d’instrument de domination. Grâce à des documents d’archives encore inexploités, l’auteur propose de suivre pas à pas la mise en place de l’enquête et le travail de terrain de l’équipe de recherche de l’Université de São Paulo. A rebours d’une tradition d’encensement des travaux de l’« école sociologique de São Paulo », l’étude des documents d’époque montre le rôle de l’idéologie et des a priori dans le travail de recherche, le décalage entre les faits recueillis et les conclusions, et les différences de perspective entre les auteurs. La mise en évidence des difficultés de l’édition du livre contribue également à relativiser la portée de la recherche à sa sortie. Enfin, l’examen minutieux de la postérité des différentes publications issues de l’enquête démontre l’importance de l’autopromotion, en particulier de la part de Florestan Fernandes et de ses élèves.
Comment raisonnent et travaillent les sociologues ? Quels sont les principes de base qu'ils appliquent ? De quelle manière doit-on utiliser le vocabulaire sociologique ? Comment conduire une courte enquête sociologique et rédiger un compte rendu de recherches ? C'est à ces questions et d'autres encore sur la pratique de la sociologie que ce manuel d'initiation se propose de répondre. Il est destiné aussi bien aux étudiants de sociologie, qui cherchent un rappel des bases ou le moyen de passer de la théorie à la pratique, qu'à des étudiants non sociologues (en droit, gestion, économie, STAPS, etc.) désireux de saisir les fondamentaux de cette discipline. Ne nécessitant pas un bagage préalable en sciences sociales, illustré de nombreux exemples, ce livre constitue un outil passionnant pour apprendre, découvrir et pratiquer la sociologie autrement.
L'actualité nous inonde d'informations, mais entre les risques de manipulations et d'idées reçues, difficile d'y voir clair. 12 conseils pour éviter la manipulation médiatique est un guide percutant pour affûter son esprit critique et aborder la réalité sans tomber dans les pièges de la désinformation. À travers 12 conseils incisifs, l'auteur vous apprend à questionner les discours dominants, à démasquer les « autorités » autoproclamées et à repérer les intérêts cachés derrière les grandes déclarations. Il dévoile aussi comment les chiffres, les médias et les institutions façonnent notre perception du monde, souvent à notre insu. Accessible à tous, ce livre est un appel à la lucidité et à l'indépendance d'esprit. Il donne les outils pour ne plus subir passivement l'information, mais la comprendre, l'analyser et en tirer ses propres conclusions. Un guide essentiel pour ceux qui veulent penser par eux-mêmes dans un monde saturé de propagande et de désinformation.
Les films d'action ont-ils un sens ? Thrillers, westerns, films policiers, d'horreur ou de guerre? Ces genres populaires, souvent perçus comme de simples divertissements spectaculaires, peuvent-ils aussi véhiculer des idées philosophiques, psychologiques ou sociales ? Dans un style clair et vivant, Christophe Brochier propose une véritable exploration critique du cinéma d'action, à travers l'analyse fine de vingt films réalisés entre les années 1920 et 2010. Chaque ?uvre ? de Nosferatu à Blade Runner, en passant par Les 39 marches ou Le Grand Sommeil ? est interrogée pour sa capacité à faire émerger un sens, une réflexion, au-delà du récit haletant. S'appuyant sur les déclarations des cinéastes, les scénarios d'origine ou les choix esthétiques, l'auteur propose une méthode d'analyse exigeante, loin des surinterprétations idéologiques. Il montre qu'un film de genre, même fondé sur l'aventure, le suspense ou la peur, peut offrir une lecture à plusieurs niveaux, et parfois une portée insoupçonnée. Un essai stimulant sur ce que peut encore nous dire le cinéma d'action, quand on prend le temps de l'écouter.
« M. Austen est très préoccupé par cette relation dont il dit qu’elle lui fait perdre ses amis, son pays et, craint-il, sa religion. » Voilà comment à l’été 1781, depuis sa campagne anglaise, George Austen – père de Jane, la future grande romancière – exprime de fortes réserves quant au projet de mariage de sa nièce, Eliza Hancock, avec un Français, Jean-François Capot de Feuillide. Ce sentiment de crainte face à un mariage franco-britannique fait écho à toute une littérature de l’Ancien Régime pour laquelle une union mixte est généralement synonyme de désastre. Si épouser un étranger y relevait de l’imprudence, épouser un ennemi était de la folie ! De tels stéréotypes ont longtemps trouvé leur place dans une histoire antagoniste des relations entre France et Grande-Bretagne, qualifiées, pour le XVIIIe siècle, de « seconde guerre de Cent Ans ». En choisissant de s’intéresser aux couples franco-britanniques à l’époque moderne, le livre propose une réinterprétation de ces rapports conflictuels. Au delà des obstacles réels – juridiques, religieux ou parentaux –, il s’agit de révéler les dynamiques fertiles mises en oeuvre par ces couples afin de forger des identités propres qui accordent une place aux origines de chacun, conciliant et conjuguant les différents héritages nationaux. À travers une étude qui part de l’échelle du couple pour embrasser des communautés entières, en ancrant chaque histoire dans la réalité de l’État, de l’Église et de la société de l’époque, ce sont les notions bien contemporaines de nationalité et d’intégration qui trouvent ici une profondeur inédite.
À l’ère des réseaux sociaux, des fake news et des guerres informationnelles, l’influence est partout : elle façonne nos opinions, guide nos désirs et oriente nos choix. Mais que savons-nous vraiment de cette force invisible ? Pourquoi certaines idées marquent l’histoire quand d’autres disparaissent dans l’oubli ? De l’éloquence antique aux plateformes numériques, des philosophes des Lumières aux influenceurs contemporains, cet essai dévoile comment les idées se propagent, séduisent, évoluent et deviennent de véritables puissances d’action. On y découvre les stratégies de ceux qui influencent, les mécanismes de ceux qui se laissent influencer et les médiations qui transforment une simple pensée en force collective. Autour de trois questions – Qu’est-ce que l’influence ? Comment influencer ? Qu’est-ce qu’être influencé ? – il jette les fondements d’une « influologie » : une manière neuve et stimulante de comprendre le destin des idées et leur pouvoir de conquérir le monde.
Si la Hanse est souvent associée à l’histoire de l’Europe septentrionale et baltique, ce réseau de marchands et de villes d’Allemagne du Nord déploya également une activité croissante sur les littoraux atlantiques à la fin du Moyen Âge. La « flotte de la Baie », convoi de plusieurs dizaines de navires qui faisait annuellement ou presque le voyage jusqu’aux ports salicoles français, en est l’illustration la plus célèbre, mais elle cache un monde de relations beaucoup plus complexes entre les Hanséates et les autres nations de gens de mer actives entre l’Angleterre et la péninsule Ibérique. En faisant dialoguer des auteurs de différentes nationalités, les études réunies dans ce volume s’efforcent de poser les bases d’une analyse renouvelée des acteurs et de la spatialité de ces interactions, faites de commerce, de coopération et de conflits. La projection marine des États monarchiques tend à redéfinir les règles de ces interactions à partir du XVe siècle.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.