Chacun a pu l'éprouver : dans telle situation banale (arbitraire d'une décision, fermeture d'une usine qui ne rapporte pas assez à ses propriétaires, punition sans raison etc...), ou limite (des enfants juifs parqués devant un commissariat pour être envoyés vers les camps de la mort, le corps inanimé d'un enfant sur une plage méditerranéenne...) le sentiment d'injustice n'a pas besoin de la connaissance du droit : il exprime, pour un sujet, l'impression d'un effondrement de la Loi. Certains y voient la source de la démagogie. C'est lui qui soulève les multitudes qui font les révolutions. A l'écart des abstractions gestionnaires qui l'ignorent, il signe ce sentiment d'humanité que porte la raison sensible. Exprime-t-il un sens inné de la justice ? Ou bien est-il premier, réagissant à un dommage subi et ouvrant un conflit social et politique en vue de déclarer des droits qui changent le système établi ? Tel est l'enjeu de cette exploration philosophique et littéraire, dans le temps, de manifestations et théorisations de l'injustice et du sentiment d'injustice. L'actualité des réformes néolibérales nous le rappelle : le sentiment d'injustice fait le partage entre deux mondes, celui de la gestion financière et de la concurrence et celui de la "raison sensible" , des droits garantis pour ceux qui subissent l'arbitraire de la domination, donc celui de l'émancipation. Depuis 1997 le Groupe d'Etude du Matérialisme Rationnel (GEMR) réunit philosophes, historiens, littéraires etc. , pour travailler sur des questions de philosophie politique liées à la démocratie. Il a publié notamment, sous la direction d'Yves Vargas, De la puissance du peuple (4 volumes aux Editions du Temps des Cerises). Le présent livre est le fruit d'un séminaire qui s'est déroulé durant cinq ans. Ouvrage publié avec le concours de la Fondation Gabriel Péri.
Nombre de pages
476
Date de parution
30/12/2019
Poids
665g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9791096310388
Titre
De l'injustice
Auteur
Bras Gérard
Editeur
AU PONT 9
Largeur
156
Poids
665
Date de parution
20191230
Nombre de pages
476,00 €
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Le conflit politique est, depuis les années 2010, marqué par un retour des peuples. Chez les modernes, c'est toujours un symptôme de crise politique majeure, dont l'enjeu est la démocratie elle-même. Non pas comme régime stable, celui du gouvernement représentatif, mais comme processus associant le grand nombre à la délibération publique. Or, le peuple n'existe pas comme donnée sociologique pérenne : il est constitué ou se constitue dans l'histoire comme sujet ou acteur politique. Ce qui est appelé tel se différencie selon les circonstances. Comment un peuple se forme-t-il ? Sous quelles conditions cette notion peut-elle mobiliser aujourd'hui les subalternes dans le conflits politiques d'émancipation ? Telles sont les questions que ce livre veut aborder. L'hypothèse examinée : un peuple est une manière d'être d'une multitude, déterminée par la médiation d'une scène où elle apparaît unifiée, agissant comme une, selon un mot de René Char. En fait, non pas une mais trois scènes, engageant trois expériences collectives par lesquelles les individus ne se reconnaissent ou non de ce peuple. Celle du pays, communauté imaginée à travers l'histoire, réunissant les vivants et les morts, au risque de devenir une communauté de sang, sclérosée, pouvant, à l'opposé, être vivifiée par les migrations sur son sol, inventant un droit de l'hospitalité. Celle des urnes et du parlement, faisant des individus éduqués des citoyens élisant leur représentants détenant le pouvoir dont le Peuple souverain est le titulaire. Par où le peuple devient sujet obéissant à la loi dont il est, par principe, auteur. Enfin celle de la rue, sans laquelle la démocratie ne serait qu'un vain mot, scène publique plébéienne, lieu d'expériences collectives périodiques à la fois de la puissance collective et de l'égalité de chacune avec chacun, d'une souveraineté populaire pouvant contester les décisions du Souverain ou de l'exécutif le dominant : scènes des peuples acteurs se différenciant des foules consuméristes. Ces trois scènes où trois dramaturgies, trois types de récits se déploient, se tissent différemment selon les conjonctures, déterminant le conflit politique actuel, moins entre peuple et élites qu'entre différentes manières d'être peuple. Non pas un peuple, mais des peuples. Au-delà de la description, le livre prend parti en soutenant que les politiques d'émancipation s'appuient sur la troisième scène, celle où se nouent les expériences de la démocratie par le bas.
Dèmos, plèbe, populace ou multitude - le mot "peuple" est polysémique. Terme essentiel de la politique moderne, il constitue pourtant aussi un point aveugle de la philosophie politique. D'un côté, on le soupçonne d'être le vecteur d'une démagogie nationaliste, voire raciste ; d'un autre, on l'a vu réapparaître avec le "printemps arabe" et les mouvements d'occupation des places. Ce livre veut prendre au sérieux le nom du peuple et en faire un objet théorique. Il prend le parti de l'histoire conceptuelle afin de rendre sensibles son usage et ses sens, dans les discours théoriques comme politiques. A travers trois grandes séquences - la Révolution française, la France gaulliste de la résistance puis de la guerre d'Algérie et, pour finir, les perspectives qu'offre la philosophie contemporaine - et l'étude minutieuse des écrits de philosophes et d'historiens tels que Rousseau, Hegel, Michelet, Laclau ou Rancière, il restitue sa complexité pour éclairer ses usages les plus délétères et renouer avec ses potentialités émancipatrices.
Bras Gérard ; Lefebvre Jean-Pierre ; Mathieu Jean-
Si les expositions de peinture font l'objet d'une large fréquentation, Hegel est bien souvent décrié, surtout dans les milieux artistiques. Cette présentation de son Esthétique voudrait montrer, en privilégiant les analyses concrètes comme celle de la peinture hollandaise du XVIIe, toute la fécondité de cette approche philosophique. Loin du dogmatisme, Hegel conçoit l'art historiquement, jugeant les oeuvres, mais récusant par avance toute norme académique. L'historicité de l'art est-elle solidaire de sa fin, de son dépassement? Dans quelle mesure art et religion sont-ils dissociables? Questions auxquelles nous confronte cette lecture de Hegel.
Fuchs Edith - Houzel Christian - Lévy Robert - Mal
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A l'ombre de la guerre Dominique Moaty Le père et la mère sont toujours sur le qui-vive, à changer souvent de maison, de pays, de vie. On est en Algérie, à Paris, en Bulgarie. Puis on change encore. Pour les enfants, c'est comme ça, on vit avec les Gounz qui guettent, mais il y a aussi les fleurs, les amis imaginaires, les spectacles qu'on monte pour les parents, avec Madame Patchou, l'ours en peluche. Pour la petite, c'est plus compliqué, elle est en charge : c'est l'aînée des filles, il faut qu'elle s'occupe des petits, on lui a appris à servir. Ni larmes ni plaintes : il s'agirait bien de se plaindre, alors qu'il faut tenir, toujours. Non, ce qui la gêne, c'est qu'elle aimerait bien comprendre. Revoir l'enfance, on voudrait tous refaire le chemin. Ici, c'est un étrange voyage, entre ici et ailleurs, hier et aujourd'hui, avec ce qu'on découvre, ce qu'on comprend, ce qu'on entrevoit. Et toujours, ce doute : si, finalement, mieux valait ne pas comprendre ? Dominique Moaty est artiste lyrique. Au sein de l'ensemble Alessandro Grandi, elle interprète le répertoire italien du XVIIe siècle. Elle donne aussi des récitals de mélodies et a créé de nombreuses oeuvres contemporaines. Elle est professeure de chant à la maîtrise de Radio France, au Conservatoire Régional 93 et au Pôle Sup 93.
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