Au croisement du réel et de l'imaginaire, la frontière se prête à une approche interdisciplinaire. Née de l'esprit des hommes et de leur volonté de catégoriser le monde pour mieux le comprendre et le contrôler, ils l'ont parfois inscrite dans la nature et ils ont plié l'histoire pour venir légitimer ce qui n'est qu'une naturalisation. Tous ces efforts font que la frontière inspire toutes les représentations à la fois liées à la contrainte, à la protection, au rêve ou à la transgression. Et c'est bien autour des limites qu'apparaissent les marges, leurs incertitudes et leurs innovations, tant sociales que spatiales. Ainsi observée, la frontière est un thème fédérateur pour les sciences humaines et sociales, et un sujet privilégié pour une nouvelle géographie du sensible qui se nourrirait autant du terrain que de sa métaphore. Après Tropisme des frontières, ce second volume réunit des articles qui traitent l'objet d'étude avec la distance qui s'impose dans le monde du XXIe siècle, désormais considéré comme "sans frontières". En faisant varier les éclairages, les différents auteurs montrent d'abord en quoi les frontières peuvent être mouvantes, soit au fil du mouvement de la houle, soit en développant des tensions destructrices. D'autres parlent ensuite de ces frontières impossibles à dessiner, soit parce qu'elles n'existent que dans les esprits, soit au contraire parce qu'elles n'existent pas dans les esprits. Cette apparente contradiction sert de transition pour sortir de la géographie classique et entrer dans une géographie prenant en compte l'imaginaire pour laquelle les frontières et leurs transgressions deviennent un champ d'inspiration illimité.
Nombre de pages
231
Date de parution
07/03/2007
Poids
410g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296028852
Titre
Regards géopolitiques sur les frontières
Auteur
Bouquet Christian ; Velasco-Graciet Hélène
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
410
Date de parution
20070307
Nombre de pages
231,00 €
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LA CÔTE D'IVOIRE, APRÈS DES ANNÉES DE CRISE POLITIQUE, A SEMBLÉ RENOUER AVEC LE PROCESSUS DÉMOCRATIQUE. Les élections présidentielles tant attendues ont enfin eu lieu en octobre 2010. Elles ont été marquées par une participation massive et ont relancé les rêves de paix immortalisés par les romans d'Ahmadou Kourouma. Pourtant, la victoire d'Alassane Ouattara a été contestée par Laurent Gbagbo, chef de l'État sortant. Et de nouveau le spectre de la guerre civile a plané sur le pays. Après six mois de crise post-électorale et une sanglante bataille d'Abidjan, l'arrestation de Gbagbo en avril 2011 a laissé Ouattara face au défi immense de réconcilier et de reconstruire son pays. En revenant sur les éléments factuels et en remontant aux sources de « l'ivoirité », cet ouvrage indispensable propose, dans sa troisième édition actualisée, les clés de compréhension d'un conflit devenu hors-norme. Christian Bouquet est professeur de géographie politique à l'université de Bordeaux III-Michel de Montaigne. Il a été pendant plusieurs années détaché auprès du ministère des Affaires étrangères, en poste dans plusieurs pays d'Afrique et de l'océan Indien. Il a vécu de nombreuses années en Côte d'Ivoire.
Alors qu'après la mort de Félix Houphouët-Boigny la Côte d'Ivoire avait sombré dans le chaos de la guerre civile et des séparatismes, depuis 2005, la situation a évolué vers la sortie de crise : il y eut quelques soubresauts dans les rues d'Abidjan, parfois dans les campagnes, souvent dans la presse ; mais aussi des avancées diplomatiques qui ont conduit à la reconnaissance de l'éligibilité de tous les candidats et à un début de réunification du pays. Cette seconde édition est enrichie d'un chapitre inédit et de nombreux infléchissements dans les analyses. La Côte d'Ivoire, où les armes désormais inutiles peuvent être jetées au feu, demeure un modèle en Afrique.
Le cadre défini pour cette recherche dessine un polygone très irrégulier qui entoure le lac Tchad et couvre environ 60 000 krn2 chevauchant les frontières du Tchad, du Niger, du Nigéria et du Cameroun. On estimait en 1976 à 700 000 personnes la population qui vivait dans cet espace. L'étude descriptive régionale classique constitue le corps de l'ouvrage : le Bas-Chari, les Iles du lac, les péninsules du Kanem, le Sud-Manga et le Nord-Est du Bornu, sont présentés dans les plus infimes détails selon le style monographique. Entourant cette partie centrale, deux grands thèmes de réflexion abordent successivement la subjectivité de la perception spatiale dans une première partie, qui traite aussi bien de la géographie physique que de l'histoire, et les difficultés de la géographie thématique dans une troisième partie qui repose sur un exercice de changements d'échelle.
Le cadre défini pour cette recherche dessine un polygone très irrégulier qui entoure le lac Tchad et couvre environ 60 000 km2 chevauchant les frontières du Tchad, du Niger, du Nigéria et du Cameroun. On estimait en 1976 à 700 000 personnes la population qui vivait dans cet espace. L'étude descriptive régionale classique constitue le corps de l'ouvrage : le Bas-Chari, les Iles du lac, les péninsules du Kanem, le Sud-Manga et le Nord-Est du Bornu, sont présentés dans les plus infimes détails selon le style monographique. Entourant cette partie centrale, deux grands thèmes de réflexion abordent successivement la subjectivité de la perception spatiale dans une première partie, qui traite aussi bien de la géographie physique que de l'histoire, et les difficultés de la géographie thématique dans une troisième partie qui repose sur un exercice de changements d'échelle.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...