En pleine guerre civile, en 1919, les jeunes dirigeants bolchéviques Nikolaï Boukharine et Evgueni Préobrajensky rédigent, comme l'avaient fait avant eux l'anarchiste italien Cafiero ou le socialiste français Deville, un exposé rapide de la conception marxiste de la société. Neuf décennies plus tard, ce texte concis (dont nous publions la première partie, due entièrement à Boukharine) a conservé une bonne part de son efficacité. Outre des considérations triomphalistes sur le nouveau pouvoir "soviétique" et les succès attendus de la IIIe Internationale, il ajoute à Marx des développements sur les métamorphoses du capitalisme intervenues entre 1880 et 1914 - c'est-à-dire l'impérialisme -, telles que les avaient analysées le socialiste allemand Rudolf Hilferding dans son célèbre ouvrage sur le Capital financier (1910); puis, à sa suite, Boukharine lui-même (en 1915) et Lénine, l'année suivante. Selon les deux bolchéviques, ce stade du capitalisme ne pouvait être que le dernier avant la révolution socialiste. L'histoire ne s'est pas conformée à ce schéma, et les formes de l'économie mondiale se sont encore modifiées, mais la conclusion générale de cet ABC... reste d'actualité: socialisme mondial ou barbarie, république universelle ou empoisonnement de la planète. Reste à savoir bien sûr comment y parvenir.
Nombre de pages
160
Date de parution
25/05/2007
Poids
169g
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EAN
9782913112315
Titre
L'ABC du Communisme. Edition revue et corrigée
Auteur
Boukharine Nikolaï ; Hasard Antoine
Editeur
NUITS ROUGES
Largeur
0
Poids
169
Date de parution
20070525
Nombre de pages
160,00 €
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Boukharine Nikolaï ; Ossinski Nikolaï ; Radek Karl
Armés d'une conscience aiguë de leur responsabilité envers le prolétariat international, les « communistes de gauche » forment dès fin 1917 une opposition politique de grande ampleur. Entre avril et juin 1918, Ils publient 4 numéros de la revue Kommunist, où se déploie une prescience stupéfiante des risques d'involution du processus révolutionnaire et de consolidation du capitalisme d'État sur les ruines des « soviets » et du « contrôle ouvrier ». Ici, pas d'entreprise de dénigrement a posteriori : la révolution bolchevique est soumise à une critique radicale par ses artisans les plus décidés. Des textes inédits indispensables à la compréhension de la révolution et de la contre-révolution russe.
Boukharine Nicolas ; Husson Michel ; Naville Pierr
L'économie marginaliste est aujourd'hui enseignée dans toutes les facultés. Les principaux ouvrages d'économie y font référence. Elle est au coeur de la théorie économique libérale. C'est aux fondements de cette théorie que s'attaque L'Économie politique du rentier. Rédigé en 1914, le manuscrit a été retrouvé et publié en 1919. Entretemps. l'auteur était devenu l'un des dirigeants de la Révolution russe. Parue en français seulement en 1972. cette première édition est épuisée depuis de nombreuses années. Pour Pierre Naville, qui avait préfacé cette édition. "la construction du livre est très claire. Boukharine situe d'abord l'école marginale autrichienne par rapport à l'école historique et à ses précurseurs, du point de vue du caractère logique de leurs théories. On remarquera que cet exposé fait ressortir une opposition bien actuelle: celle qu'Aristote instaurait déjà entre genèse et synthèse, que l'on appelle souvent aujourd'hui histoire et structure. Boukharine expose clairement comment Marx a su combiner ces deux formes dans le jeu de l'évolution et des catégories. parce qu'il en a saisi la source où il faut; dans le travail, qui est d'abord activité pratique. production. puis système. Il étudie ensuite tout ce qui sépare la méthodologie originelle du marginalisme (subjectivisme, individualisme. consommation) de la méthodologie marxiste (dialectique, production. objectivation). Puis il traite systématiquement de la théorie de la valeur proprement dite, du profit et de sa distribution. L'ouvrage est assez clair dans sa démarche et dans la présentation des matériaux pour qu'il soit inutile de le résumer."
Richard Müller n'était ni un théoricien ou un politicien comme Rosa Luxemburg ou Karl Liebknecht, mais un ouvrier tourneur, simple adhérent du SPD d'avant 1914, l'un de ces héros que l'Histoire tire de l'ombre avant de l'y replonger, une fois sa tâche accomplie. A la tête du réseau des Délégués révolutionnaires, créé en 1916 pour résister au militarisme, il fut, plus que la Ligue Spartakus, "l'homme de la Révolution de novembre". A travers son action, nous découvrons les ressorts prosaïques des événements, souvent plus décisifs que les discours enflammés et les postures héroïques. Modéré, "centriste", il s'opposera au soulèvement prématuré de janvier 1919 à Berlin et à l'aventureuse "Action de mars" de 1921, lancés par le Parti communiste. Pas toujours avisé dans ses choix, il était aussi parfois courageux et déterminé, à l'image finalement de la classe ouvrière allemande de ces années-là. Partisan d'une "République des conseils", adhérant au KPD en 1920, comme la majorité des socialistes de gauche, il en sera assez vite écarté de fait par la bolchévisation. Après la publication de précieuses Mémoires au milieu de la décennie, il abandonnera toute activité politique pour une inattendue carrière de promoteur immobilier, qu'il mènera sans trop de scrupules.
Ernst, lycéen dans une petite ville de l'Allemagne du sud, s'éveille à toutes les complexités de la vie. Les injustices et les inégalités sociales, la mesquinerie et la médiocrité de nombre de ses camarades de classe qui prennent plaisir à persécuter plus faible ou plus sensible qu'eux le heurtent, ainsi que la méchanceté et l'hypocrisie de beaucoup d'adultes. L'éveil de sa sexualité, impérativement attrayante mais que l'ignorance et l'hypocrisie rendent mystérieuse, lui valent bien des déboires et des frayeurs. Sa solidarité spontanée avec un jeune Juif, souffre-douleur d'un maître de gymnastique sournoisement antisémite, le rapproche d'un garçon plus averti et plus mûr que lui, fils d'un ancien officier anticonformiste. Brutalement, cette société bien ordonnée bascule dans la guerre et bouleverse le quotidien. Emportés par la vague nationaliste, tous les habitants se retrouvent dans une grande union chauvine : bourgeois et petits-bourgeois se sentent pousser des ailes de héros, les ouvriers sont abreuvés de musique militaire et de discours patriotiques, les militants socialistes sont trahis, abandonnés par leurs chefs dont les idées chancellent. Tous, bras dessus bras dessous, s'engagent dans la guerre que l'on annonce courte et... victorieuse.