Apologétique et raison dans les "Pensées" de Pascal
Bouchilloux Hélène
KLINCKSIECK
60,00 €
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EAN :9782252030004
Les Penses de Pascal ne posent pas seulement des problmes d'tablissement du texte, de datation et de classement des fragments qui les composent ; elles posent au philosophe le problme de leur sens. cet ouvrage rcuse les interprtations qui, rduisant les Penses la perspective apologtique, achoppent invitablement sur le caractre dlibr du dsordre, l'largissement du propos, la multiplication des protagonistes. Car on peut rsoudre cette triple difficult sans amputer le texte, pourvu qu'on dcle derrire le discours de la preuve, proprement apologtique, un discours sur les conditions et sur les fins de la preuve, qui est d'un tout autre ordre. Conformment aux opuscules De l'esprit gomtrique et De l'art de persuader auxquels il faut se reporter pour rflchir sur les mcanismes de la crance et sur son drglement, Pascal ne vise pas convaincre le libertin de la vrit du christianisme qu'il ne veut pas croire mais, par le biais d'une dmonstration de cette vrit apparente la vrification des hypothses en physique, le convaincre au moins de son impuissance croire et justifier ainsi, avec le contenu de la foi, la forme mme de la foi. Si la mtaphysique cartsienne permet la raison d'prouver sa finitude en rigeant au-dessus d'elle l'infinit incomprhensible du Dieu qui garantit ses vrits, l'apologtique pascalienne, en attestant sa corruption, double son usage dmonstratif d'un usage critique qui place la thologie au centre de toutes ses vrits. C'est donc la lumire du dispositif qui provoque l'clatement des Penses qu'il convient de lire l'uvre entire afin d'apercevoir sa rigoureuse systmaticit et d'en reconnatre la porte anticartsienne.
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Nombre de pages
304
Date de parution
03/05/2000
Poids
492g
Largeur
160mm
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EAN
9782252030004
Titre
Apologétique et raison dans les "Pensées" de Pascal
Auteur
Bouchilloux Hélène
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
492
Date de parution
20000503
Nombre de pages
304,00 €
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Spinoza est-il un adversaire de la religion ? Rien n'est moins sûr. Dès la correspondance avec Guillaume de Blyenbergh, il admet l'existence de deux voies de salut hétérogènes : par la philosophie et par la religion, par l'intelligence et par la charité. Y a-t-il là quelque incohérence ? Rien n'est moins sûr. Il s'agit dans cet essai de montrer pourquoi et comment coexistent ces deux voies de salut hétérogènes. Par là même, Spinoza s'avérera unique, un hapax dans la constellation des grands philosophes du XVIIe siècle, et s'éclairera l'accusation d'athéisme prononcée de manière récurrente à son encontre.
Résumé : Les Méditations sur la philosophie première ne sont ni un roman qu'on pourrait parcourir d'une traite ni un objet scientifique qu'on pourrait mettre en pièces (ce que le commentaire universitaire a parfois tendance à oublier). On ne peut comprendre le texte qu'en épousant le mouvement de la pensée qui s'y déploie, quitte à le ponctuer de plusieurs stations, c'est-à-dire qu'en lisant de manière méditative ce que Descartes a lui-même écrit de manière méditative. A l'effort méditatif de l'auteur doit ainsi répondre l'effort méditatif du lecteur.
Il n'existe à ce jour, du moins dans les études cartésiennes en langue française, aucun livre totalement consacré à la question de la liberté ou consacré à la question de la liberté en sa totalité. Or on peut considérer que la question de la liberté est pourtant la question fondamentale de la métaphysique de Descartes, plus fondamentale encore que la question de la science, puisque la véracité divine sur laquelle repose la science ne se substitue à l'hypothèse de la tromperie divine que parce que la volonté humaine découvre d'abord, par la démarche du doute, qu'elle est la faculté de résister à toute tromperie et de ne faillir jamais, en dépit de sa faillibilité naturelle, que par sa propre négligence. Contrairement à ce que soutient un certain nombre de lecteurs et de commentateurs de Descartes, celui-ci n'a jamais changé de sentiment, ni sur la liberté humaine dont la doctrine s'élabore de 1641 (4e Méditation) à 1645 (lettres à Mesland du 9 février), ni sur la liberté divine dont la doctrine s'élabore de 1630 (correspondance avec Mersenne sur la création des vérités éternelles) à 1648 (Entretien avec Burman), ni sur leur articulation, la liberté de l'homme ne répondant à la liberté de Dieu que sur la base d'une opposition essentielle. La notion de libre arbitre, appréhendée en sa technicité, s'avère le pivot de cette opposition. Aussi la traversée des textes est-elle inséparable d'un rigoureux travail de conceptualisation : il faut définir de manière progressive - autrement dit construire - les notions d'arbitre, de libre arbitre, de liberté, d'indifférence, pour voir comment les textes se complètent sans jamais se renier.
Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
Acquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; Wil
Précédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee Jeon
Ce livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.