La question de la République et du républicanisme à l'époque moderne est au centre de nombreux travaux depuis une trentaine d'années. Les interrogations actuelles sur ce qu'il est convenu d'appeler la " crise de la démocratie " ne sont sans doute pas étrangères à cet intérêt renouvelé. La République et le républicanisme ne sont pas au XVIIIe siècle seulement des " traditions " issues de la philosophie antique ou de celle de l'Italie de la Renaissance. II existe en Europe un certain nombre d'États républicains dont l'expérience pratique contribue à former la pensée politique des Lumières. Parmi ceux-ci, la Pologne est l'enjeu d'un débat important sur la question de la modernité du républicanisme. Les deux plus importantes contributions à ce débat ont été celles de Jean-Jacques Rousseau et de Gabriel Bonnot de Mably, tous deux sollicités par les envoyés des " patriotes " polonais en France afin de donner leur avis sur les réformes nécessaires pour sauver la république polonaise. Si le texte des Considérations sur le gouvernement de Pologne de Rousseau (1771) est bien connu, Du gouvernement et des Loix de Pologne (1770-1771) de Mably l'est beaucoup moins. Pourtant le texte de Rousseau est largement inintelligible sans la connaissance de celui de Mably auquel il répond. Ces deux textes s'insèrent par ailleurs dans une discussion beaucoup plus large qui commence au début des années 1760 et s'achève vers 1780 et qui fait de l'histoire de la Pologne un élément important de la réflexion politique des Lumières. Pour replacer la production de Mably dans ce contexte, l'introduction présente la République polonaise et ses institutions, puis les grandes lignes des conflits militaires et diplomatiques qui agitent la Pologne dans les années 1760-1780, avant d'évoquer les principaux thèmes du débat des Lumières sur la Pologne. Cette édition comprend l'intégrale des textes écrits par Mably sur ce sujet : Du Gouvernement et des Loix de Pologne (1770), De la situation de la Pologne en 1776 et Le Banquet des Politiques. Ces documents sont un témoignage de premier plan de la réflexion des Lumières sur la démocratie et la République qui n'a pas épuisé son intérêt aujourd'hui.
Nombre de pages
383
Date de parution
05/03/2008
Poids
500g
Largeur
145mm
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EAN
9782841744497
Titre
Du gouvernement et des lois de la Pologne
Auteur
Bonnot de Mably Gabriel ; Belissa Marc
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
500
Date de parution
20080305
Nombre de pages
383,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Admiré à l'égal de Rousseau par les révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, utilisé comme référence par les apprentis diplomates dans toute l'Europe, Mably (1709-1785) est l'un des philosophes des Lumières qui a le plus influencé la pensée du XVIIIe siècle sur les relations internationales. Les Principes des négociations (1757) s'inscrivent dans le débat sur les relations entre les Etats qui parcourt toute l'époque moderne. La contribution de Mably est capitale. Les Principes des négociations contribuent à fixer une norme de même importance, dans le domaine restreint des relations entre les peuples, que L'Esprit des Lois pour l'ensemble de la réflexion politique des Lumières. Le projet de Mably est de fonder une science morale des négociations. Il s'agit de montrer qu'au-delà des événements et de l'action des passions des hommes d'Etat, il existe des éléments objectifs qui déterminent les relations entre les peuples. La critique mablienne de l'ordre européen est une remise en cause globale de la politique internationale de son temps. Elle ne se contente pas d'une condamnation morale des pratiques de la diplomatie d'Ancien Régime, mais cherche en profondeur les causes structurelles des conflits qui ensanglantent l'Europe et le monde. Ces facteurs premiers des guerres entre les puissances, Mably les trouve dans l'organisation des Etats et dans une politique économique d'accumulation primitive. La société internationale et le modèle de l'Etat-nation qui lui sert de base traversent aujourd'hui une crise de redéfinition. Cette phase historique de transition réactualise la problématique de la paix et de la puissance au centre de l'?uvre de Mably. Bien que vieux de plus de deux siècles, le programme mablien de justice, de modération et de transparence dans les relations internationales peut encore nous aider à penser les dialectiques de la puissance et du droit, de l'hégémonie et de la régulation, de la politique et de la morale.
Redécouvrir Mably, c'est reconnaître les Lumières qui s'opposent aux prétentions des nouvelles " sciences économiques " à substituer à la souveraineté politique, la liberté du propriétaire, du commerçant ou du financier. C'est se situer dans un contexte de crise ou de contradiction entre l'homme politique et l'homme économique, crise qui peut éclairer notre temps et ses tentations de désespoir politique de ne pouvoir combattre les passions de l'enrichissement et la perte accrue de l'égalité. Mably suit les vrais événements de son temps pour établir une sorte d'internationale des esprits libres qui défendent les réformes politiques nécessaires, pour une société plus égalitaire. Il ne fournit donc pas une doctrine qui se voudrait certaine, à la façon des physiocrates, mais une démarche où l'étude de l'histoire joue un rôle à la fois critique et éducatif pour l'ensemble du peuple, afin de restituer à l'humanité son droit à reconstruire un devenir libre. Mably se livre ainsi à une critique extraordinairement lucide de la révolution américaine ou de la Chine, tandis qu'il s'intéresse aux pays rendus novateurs par leur " génie " égalitaire. Réédition d'un texte classique oublié, accompagné d'une présentation qui montre l'actualité de cet écrit et son inscription dans la tradition de la philosophie sociale, l'ouvrage de Mably fait la critique du despotisme de ceux qu'on appellerait aujourd'hui les " experts ".
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.