Minorités et régulations sociales en Méditérranée médiévale
Boissellier Stéphane ; Clément François ; Tolan Jo
PU RENNES
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EAN :9782753510654
Le thème des minorités n'a émergé que tardivement dans l'historiographie socio-économique, principalement sous la forme des recherches consacrées à la pauvreté; c'est surtout l'histoire religieuse et culturelle, notamment après les inflexions données par l'anthropologie historique, qui, plus récemment, a repris les dossiers des déviances religieuses et des exclusions. Pour les temps médiévaux, surtout à partir de la "révolution grégorienne", l'accent est mis surtout sur le facteur religieux, comme élément discriminatoire majeur opposant l'ecclesia des fidèles à des groupes déviants numériquement minoritaires. Comme son titre l'indique, ce volume entend diversifier les approches, par une forte intégration des modèles sociologiques, en envisageant les processus d'exclusion comme des mécanismes indispensables à la construction des sociétés; les groupes "minoritaires" (et pas forcément au sens numérique) issus de ces processus ne sont que l'institutionnalisation de positionnements sociaux: à côté du volontarisme politique - évident quand on étudie ces groupes pour eux-mêmes - qui se caractérise par des "mesures d'exception" discriminatoires, il nous semble qu'il existe des "effets de système" conduisant les régulations sociales ordinaires à inférioriser jusqu'à des pans entiers du corps social, par rapport à un système de valeurs exigeant et élitiste. Ainsi, les femmes, les cadets de famille, les indigènes soumis à des processus de conquête militaire et même les paysans doivent être intégrés dans notre analyse, au même titre que les Juifs ou les hérétiques. Mais tout n'est pas noir avant l'invention de la citoyenneté de masse. A l'échelle locale, essentielle aux temps médiévaux, les communautés d'habitants fonctionnent assez bien comme machines à intégrer. Et la tolérance sociale s'oppose à l'intolérance idéologique, dans des rapports complexes avec les processus d'exclusion eux-mêmes. Une autre originalité de ce livre est d'associer presque à égalité, dans le cadre de la Méditerranée médiévale, les zones de culture arabo-musulmane et celles de culture latino-chrétienne, dans une perspective comparative que nous pensons fructueuse.
Nombre de pages
350
Date de parution
10/06/2010
Poids
545g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753510654
Titre
Minorités et régulations sociales en Méditérranée médiévale
Auteur
Boissellier Stéphane ; Clément François ; Tolan Jo
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
545
Date de parution
20100610
Nombre de pages
350,00 €
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Boissellier Stéphane ; Darbord Bernard ; Menjot De
La Péninsule ibérique, qui est une unité géographique évidente (aux yeux des étrangers?), devient au Moyen Âge, une fois passée la phase d?unité wisigothique, une zone de particularismes politiques et de grande diversité culturelle. Cette complexité s?exprime particulièrement dans la variété des langues vulgaires. Au sud, l?arabe joue un rôle notable dans la culture écrite, et c?est là une des principales originalités hispaniques par rapport au reste de l?Occident médiéval, mais il voisine avec des dialectes romans dits " mozarabes ", employés massivement dans la communication verbale. Au nord, la différenciation politique, entre le VIIIe et le XIIe siècle, renforce la diversification linguistique, avant que des processus d?expansion et de centralisation, entre le XIe et le XVe siècle, ne conduisent à la domination, au moins à l?écrit, des normes linguistiques castillane (dans le centre de la Péninsule) et galégo-portugaise (à l?ouest), aux dépens de dialectes qui leur sont de toute façon assez proches (léonais, navarrais, aragonais) et aussi aux dépens l?arabe. Enfin, à l?est, le catalan, qui franchit les Pyrénées, appartient aux langues d?oc, et les régions ibériques catalanophones, qui sont d?ailleurs d?une richesse documentaire sans pareille, ont une histoire très liée au monde Franc, depuis l?intervention carolingienne ; pour ces raisons, ce domaine linguistique est exclu de ce volume, comme le basque et l?arabe en tant que tel. C?est de cette richesse que ce livre veut rendre compte. Sans être aussi précoce que les pour langues germaniques, l?emploi des langues vulgaires ibériques à l?écrit s?observe assez tôt, à partir du début et plus encore du milieu du XIIIe siècle, et surtout il devient rapidement massif, en complément du latin : il est donc essentiel, à qui veut étudier et comprendre l?histoire des populations médiévales de la Péninsule ibérique, d?accéder aux textes rédigés dans ces idiomes, d?autant plus que les écrits du bas Moyen Âge constituent, au moins autant qu?ailleurs, la plus grande masse de la documentation conservée. Dans ce but, le parcours proposé ici est triple : les traductions en regard des textes originaux, avec leurs commentaires philologiques, permettent de s?initier rapidement aux règles linguistiques nécessaires à une lecture suivie - le choix des documents, qui tente de refléter ce qui subsiste et même ce qui a existé, des textes médiévaux, et leur classement en fonction des pratiques sociales et culturelles offrent un panorama complet et représentatif des registres de langues, depuis les plus modestes chartes de ventes jusqu?aux récits de fiction les plus élaborés, les chapitres introductifs et les bibliographies de travail constituent un guide pour la recherche historique
Baron Nacima ; Boissellier Stéphane ; Clément Fran
Les limites et les frontières ne sont pas une anecdote érudite ou formelle. Tout d'abord, la vie des êtres humains a été délimitée et précisée parles limites juridictionnelles locales (communautés d'habitants, seigneuries et paroisses) et par les aires d'influence des communautés urbaines. Treize cas, concentrés en France et s'étendant jusqu'au Bas-Rhin et la côte atlantique portugaise en passant par la Catalogne, sont ici analysés par de prestigieux historiens, afin de saisir les axes qui permettent de reconnaître et de délimiter l'espace local depuis la fin de l'Empire romain jusqu'à la fin du Moyen Age. Il s'agit d'une période de formation pour l'identité européenne, où le profil territorial joua un rôle essentiel qu'il faut connaître afin de saisir de façon appropriée les racines du présent.
Baloup Daniel ; Boissellier Stéphane ; Denjean Cla
Depuis quelques années, les étudiants des universités françaises disposent de plusieurs manuels consacrés au Moyen Âge ibérique. Mais il manquait un recueil de documents traduits, présentés et accompagnés d'un appareil bibliographique suffisant pour en entreprendre le commentaire. Ce livre prétend donc combler une lacune. Il s'adresse, en priorité, aux étudiants des premier et deuxième cycles d'histoire, d'espagnol et de portugais. Ses auteurs, spécialistes de la péninsule Ibérique au Moyen Âge, ont sélectionné des textes qui permettent d'approcher les grands thèmes qui font la singularité de cette histoire sans égale: la Reconquête, l'occupation et l'exploitation des terres prises aux musulmans, la coexistence des trois religions, la persécution de la minorité juive, les judéo-convers et l'Inquisition, l'expansion outre-mer... Leur choix s'est parfois porté sur des documents très connus, très souvent cités mais encore inaccessibles en français. Ils ont aussi voulu livrer au lecteur des textes rares, directement tirés des archives. Car leur ouvrage, au-delà de sa fonction pédagogique, est également une invitation à la recherche. Par la découverte d'un patrimoine documentaire exceptionnel, ils espèrent nourrir la curiosité et, pourquoi pas, susciter des vocations. Le lecteur qui désire aller plus loin dans la connaissance des sources médiévales ibériques trouvera au début du livre un exposé succinct mais détaillé sur les instruments de travail qui pourront accompagner ses premiers pas dans l'exploitation de la documentation des Couronnes de Castille et d'Aragon et du royaume de Portugal. La Péninsule Ibérique au Moyen Âge a donc, pour le moins, vocation à renouveler le fonds des documents qui sont habituellement utilisés comme supports pour l'exercice de commentaire de texte. Il peut aussi servir d'introduction à un domaine d'investigation fascinant qui demeure pourtant trop peu mis en valeur dans les programmes de l'enseignement supérieur.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.