La sexualité est l'un des derniers grands chantiers ouverts par Michel Foucault. L'Histoire de la sexualité est une entreprise immense, qui marqua profondément le champ des sciences humaines : dans les deux volumes portant sur l'Antiquité, Michel Foucault allait proposer de nouveaux epistemai aux spécialistes pour aborder les sociétés grecque et romaine, et un nouveau cadre épistémologique pour penser l'érotisme et le processus par lequel l'individu est amené à se reconnaître comme sujet de son désir et de sa propre existence. Qu'en est-il, trente ans après ? Comment définir l'impact dans le champ des sciences humaines des travaux de Michel Foucault sur la sexualité et l'Antiquité, au moment où paraît le volume Subjectivité et vérité - le premier cours de Michel Foucault au Collège de France entièrement consacré à l'Antiquité gréco-romaine ? Et quel est l'usage qu'en font actuellement les anthropologues des mondes grec et romain, vingtcinq ans après l'ouvrage pionnier Before Sexuality : The Construction of Erotic Experience in the Ancient Greek World ? Dans cet ouvrage, il s'agit de comprendre comment les travaux de Michel Foucault ont infléchi les réflexions des chercheur-e-s et des intellectuel-le-s qui s'appuient aujourd'hui sur l'Antiquité dans les champs nombreux que sont l'éthique, les études de genre, la philosophie, l'histoire, l'anthropologie, la politique et la psychanalyse.
Nombre de pages
196
Date de parution
09/02/2016
Poids
265g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841747399
Titre
Foucault, la sexualité, l'Antiquité
Auteur
Boehringer Sandra ; Lorenzini Daniele
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
265
Date de parution
20160209
Nombre de pages
196,00 €
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En Grèce ancienne et dans la Rome antique. on ne parle pas d'"homosexuels" ni d'"hétérosexuels" car ces catégories n'ont pas cours à ces époques. Les pratiques sexuelles ne sont pas passées sous silence pour autant, mais elles sont perçues et évaluées selon des critères qui engagent la citoyenneté, la maîtrise de soi, ou encore l'âge ou les modalités du rapport érotique. Certaines de ces pratiques, cependant, échappent à ces critères et ont été peu étudiées jusqu'à présent: il s'agit des relations sexuelles entre femmes. Loin de ce que l'on imagine aujourd'hui de l'"Amazone" ou de la femme débauchée et adonnée à la luxure, loin également des images d'Epinal des amours saphiques et éthérées, la littérature et les documents figurés se font l'écho d'attitudes et de représentations que Sandra Boehringer entreprend ici de recenser, de déchiffrer et d'analyser. Ce faisant, elle esquisse la cartographie d'un système antique de genre, révélant une organisation sociale fortement codifiée. Dans le monde grec et romain, les lois du désir sont très différentes des nôtres, et l'érotisme s'invente là où l'on ne l'attend pas.
Peut-on porter un regard neuf sur l'Antiquité ? C'est ce que montre cet ouvrage qui propose une analyse originale des sources classiques à travers la question essentielle du genre et de la sexualité. Ce volume propose un voyage dans le monde gréco-romain à travers une soixantaine de documents commentés et pose un regard différent sur les grandes figures historiques ou mythiques de l'Antiquité et plus généralement sur les hommes et les femmes du temps, leurs actions et leurs fonctions. Cette approche inédite révèle une société autrement subtile que celle que nous a léguée l'imagerie traditionnelle et démontre que le genre comme méthode d'analyse permet une extension du domaine de l'histoire. Une équipe des meilleurs spécialistes de la période nous offre une vision unique de la société antique en convoquant les plus grands auteurs et des sources de nature variée (poésie, théâtre, histoire, discours d'orateurs, images, inscriptions, etc.). Mêlant réflexion innovante et démarche méthodologique, cette synthèse des travaux récents sur la question fournit à l'étudiant, mais aussi à l'enseignant, un remarquable outil de travail, qui donne un nouveau souffle à la réflexion historienne.
Peut-on porter un regard neuf sur l'Antiquité ? C'est ce que montre cet ouvrage qui propose une analyse originale des sources classiques à travers la question essentielle du genre et de la sexualité. Ce volume propose un voyage dans le monde gréco-romain à travers une soixantaine de documents commentés et pose un regard différent sur les grandes figures historiques ou mythiques de l'Antiquité et plus généralement sur les hommes et les femmes du temps, leurs actions et leurs fonctions. Cette approche inédite révèle une société autrement subtile que celle que nous a léguée l'imagerie traditionnelle et démontre que le genre comme méthode d'analyse permet une extension du domaine de l'histoire. Une équipe des meilleurs spécialistes de la période nous offre une vision unique de la société antique en convoquant les plus grands auteurs et des sources de nature variée (poésie, théâtre, histoire, discours d'orateurs, images, inscriptions, etc.). Mêlant réflexion innovante et démarche méthodologique, cette synthèse des travaux récents sur la question fournit à l'étudiant, mais aussi à l'enseignant, un remarquable outil de travail, qui donne un nouveau souffle à la réflexion historienne.
Diriger un choeur, faire du commerce, décider, conseiller ou faire la guerre sont autant de pratiques qui ne sont pas réservées aux hommes : la reconnaissance des qualités et des compétences qui permettent d'assumer de façon efficace une fonction suit des logiques propres aux différents contextes et dépasse une simple opposition entre femmes et hommes grecs. Par la pratique d'une anthropologie du genre, l'ouvrage offre une lecture renouvelée de ces contextes sociaux, économiques et politiques.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.