Les chroniques de Sylvie Blanchet nous plongent dans le quotidien d'une cité populaire dont l'apparente banalité tait immédiatement sens. L'attention apportée au menu détail, à ce que l'on voit sans toujours le remarquer, compose au fil de ces tranches de vie d'enfances populaires et écolières, un tableau profondément humain et sensible, touchant et parfois poignant. Sans misérabilisme ni dénonciation, l'auteur se rapproche avec justesse au plus près de l'existence de ces familles et de ces enfants qu'elle côtoie, depuis de longues années, dans son métier d'enseignante spécialisée. Loin d'exalter l'étrangeté d'autres cultures, elle nous invite à rendre familiers ceux que l'on croyait si différents. Elle enrichit progressivement notre connaissance de ce qui construit ces vies nichées dans les marges et les interstices de la société et de la scolarité. Non pour dresser une irréductible barrière entre "eux" et "nous" mais pour souligner combien il peut être nécessaire de ne pas généraliser ni de figer les trajectoires et le devenir d'individus dont on découvre les ressources et capacités d'adaptation. Particulariser le social, c'est considérer la dimension individuelle au sein d'un même groupe ou d'une même famille, bref, réintroduire la complexité, l'histoire et la singularité au coeur de nos destinées (Pierre Périer).
Nombre de pages
156
Date de parution
16/02/2013
Poids
203g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782353713066
Titre
La cité des enfants
Auteur
Blanchet Sylvie ; Périer Pierre
Editeur
CHAMP SOCIAL
Largeur
135
Poids
203
Date de parution
20130216
Nombre de pages
156,00 €
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L'histoire, hétérogène, liée à de multiples variantes, des constructions provisoires de l'après-guerre a surgi au tournant des années 2000 dans les villes les plus sinistrées (Brest, Lorient...) Concernant Orléans, des logements provisoires ont fleuri sur pas moins de 27 sites. Les derniers n'ont été résorbés qu'en 1978 : en 1964 encore, la Ville passait commande pour de nouvelles « baraques » !Néanmoins, contrairement aux villes les plus sinistrées, Orléans n'a compté qu'un seul village provisoire, celui des Groues. Durant près de 30 années, ses habitants y ont, comme ceux des villages nazairiens ou havrais, vécu dans une certaine autarcie. Fortement stigmatisés mais aussi fortement soudés, leur vécu n'est pas sans évoquer celui des habitants de nos actuels quartiers prioritaires.
Si l'on s'intéresse volontiers aux adolescents des quartiers populaires, si leur reflet est bien présent dans l'imaginaire collectif, rien de tel pour les enfants : absents de la littérature, de la chanson et du cinéma comme de la presse écrite, ces enfants-là sont invisibles. Ces enfants-là pourtant existent. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont à affronter, dès leurs premières années, des réalités de vie difficiles : particulièrement exposés aux violences de leur quartier, ils ont à composer avec la précarité et la disqualification sociale qui frappent leurs parents... Ils ont à composer, très souvent, avec l'exil... Ils ont aussi, pour nombre d'entre eux, à composer avec l'ombre de la guerre qui flotte sur leur pays d'origine. A travers le portrait de quelques-uns de ces enfants, rencontrés par l'auteur dans le cadre scolaire, c'est l'image d'une autre enfance que l'on percevra. C'est aussi, en arrière-plan, l'image d'une autre école, une école où les photos de classe ressemblent, en moins chic, aux publicités " Benetton " tant les couleurs de peau sont variées. Cet ouvrage s'adresse en premier lieu à ceux et celles qui travaillent auprès d'enfants et de jeunes des quartiers populaires, qu'ils soient éducateurs, enseignants ou travailleurs sociaux. Mais étant accessible aux profanes de la chose psycho-éducative, il intéresse également ceux et celles qui ont envie de faire la connaissance de ces enfants invisibles.
Seize années durant, entre 1950 et 1967, Orléans a été le quartier général des troupes américaines de l'OTAN. Quels ont, durant cet épisode de la guerre froide, été les liens entre les autorités américaines et françaises ? Comment Américains et habitants de l'Orléanais ont-ils cohabité ? Quels souvenirs les uns et les autres conservent-ils de cette cohabitation ? En quoi et pourquoi la mémoire orléanaise est-elle à la fois assez proche et sensiblement différente de celle qui prévaut dans d'autres villes de France, telles Verdun, Evreux ou Châteauroux, également impactées par la présence américaine ? C'est ce que cet ouvrage entend explorer, prenant appui sur des documents d'archives et des témoignages, tant américains que français.
Début février 1939 : quelque 2 500 réfugiés espagnols arrivent dans le Loiret. Juin 1940 : ses habitants fuient devant l'invasion allemande. Entre ces deux déplacements massifs de population, l'entrée en guerre : on prépare pour ceux que l'on qualifie de "Poilus" des colis et des gâteaux Gamelin ; dans les champs, ces mêmes Poilus sont remplacés par des travailleurs belges, espagnols ou maghrébins ; les ressortissants du Reich quant à eux sont dirigés vers l'un ou l'autre des trois centres de rassemblement que compte le département. Mais l'entrée en guerre, ce sont aussi des femmes qui deviennent opératrices en radio-électricité, des hommes médaillés lors de concours de familles nombreuses, des "jours sans" et des écoles qui reçoivent des enfants parisiens. Tandis que l'on s'initie à l'usage du masque à gaz, pacifistes et communistes, ou présumés tels, sont arrêtés... Soit de multiples bouleversements, dont la presse quotidienne régionale rend à sa façon et au jour le jour compte.
Mazereau Philippe ; Leboiteux Dominique ; Rose Pie
Il est intéressant de se décentrer de la phobie comme entité clinique pathologique pour l'aborder sous l'angle des capacités empathiques de l'environnement, c'est-à-dire des réponses à des besoins. La phobie scolaire est un processus plus complexe que les autres phobies (de situation) par la diversité de ses manifestations. La question de la non adhésion de certains enfants aux normes sociales, celle d'une inadaptation à la règle ou à la loi ou encore celle du refus de l'école, lié ou non à des faits de harcèlement, méritent d'être posées, au-delà de la définition psychopathologique classique. C'est pourquoi il est intéressant de se décentrer de la phobie comme entité clinique pathologique pour l'aborder sous l'angle des capacités empathiques de l'environnement, c'est-à-dire des réponses à des besoins singuliers, qui peuvent, par exemple, prendre la forme de l'aménagement des modalités d'accueil à l'école, au collège, au lycée. Si l'enfant ou l'adolescent éprouve des difficultés à construire le lien avec l'autre, la mise en œuvre d'adaptations, dans le cadre scolaire, permettant une meilleure adéquation entre la demande de l'école et lui-même peut contribuer à résoudre le problème et à surmonter la crise.