Réflexion faite réunit un ensemble de textes, écrits entre 1950 et 1962, qui précèdent et préparent l'extraordinaire travail de pensée auquel Bion se livrera, en l'espace de quelques années, dans Aux sources de l'expérience (1962), Éléments de la psychanalyse (1963) et Transformations (1965). C'est après coup, au terme de ce parcours théorique, que Bion fait paraître en 1967 un recueil de ses premiers articles, sous le titre de « pensées secondes »: réflexion faite, il revient aux sources de sa pensée, regroupe les travaux nés de son expérience clinique avec des patients schizophrènes et les fait suivre d'un commentaire destiné à souligner les transformations survenues dans sa conception de l'analyse. Voici donc rassemblées les premières pensées d'un psychanalyste qui, à la suite de Melanie Klein, entreprend d'explorer le champ de la psychose à la lumière des processus du clivage et de l'identification projective. En s'appuyant sur ces mécanismes schizoïdes, Bion est amené à comprendre la psychose comme le résultat d'une véritable « catastrophe primitive »: une explosion de la personnalité dont les « particules », projetées au-dehors, donnent naissance aux « objets bizarres » qui environnent le patient. Son apport le plus original, cependant, est de montrer que ces processus de fragmentation et d'expulsion ne portent pas seulement sur les objets internes contenus dans un espace psychique déjà constitué, mais sur le propre appareil de perception et de pensée du sujet, dans sa fonction originaire de liaison à la réalité externe et interne. Ce sont les « attaques contre la liaison » observées dans la situation analytique qui détermineront Bion à développer une théorie de l'activité de pensée dont il fera l'axe majeur de son élaboration future.
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Nombre de pages
191
Date de parution
07/06/2001
Poids
250g
Largeur
135mm
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EAN
9782130520610
Titre
Réflexion faite
Auteur
Bion W-R
Editeur
PUF
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135
Poids
250
Date de parution
20010607
Nombre de pages
191,00 €
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En tant que psychanalyste, je suis frappé par le fait que le traitement psychanalytique de l'individu et l'analyse du groupe telle qu'elle est décrite dans les pages qui suivent s'attaquent à des aspects différents du même phénomène. La combinaison des deux méthodes fournit au praticien quelque chose comme les rudiments d'une vision binoculaire. Les observations peuvent être divisées en deux catégories dont l'affinité est mise en évidence par des phénomènes qui, considérés par la première méthode, sont centrés sur la situation oedipienne en rapport avec le groupe de couplage, et par la seconde, apparaissent centrés sur l'image du sphinx, symbole des problèmes de la connaissance et de la méthode scientifique. W.R. BION
Résumé : Publié en 1970, cet ouvrage propose une nouvelle phase du développement d'une théorie que l'auteur a présentée dans ses ouvrages précédents (en particulier Eléments de psychanalyse et Transformations). W-R. Bion, à partir de son expérience psychanalytique, tente de résoudre l'immense difficulté que présentent l'observation, l'estimation et la communication d'une expérience qui ne relève pas des sens. Il insiste sur l'importance de la manière dont on considère les phénomènes mentaux, tels qu'ils se manifestent dans les individus ou dans les groupes. Les influences qui s'interposent entre l'observateur et le sujet de son étude, et qui engendrent certaines obscurités, sont examinées en même temps que le moyen de les contrôler. Cela pose le problème du langage : pour formuler et communiquer, l'analyste est obligé de recourir à des formules qui viennent de l'expérience des sens et qui concernent un contexte tout différent. Partant des théories de Mélanie Klein, la discussion débouche sur les dogmes théologiques et sur les mathématiques et propose une analogie entre certains concepts psychologiques et la théorie mathématique des ensembles.
Voici venu le moment de la post-réalité. Après les attaques contre la vérité ensevelie sous les fausses informations et la polarisation des opinions, nous vivons l'aube d'une nouvelle étape qui va mettre en péril le socle de notre vie commune ; elle tire son eau de la dérégulation généralisée du désir et entend redéfinir notre rapport à la réalité. Exprimant un invariant de l'espèce humaine sous une forme inédite et soudaine, cette dérégulation est exaltée par de nouveaux courants idéologiques et le développement de technologies telles que l'IA ou la réalité virtuelle. Jusqu'où cela pourra-t-il nous conduire ? Pour y répondre, ce livre nous entraîne à la rencontre de mondes sociaux étonnants et de communautés extraordinaires, qui ont en commun de vouloir contourner, corrompre, hybrider ou encore ductiliser le réel. Les individus qui en font partie ne sont d'ailleurs pas aussi peu nombreux que leur excentricité pourrait le faire croire... Avec la rigueur et la clarté qui lui sont propres, Bronner interroge alors l'avenir : sommes-nous encore capables de préserver un socle commun de réalité ou condamnés à une ère où chacun forgera son propre monde ? Au croisement de la sociologie, de l'économie et des sciences cognitives, cet essai puissant sur les enjeux du monde de la post-vérité vient clore le triptyque commencé avec La démocratie des crédules (Puf, 2013) et poursuivi avec Apocalypse cognitive (Puf, 2021).
Résumé : L'histoire de l'ivresse est l'histoire d'une fascination oscillant entre exaltation romantique et dénonciation scandalisée - entre l'esthétisation et la moralisation. Pourtant, nombreux sont ceux qui, de tous temps et dans toutes les cultures, ont refusé cette alternative pour plutôt s'interroger sur ce que l'ivresse fait - sur les puissances insoupçonnées qu'elle recèle. De la Bagdad du IXe siècle au New York du XXe, de la France médiévale au Japon de l'ère Meiji, poètes, philosophes, écrivains, alchimistes ou simples ivrognes ont exploré, de manière souvent vacillante et imbibée, ce que l'ivresse change dans le domaine de l'art comme dans celui de la science, dans celui de la politique comme dans celui de l'éthique - et jusqu'à celui de l'être. Cheminant en compagnie de Abû Nûwas, Nakae Chômin, Rabelais, Dorothy Parker, Zhang Xu et de nombreux autres, Laurent de Sutter propose une traversée des transformations que l'ivresse propose, à la recherche d'une vérité nouvelle, ne tenant plus sur ses pieds que de manière hésitante : une vérité ivre, ridiculisant la police millénaire de la sobriété.
En Amérique du Nord et en Europe, nous assistons à un assaut inédit contre le statut de la vérité et de la science. Des mouvements politiques se réclament des sciences sociales pour asseoir leur idéologie. Or en démocratie, nul n'est plus éclairé ni plus intelligent que les autres pour voter : un homme, un vote. Et la science ne cesse d'être combattue au nom du " ressenti ", cette vague notion idéologisée. Dans les deux cas, l'objectif est la conquête culturelle de lieux de pouvoir : mairies, places de députés, universités, médias. Les sciences, au premier rang desquelles la biologie, sont exposées à une contestation idéologique sur leurs fondements par des militants aveuglés par leur toute-puissance. Elle leur offre l'illusion de croire qu'ils peuvent être ce qu'ils veulent : homme ou femme, plante ou animal, magicien, initié ou simple bacille...Cette position sape les bases de la rationalité au profit d'idéologies religieuses, politiques et marchandes. L'ouvrage présente une vingtaine de contributions centrées autour des grands enjeux de la pénétration des idéologies décoloniales, des théories de la race et du genre dans les milieux actuels de la recherche en lettres et sciences humaines, en droit et même dans les sciences dures. Ce phénomène de déconstruction de la science et du rapport à la vérité s'accompagne d'un militantisme grandissant de l'islamisme, dont certains acteurs profitent pour imposer leur prosélytisme et leur obscurantisme.
Résumé : Quel est le point commun entre un livreur à vélo, une agente d'entretien, un start-upper, une aide soignante et une " curatrice de contenus " ? Tous subissent les nouvelles modalités de travail imposées par la digitalisation, la robotisation et les méthodes contemporaines de management. Partout, le " néotravail " étend son emprise : du bureau au domicile, notre open space s'est élargi, et nous ne pouvons plus échapper aux injonctions à " aller plus vite ", à nous " adapter " et à " nous engager à fond dans nos projets ". Mais ce néotravail est en train de nous déposséder, non seulement de la valeur de notre travail mais aussi de nos capacités à créer, à nous lier les uns aux autres, à parler, à prendre soin de notre environnement, jusqu'à celles d'exercer notre propre jugement. Il fait de nous des " dépossédés de l'open space ". Peut-être est-il temps de reprendre possession de notre travail pour construire des rapports harmonieux avec les autres, avec nous-mêmes et avec la nature ? En retrouvant ses vertus médiatrices, socialisantes, subjectivantes et émancipatrices, cet " écotravail " contribuerait à faire advenir une société plus juste et plus viable : une " société écologique ".