À travers la traduction, le yiddish révèle son rôle singulier : langue-carrefour pourvue d'une étonnante vitalité et d'ambitions sans cesse renouvelées. Le yiddish a été, durant toute son histoire, dans une position d'intenses échanges avec d'autres langues, au sein même du monde juif (diglossie fondatrice avec l'hébreu), mais aussi avec les langues d'Europe orientale (ukrainien, polonais, russe, allemand?), puis des pays d'émigration. Pour cette raison, la traduction est un lieu d'observation privilégié des problématiques sociales et politiques, des ambitions culturelles et esthétiques, qui ont modelé cette langue longtemps minorée au long des deux derniers siècles. Le yiddish n'a cessé d'être questionné, travaillé, redéfini par la traduction. Son image s'en est trouvé modifiée aux yeux de ses locuteurs comme à ceux du monde. Dans ce numéro spécial, nous proposons, à travers analyses générales et études de cas, une exploration des évolutions du yiddish dans et par la traduction, depuis le folklore jusqu'aux communautés hassidiques contemporaines.
Nombre de pages
240
Date de parution
11/06/2026
Poids
350g
Largeur
160mm
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EAN
9782858314799
Auteur
Bikard Arnaud
Editeur
INALCO PRESSES
Largeur
160
Date de parution
20260611
Nombre de pages
240,00 €
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Adaptation d'un roman écrit en provençal au début du XVe siècle, Le Chevalier Paris et la Princesse Vienne relate, en vers, une histoire d'amour impossible entre un chevalier et une princesse. Elia Levita (1469-1549) fait partager la littérature chevaleresque à ses contemporains juifs dans leur langue, le yiddish. Le roman de chevalerie, chrétien par essence, se trouve alors imprégné de pratiques et de croyances juives. Elia Levita s'amuse ainsi à créer un monde ni juif, ni chrétien, ni musulman, mais les trois à la fois comme si ces distinctions n'avaient aucune importance. Arnaud Bikard a réussi la prouesse de traduire cette magnifique passion amoureuse en alexandrins.
Comment décider de façon juste à l'ère de l'IA : un guide pratique pour sécuriser ses décisions managériales et préserver l'engagement des équipes. L'IA est entrée dans le travail sans prévenir. Elle accélère tout, simplifie beaucoup... et dérègle l'essentiel : l'équité perçue, le sens du métier, la valeur du travail humain. Comparaison humain/machine, perte d'expertise, évaluation brouillée, responsabilités floues : partout, les équilibres managériaux se fissurent. Ce livre apporte la réponse qu'aucun ouvrage technologique ne propose : l'équité comme stratégie de survie et de performance à l'ère de l'IA . En croisant sciences sociales, droit du travail et pratiques managériales, il offre la première méthode opérationnelle pour aider les managers à retrouver du pouvoir d'agir, éviter le désengagement et maintenir un rapport humain sain face à l'algorithme.
Moses Maimonides' Guide of the Perplexed has certainly been the most influential Jewish philosophical and theological text-from the time of its composition until today. Written around 1190 in Judeo-Arabic, the Guide was soon translated into Hebrew twice, by Samuel Ibn Tibbon and by Yehuda Al-?arizi. This issue of YOD deals with less known translations of the Guide, that have been composed by Christian and Jewish authors in Latin, Spanish, Italian, Hebrew, between the 13th and the 17th centuries. These versions testify to the long-lasting vitality of the Guide in different cultures and times. Moses Maimonides' Guide of the Perplexed has certainly been the most influential Jewish philosophical and theological text-from the time of its composition until today. Written around 1190 in Judeo-Arabic, the Guide was soon translated into Hebrew twice, by Samuel Ibn Tibbon and by Yehuda Al-?arizi. This issue of YOD deals with less known translations of the Guide, that have been composed by Christian and Jewish authors in Latin, Spanish, Italian, Hebrew, between the 13th and the 17th centuries. These versions testify to the long-lasting vitality of the Guide in different cultures and times.
La Bible est (presque) toujours lue en traduction. C'est même parce qu'elle est traduite qu'elle peut se transmettre et nourrir l'imaginaire des lecteurs et lectrices. Mais dans les faits, personne n'a lu la même version du texte. Claire Placial rappelle ainsi que la Bible n'existe pas : il n'y a que des Bibles. D'une édition à l'autre, d'une traduction à l'autre, non seulement le texte change, mais aussi sa disposition (en prose, en vers libres, en vers réguliers), révélant une pluralité de lectures qui en fait toute la richesse. Aboutissement de 15 ans de recherche et d'enseignement en littérature comparée, cet ouvrage s'appuie sur l'étude du cas de la Bible pour renouveler notre regard sur tous les textes littéraires en traduction. De la lecture solitaire à l'étude en classe, l'autrice revendique que nous gagnons à lire des textes traduits, car ils portent en eux à la fois le texte d'origine, et la lecture qu'en a faite le traducteur ou la traductrice. L'étude des traductions est ainsi une école de la lecture qui nous ouvre à la littérature mondiale.
Peut-on rompre complètement avec son pays, sa culture, sa famille ? Si les évènements géopolitiques entrainent parfois des ruptures profondes dans la vie des individus, ce numéro nous montre que le lien n'est jamais complètement rompu. Dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, de jeunes chercheurs et chercheuses ont choisi d'interroger la notion de "rupture" , particulièrement éclairante pour comprendre les sociétés d'Europe centrale et orientale, où une même génération a parfois connu différents régimes politiques, frontières, nationalités, langues et identités. N'y a-t-il pas toujours une forme de continuité entre ce qui "était" et ce qui "sera" ? Les travaux réunis ici explorent les transformations des Etats, des sociétés, des identités, des pratiques culturelles et des imaginaires à l'épreuve de la rupture. Ils mettent en lumière des formes de résistance et d'héritage, souvent invisibles, qui persistent et continuent de façonner les sociétés. Ce numéro, issu des Doctoriales de l'Europe médiane de l'espace (post-)soviétique, nous invite à repenser la relation complexe entre changement et permanence, choc et mémoire, effondrement et héritage, à l'heure où le monde semble, à nouveau, se redéfinir.
Afin de comprendre ce qu'implique l'acte de traduire, il convient de déconstruire le processus dans tous ses états, car il s'avère essentiellement pluriel. Où traduit-on ? Les champs de l'édition, de la critique et de l'université se disputent une autorité qu'ils refusent aux traducteurs, priés de faire preuve de modestie et de rester transparents. Qui traduit quand on traduit ? Les acteurs de la traduction sont étrangement nombreux, qui interviennent non seulement sur le paratexte, mais dans le texte lui-même. Des conceptions obsolètes de la langue et de l'Ainsi Nommée Littérature imposent des choix qui concourent trop souvent à l'annexion de l'original. Que traduit-on quand on traduit ? Il est temps de dégager le traduire des déterminations linguistiques pour considérer l'objet à traduire dans tous ses états : texte, livre, marchandise. Une fois défini le "traduire" comme une opération fondamentalement littéraire, il convient de définir des méthodologies pour procéder à un transfert de socialité dans une opération unique. A chaque trace, indice et valeur doit correspondre dans le texte traduit une trace, un indice, une valeur. Y compris ce que révèlent les rythmes, la matérialité, l'histoire des Ainsi Nommées Littératures, trop souvent gommés.