Au-dedans de la terre" est fortement enraciné dans la réalité andalouse contemporaine mais n'hésite pas à puiser dans le mythe et à convoquer la tragédie grecque, Lorca et Shakespeare pour délivrer un message universel : celui de l'aliénation de l'humanité. Le récit se déroule en Andalousie, dans ce vaste « potager européen » où des serres agricoles s'étendent à perte de vue. C'est là que vivent un père et ses trois fils. Alors que le père, brutal et intransigeant, se comporte comme un seigneur d'un autre temps, les trois frères peinent à trouver leur voie : Angel, l'aîné, est rongé par une maladie de peau qui ne lui laisse aucun répit ; José Antonio, le cadet, vit dans l'ombre de son géniteur et lui obéit aveuglément ; quant à Indalecio, stigmatisé, trouble-fête constamment rejeté, il dénonce par l'écriture le scandale politique d'une immigration exploitée dans ces territoires fermés sur eux-mêmes. L'histoire d'amour entre Indalecio et Farida, une ouvrière agricole, marocaine et clandestine qui travaille sur le domaine paternel, permet tour à tour de dénoncer l'archaïsme des m'urs (relations féodales entre le père et ses fils mais aussi avec ses ouvriers agricoles, place de la religion et des superstitions, image fantasmée de la femme, rejet de l'homosexualité, exploitation des hommes et femmes) tout en dressant le procès de l'agriculture industrielle et du profit, du gain, éternel. L'image de la tomate relève de la métaphore sanguinolente du c'ur des hommes. Elle symbolise l'amour sacrifié mais aussi ce qui est enkysté au plus profond de l'âme humaine, entre beauté et enfer.
Nombre de pages
96
Date de parution
06/11/2016
Poids
170g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9791094225011
Auteur
Bezerra Paco ; Ferré David
Editeur
ACTUALITES EDIT
Largeur
148
Date de parution
20161106
Nombre de pages
96,00 €
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Cinq cents ans après sa mort, Sainte Thérèse d'Avila revient à la vie. Mais, contrairement à Jésus-Christ ressuscité, elle découvre qu'elle n'a pas de corps dans lequel s'incarner. Et pour cause : son cadavre a été dépecé, transformé en de nombreuses reliques et éparpillé à travers le monde. Alors qu'elle part à sa propre recherche et tandis qu'elle se trouve confrontée au monde actuel, Thérèse essaie de comprendre pour quelle raison elle a été renvoyée sur Terre. Avec ce texte drôle et insolent, l'auteur Paco Bezerra tente de raviver la subversion de la religieuse carmélite et l'imagine arpenter l'Espagne contemporaine, entre marginalité, découverte du LSD, début de carrière dans le stand-up et nouvelles révélations mystiques. La pièce de Paco Bezerra a reçu le XXXe prix SGAE/Jardiel Poncela en 2021, et a été élue Coup de coeur du public du bureau des lectures de la Comédie-Française en 2025.
Le Perek chira nous parle du chant que chaque créature entonnerait pour louer son Créateur. Ses auteurs ont choisi de faire parler chacune d'entre elles avec un verset de la Bible puisé, pour la majeure partie, dans le livre des Psaumes. L'auteur propose de porter à la connaissance du plus grand nombre l'existence de ce livre parce qu'il a changé son regard sur le monde du vivant qui nous entoure. Avec ce petit livret, qu'elle présente et commente, elle désire apporter sans aucune prétention, sa pierre à cet édifice que construisent nos sociétés soucieuses du bien-être de « mère » nature. Elle souhaite, après avoir médité et prié avec ce petit ouvrage, partager cette note, ce ton si différent qui a tant résonné en elle, l'éveillant.
« Un corps se déplace » est un voyage à travers les différents espaces habités par un corps et ceux de ses aïeux. Un corps qui cherche son propre ancrage dans l'instant présent et ne cesse pourtant de se déplacer ou d'être déplacé. D'un point de vue dramaturgique, cela revient à mettre une maison dans une autre, une pièce dans une autre, et être à l'écoute de leur façon de communiquer entre elles. Les actions se déroulent simultanément en Avignon, à Valence et à Madrid. Trois possibilités pour un même corps de comprendre la signification du mot « foyer », une tentative de trouver un équilibre entre ce qui perdure et ce qui est anéanti, à une époque où l'accumulation des biens, des flux émotionnels et la vitesse camouflent parfois l'essence de nos vies. Il s'agit donc, aux dires de l'autrice, « de l'histoire des héritages brisés ou recomposés par les nouvelles générations, le tout à travers un regard en mise en abyme et à partir d'autofiction et de récits personnels. » Le dédoublement de l'héroïne dans un corps qui se déplace dans divers temporalités convoque aussi une question de théâtre en invoquant des corps absents et avec lesquels il convient de vivre, ou qu'il convient de retrouver par la modalité de l'enquête biographique. Il s'agit par ce biais de donner accès à des réalités effacées.
Les textes (sélection) que nous présentons du recueil La pomme et la flèche ouvrent de nombreuses réflexions tant artistiques que sociales. Ni essais ni pièces de théâtre, ils redonnent vie à une pulsion de théâtre sous formes d'entretiens et d'articles de presse. Nous pourrions nous aventurer à dire qu'ils constituent une archive vivante de littérature dramatique, et à la fois un manifeste en faveur du théâtre. Antón Arrufat nous y livre une réalité théâtrale aujourd'hui disparue, souvent insaisissable parce que précisément il nous manque, à nous lectrices et lecteurs d'aujourd'hui, le présent de jadis, le présent de l'auteur au travail. Il convient alors d'en construire une mémoire culturelle. Véritables vignettes documentaires, ces écrits attestent d'une solide connaissance de la scène internationale et cubaine du XX siècle, et mettent en regard les différentes composantes théâtrales, loin de la logique actuelle du créateur scénique omniscient. Tous ces aspects nous ont convaincus de la nécessité de faire découvrir cette approche de la dramaturgie, pensée depuis l'expérience du plateau et de l'écriture. Voilà donc un premier échelon vers un autre dialogue entre le théâtre français et le théâtre hispanophone.
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Située aux confins du monde, la ville d'Ushuaia abrite Mateo, reclus et isolé au coeur de ce paysage de glace. Le vieil homme va y convoquer une jeune femme pour s'occuper des tâches de son quotidien. Introduite dans l'univers de cet être étrange et mystérieux, Nina tente de retrouver les traces du passé nazi de Mateo, afin de venger l'histoire. Mais sous un voile de vérité, toute certitude n'est pas inaliénable, et l'Histoire cache plus qu'elle ne dévoile. La véritable identité de Mateo se dessine au fil des scènes au sein des décombres d'un triangle amoureux, tissé par des voix réelles et fantasmagoriques, fantômes du passé. La recherche historique se fait palimpseste où la mémoire, à travers les limbes du temps, fait ressurgir l'horreur mêlée à l'universalité du sentiment amoureux. Entre mensonge et vérité, le texte devient le porte-parole de voix disparues, notamment celle de Róza Eskenázi, chanteuse juive Séfarade et figure active de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais l'amour n'est-il pas rédempteur comme dans La vie est un songe, le texte phare du grand Siècle d'or espagnol, dans lequel réel et fiction font de la langue le moteur de la vie elle-même ...