Rainer Maria Rilke offre un cas qui ne laisse pas d'être assez extraordinaire ; un poète profondément germanique, qui figure, sous sa forme la plus aiguë, la plus fragile, le rameau extrême du romantisme allemand au point où il va rencontrer les derniers prolongements du monde spirituel slave, découvre sa véritable identité au contact d'une ville française. Ce poète allemand trouve à Paris non seulement un domicile passager et des amitiés plus ou moins durables, mais une inspiration qui le guide vers les formes secrètes de son être. Pendant douze ans il y reviendçra presque année après annés, heureux et malheureux d'y retrouver des joies ou des souffrances toujours neuves et un paysage presque éternel. Cette ville lui prêtera le cadre et les thèmes d'une oeuvre par laquelle il a le sentiment de s'exprimer jusqu'au bord de l'indicible, jusqu'à envisager et accepter d'un coeur tranquille la mort au terme d'un livre dans lequel il a conscience d'avoir concentré toute la sève d'une vie.
Nombre de pages
80
Date de parution
06/05/2021
Poids
114g
Largeur
134mm
Plus d'informations
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EAN
9782381460079
Titre
Rilke à Paris
Auteur
Betz Maurice
Editeur
OBSIDIANE
Largeur
134
Poids
114
Date de parution
20210506
Nombre de pages
80,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Toutes les nuances du bonheur ou du malheur ou de la solitude, c'est seulement sur le visage des hommes de Paris que je les retrouve, et la vitalité française s'exprime dans la multiplicité de ces apparitions différentes : dans la rue je ne traverse jamais un vide ; je vais d'un visage à un autre visage avec le souvenir de la valeur sincère et non approximative du premier, et tout est comblé aussitôt par une lumière délicate et pleine... R-M Rilke
Les trois textes réunis ici se rangeraient classiquement dans la catégorie des écrits sur l'art. Or, il n'en est rien. Ils sont plus, et beaucoup plus encore. Même s'ils abordent effectivement la question du paysage en peinture ou encore la troublante et silencieuse présence des choses, ces trois textes doivent être considérés à part entière comme des pierres apportées à l'édification de l'oeuvre de Rainer Maria Rilke. En effet, aux côtés de la prose et de la poésie, ces trois écrits sur l'art participent pleinement à la quête de l'unité profonde à laquelle tâchent de s'accorder l'oeuvre et la vie de Rainer Maria Rilke. Et déjà est-il permis de dire qu'ils y répondent, qu'ils l'accomplissent et la révèlent en la portant à cette lumière tout intérieure dont est empreinte l'écriture spirituelle de Rainer Maria Rilke. Dans une lettre datée du 10 août 1903, adressée à Lou Andreas Salomé, Rilke se plaisait à rapporter cette déclaration de Hokusai : C'est à l'âge de soixante-treize ans que j'ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons et des plantes. Sans doute aucun, ces trois textes répondent à cette exigence comme les témoins d'une expérience faite de bonté, de patience et d'humilité.
Jünger Ernst ; Betz Maurice ; Plard Henri ; Hervie
Jardins et Routes succède à Feu et Sang. Le héros de la Grande Guerre achève de rédiger Sur les falaises de marbre, parabole sur le triomphe de la barbarie, puis il part pour la "drôle de guerre", où les deux adversaires se figent dans une étonnante immobilité. Lui-même ne s'illustrera qu'en sauvant un blessé. Dans sa hutte de roseaux, de l'autre côté du Rhin, il observe les lignes françaises par un hiver glacial et s'immerge dans les grands rythmes de la nature, en attendant le déclenchement de l'Apocalypse. Ce sera l'offensive foudroyante de juin 1940; cheminant à marches forcées derrière les blindés victorieux, il n'en verra rien, sinon les images sinistres qui jalonnent la déroute française. Secourable aux prisonniers encore sous le choc, il s'interroge sur l'esprit du paysage et sur ceux qui lui ont donné forme, ces anciens vainqueurs qu'a balayés "l'étrange défaite".
Renvoyé dans ses foyers avant la fin de la guerre, Jünger assiste à l'agonie du Troisième Reich dans un vieux presbytère bondé de réfugiés, fuyant les bombardements et l'arrivée des Russes. Les villes allemandes flambent dans le feu du phosphore et quelques fanatiques voudraient voir le monde disparaître avec eux. Jünger ordonne de cesser toute résistance à l'arrivée des premiers chars américains ; ému, à l'exemple du prophète Isaïe, par l'image de la "Cabane dans la vigne" cernée par les ennemis victorieux, il tente de puiser dans les limites de son univers familier la force de surmonter l'épreuve. La vie reprend petit à petit : il y a le bois à casser pour l'hiver, le jardin à cultiver, les survivants à revoir. Refusant de désespérer devant l'ampleur du désastre, Jünger espère que notre monde, parvenu au point zéro du nihilisme, saura le dépasser et connaîtra une nouvelle naissance.