Il voulait être marin courir le monde en suivant la route des oiseaux côtiers les mains ouvertes les lèvres écorchées par la vision des voyages il aurait emporté dans ses bagages la chanson somnolente des vents et l'attente sans fin du pays effrayé par les eaux il s'est penché de l'autre côté du miroir où le corps devient diaphane jusqu'aux os la nuit lui a rendu un autre corps qui navigue dans l'abandon d'un secret retour... ensuite il a conservé la passion des jours lointains dans le sac de toile et du fond nostalgique du miroir les yeux de la mer ont soudain surgi des bulots grandissaient sur ses paupières des algues fines des méduses lumineuses se mouvaient à portée de voix et sa poitrine était l'immense plage où les légendes et les chroniques avaient oublié squelettes énigmatiques insectes et métaux précieux un filet de semence nouait son cœur envahi par le varech son corps se séparait de l'ombre millénaire s'immobilisait dans le sommeil antique de la terre descendait jusqu'à l'oubli de tout... naviguait dans la rumeur des eaux oxydées s'accrochait à la racine des épées allait de mât en mât scrutait l'insomnie jetait des feux acides sur le visage incertain d'une mer
Nombre de pages
99
Date de parution
10/06/2003
Poids
220g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782914387330
Titre
Salsugem 1978-1983
Auteur
Berto Al ; Chandeigne Michel ; Witkowski Ariane
Editeur
ESCAMPETTE
Largeur
170
Poids
220
Date de parution
20030610
Nombre de pages
99,00 €
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En ce moment, je m'achemine vers le silence. Sans doute disparaîtrai-je un jour en tant qu'auteur qui publie. Je ne ressens déjà plus le besoin impérieux de me confronter au monde extérieur. Jardin d'Incendie est le reflet de ce nouvel état d'esprit. Je crois en la poésie comme unique langage possible. Si Dieu existe, c'est par elle que nous pourrons Lui parler. Les métaphores seraient le résidu de quelque chose qui nous échappe. écoute-moi que le jour te soit beau et qu'à chaque coin de lumière tu puisses recueillir des aliments en suffisance pour ta mort va jusqu'où personne ne peut te parler ou te reconnaître - va par ce champ de cratères éteints - entre par cette porte d'eau aussi vaste que la nuit laisse l'arbre des cassiopées te recouvrir et les folles avoines que l'acide a rouillées se dresser dans le vertige du vol - laisse l'automne apporter les oiseaux et les abeilles pour passer la nuit dans la douceur de ton c'ur bref - écoute-moi que le jour te soit beau et par delà la peau construis l'arc de sel l'adresse éternelle - la mer par laquelle fuira le visiteur éthéré de cette nuit n'oublie pas le navire chargé de lumières de désirs en poussière - n'oublie pas l'or l'ivoire - les soixante pilules létales au petit-déjeuner
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
« Treize personnages féminins du cinéma. Sans doute ai-je pris les films pour des livres comme les autres, avec ce qu'ils portent en eux d'un monde inconnu et les portraits de nous-mêmes qu'ils retiennent, depuis notre première vision, dans les plis de leurs chapitres. Je me suis appliqué à travailler ce chiné que tissent ensemble les ?uvres aimées et notre propre vie. J'ai aussi tenté de préserver l'état d'enchantement dans lequel m'a laissé, à l'origine, le déroulé de la pellicule. »
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.