Ecrire en philosophie consiste à rechercher " le problème d'une oeuvre ", affirme Deleuze à la suite de Bergson. En s'inspirant de cette recommandation, l'auteur cherche à construire le problème de l'ceuvre du " premier " Deleuze, d'Empirisme et subjectivieé (1953) à Diference et répétition (1968). Le problème central de son oeuvre est celui de la définition même de la pensée : que signifie penser et s'orienter dans la pensée ? La philosophie de Deleuze procède selon un triple mouvement : son point de départ consiste dans la critique de l'image de la pensée comme représentation ; ce qui lui permet de dégager ensuite son vrai commencement (les conditions réelles de la pensée) et enfin son authentique répétition (une pensée sans image). Pour mettre à jour ce triple mouvement, l'auteur procède de manière archéologique, c'est-à-dire à la fois sur un mode historique en livrant le premier état de la pensée de Deleuze, et sur un mode problématisant en définissant la pensée se dégageant de présupposés. Le problème est double : comment commencer en philosophie, c'est-à-dire penser sans présupposés ? Et comment continuer à penser, en pensant " par le milieu ", sans fondement ? Ce second volume présente la théorie deleuzienne de la pensée sans image, surgissant d'une nouvelle image de la pensée. Dans Différence et répétition (1968) Deleuze crée une nouvelle image de la pensée, qui est le vrai commencement en philosophie. Seule, cette nouvelle image permet la lutte rigoureuse contre l'image de la pensée comme représentation, présentée dans le premier volume. Et, à la différence de la représentation, la nouvelle image est l'ensemble des conditions réelles d'une pensée sans image. La pensée sans image est ainsi une pensée immanente, à même le sensible, pensée pure et sauvage, sans orientation préalable, mais qui n'est surtout pas une pensée spontanée et naturelle. Pour Deleuze, la pensée sans image se réalise dans le système du simulacre qui ouvre á la réalité d'un domaine sub-représentatif. Depuis longtemps explorés par Deleuze, lm simulacres sont décrits par des " phantasriques ", ces notions qui se substituent désormais aux catégories de la pensée. Par-là, Deleuze bouleverse la philosophie transcendantale, héritée de Kant, en transformant le transcendantal kantien en" empirisme transcendantal" et en affirmant un empirisme de l'Idée, et cela, dans un double mouvement, critique et créateur. Pour l'auteur, le défi a été de restituer fidèlement la pensée de Deleuze, radicalement nouvelle et donc parfois incomprise, sans la dénaturer par simplification ou l'obscurcir par excès de jargon.
Nombre de pages
300
Date de parution
17/09/2018
Poids
488g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343152820
Titre
Deleuze. La pensée sans image
Auteur
Benit Bernard
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
488
Date de parution
20180917
Nombre de pages
300,00 €
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Ecrire en philosophie consiste à rechercher « le problème d'une oeuvre », affirme Deleuze après Bergson. En s'inspirant de cette recommandation, l'auteur cherche à construire le problème de l'oeuvre du « premier » Deleuze, d'Empirisme et subjectivité à Différence et répétition. Le problème central est celui de la définition de la pensée : que signifie penser et s'orienter dans la pensée ? Comment commencer sans présupposés ? Ce volume examine le point de départ de la pensée de Deleuze qui consiste dans la critique de l'image de la pensée comme représentation. Il restitue fidèlement sa pensée sans simplification ni jargon.
A la manière de Sartre, qui renonce à la question de l'essence de la littérature et lui préfère celle de son utilité, Deleuze interroge, non l'essence de l'art, mais son usage pour le philosophe. Selon Deleuze, l'art est nécessaire au philosophe pour penser sa propre condition. En effet, pour échapper à la représentation qui dénature et assujettit la pensée, la philosophie exige un détour par l'art qui transforme à la fois l'exercice de la pensée et les conditions de l'expérience. L'usage de l'art, c'est ce que fait l'art. L'art capte des forces (il rend visibles des forces invisibles) et transforme, à la fois, l'artiste et le corps social (il bouleverse les manières de sentir et de penser). Cette nouvelle manière de penser et d'user de l'art déborde le cadre habituel des études esthétiques. Il s'agit ici d'établir une périodisation de la question de l'art dans l'oeuvre de Deleuze, en fonction des problèmes qu'il pose. On retiendra trois périodes qui sont trois philosophies de l'art : la première accorde la priorité à la littérature ; la deuxième opère le passage du littéraire au sémiotique, en mettant en lumière le rôle politique de l'art ; et la troisième élabore une sémiotique de l'image, à partir de la peinture et du cinéma.
Au cours de l'histoire, les hommes ont sollicité l'arbre dans des domaines variés et à des fins diverses. L'arbre fut, tour à tour, symbole religieux, métaphore ou analogie littéraire, modèle d'organisation de la connaissance, outil mnémotechnique, relations généalogiques, processus héréditaires, motifs artistiques. Du bois sacré au célèbre chêne de Dodone, de l'arbre cosmique à l'arbre de vie, de l'arbre généalogique à l'arbre biogéographique, de l'arbre de Porphyre à l'arbre phylogénétique, de l'arbre des peintres à l'arbre des sculpteurs, toutes ces figures arborescentes témoignent d'une capacité de l'arbre à se métamorphoser et à faire surgir des potentialités inédites, allant même jusqu'à faire émerger des contrefigures, comme le rhizome de Deleuze et Guattari.Le rhizome est, pour les deux philosophes, une nouvelle image de la pensée, destinée à combattre le privilège de l'arbre qui, en tant que modèle, défigure l'acte de penser et en détourne. En réalité, le rhizome est pensé comme une puissance de subversion de tout modèle, qui renouvelle la philosophie en se répandant dans de nombreux domaines, tant pratique (« l'architecture autogérée ») que théorique (la « créolisation » d'Édouard Glissant).
Longtemps considérée comme un art mineur dans les sociétés occidentales, la danse fut d'abord exclue du questionnement philosophique. Désormais, elle s'affirme comme objet d'étude qui pose un double problème. Le problème du sens de la danse : que fait le danseur lorsqu'il danse ? Et en vue de quoi danse-t-il ? Le problème du rapport de la danse au politique : quelle relation la danse entretient-elle avec le politique ? Estelle un instrument au service de la propagande de l'Etat ou le vecteur d'une micropolitique de résistance à celui-ci ? A travers l'enquête menée sur ce double problème, philosophique et politique, Bernard Bénit tente de saisir l'étonnante proximité de l'oeuvre philosophique de Deleuze et Guattari avec les chorégraphes contemporains. Certaines pratiques de la danse actuelle témoignent notamment d'un lien avec la pensée micropolitique de ces deux philosophes, lorsqu'elles considèrent les actes de création chorégraphique comme des actes de résistance politique.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...