Une sainte alliance entre le pouvoir politique, le savoir des théologiens et la volonté du peuple majoritaire des croyants: tels sont le secret et la force de l'orthodoxie sunnite. Cette dernière bénéficie tout d'abord de la force des gardiens, "les gens du Sabre", ensuite de celle des gestionnaires du sacré, imposant une interprétation orthodoxe du Livre. Mais ce qui caractérise par-dessus tout l'islam sunnite, c'est "l'orthodoxie de masse", c'est-à-dire l'activisme du peuple majoritaire des croyants dans la défense de sa religion personnelle, contre toutes les agressions possibles. Se définissant comme religion de la majorité, le sunnisme frappe précisément par son invincibilité. Le poids de l'orthodoxie de masse semble l'emporter sur la force de l'orthodoxie d'institution: d'où cette attraction vers le fondamentalisme populiste qui a, de tout temps, animé la scène politique islamique, hier le parti hanbalite, les Almoravides, les Almohades, aujourd'hui les tendances mawdudistes, qutbistes, jihadistes. D'où, hier comme aujourd'hui, cet échec des révolutions par le haut, celles du mu'tazilisme, de l'averroïsme, du réformisme, du modernisme. La pensée des philosophes, des théologiens ne peut heurter de front cette Eglise invisible et atomisée. Elle ne peut la déstructurer, la diriger, la réformer. La mentalité démocratique mondialisée ne fait que renforcer aujourd'hui cette orthodoxie de masse et contraindre les novateurs et les protestataires à rentrer dans le rang ou faire bonne figure...
Nombre de pages
293
Date de parution
13/10/2008
Poids
422g
Largeur
150mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782130569756
Titre
Aux fondements de l'orthodoxie sunnite
Auteur
Ben Achour Yadh
Editeur
PUF
Largeur
150
Poids
422
Date de parution
20081013
Nombre de pages
293,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Depuis des lustres, on se bat de toute part pour savoir si l'islam est compatible avec la démocratie. Mais peut-on répondre à une telle question, si on ne prend pas soin de résoudre un problème préalable sur le sens de la démocratie elle-même ? Qu'est-elle ? Si nous ne libérons pas la démocratie du piège du relativisme, ses adversaires auront beau jeu de dénoncer son caractère typiquement "occidental" pour se construire des modèles qui leur seraient spécifiques. La démocratie authentique n'est ni d'Occident, ni d'Orient. Elle doit être conçue indépendamment de ses incarnations historiques. Mais, pour cela, il est nécessaire de lui trouver un fondement philosophique universel, en tant que norme humaniste, et non en tant que régime politique. A partir de là, nous pouvons poser les conditions pour que l'islam, en tant que religion, culture et civilisation, puisse valablement répondre au défi démocratique. Les théories de la "démocratie islamique" ne sont qu'un tissu de faux-semblants. Et c'est au prix d'une révolution intérieure contre "l'orthodoxie de masse" que l'Islam pourra relever ce défi. Cette révolution est en train de se réaliser. L'actualité du monde arabe, secoué par des mouvements révolutionnaires à répétition, nous révèle une insistante et massive demande démocratique. Si, pour l'Europe, l'âge des révolutions démocratiques est terminé, pour le monde arabe, en revanche, il commence.
Comme toutes les autres religions, l?islam doit prendre conscience d'un fait capital : pour survivre dignement dans le monde moderne, il doit se justifier, d'un point de vue universel. Seul ce point de vue rend une idée ou une proposition acceptable par tous, en tant que moralement supérieure. Ali ?ibn ?Abî Tâlib, le quatrième Calife, aurait affirmé dans l?un de ses discours que ce ne sont pas les adeptes, fussent-ils majoritaires, qui justifient le droit, mais ce dernier qui donne aux adeptes leur légitimité, fussent-ils minoritaires. L?idée fut reprise par Ghazâlî, le théologien et philosophe musulman en ces termes, en ces termes : " Qui sonde le droit à travers ses partisans sombre dans l?erreur. Sache le droit, tu connaîtras ses hommes ". Cette démarche peut-elle permettre à l?islam de s?approprier une philosophie des droits de l?homme digne des temps modernes ?
Le mot révolution, comme l'a bien remarqué Alain Rey, "est devenu très actif dans la mémoire collective des francophones depuis la fin du XVIIIe siècle". Yadh Ben Achour examine la révolution tunisienne en la replaçant tout d'abord dans son cadre historique, au regard de la théologie politique islamique classique et sous l'angle de l'anthropologie historique, puis en étudiant l'ambiguïté de son déroulement dans le contexte des récentes révolutions arabes.
Approche transversale des règles d'encadrementPREMIÈRE PARTIE : L'appréhension des aides 1 ? Logiques variables et enjeux communs 2 ? L'approche extensive de l'aide d'État 3 ? Approches plus partielles de la notion d'aide aux entreprises DEUXIÈME PARTIE : La mise en ?uvre des aides 1 ? Dérogations à la prohibition des aides d'État 2 ? La mise en ?uvre des aides européennes 3 ? La mise en ?uvre des aides en droit interne TROISIÈME PARTIE : Le contrôle des aides 1 ? Le contrôle de la compatibilité des aides d'État 2 ? Le contrôle des financements européens 3 ? Les contrôles découlant du droit interne 4 ? La régulation internationale des subventions QUATRIÈME PARTIE : La remise en cause des aides 1 ? La suppression des aides 2 ? Le contentieux des aides aux entreprise
Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
Bachelard Gaston ; Bontems Vincent ; Canguilhem Ge
Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.