L'islam et la démocratie. Une révolution intérieure
Ben Achour Yadh
GALLIMARD
21,00 €
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EAN :9782072893704
Depuis des lustres, on se bat de toute part pour savoir si l'islam est compatible avec la démocratie. Mais peut-on répondre à une telle question, si on ne prend pas soin de résoudre un problème préalable sur le sens de la démocratie elle-même ? Qu'est-elle ? Si nous ne libérons pas la démocratie du piège du relativisme, ses adversaires auront beau jeu de dénoncer son caractère typiquement "occidental" pour se construire des modèles qui leur seraient spécifiques. La démocratie authentique n'est ni d'Occident, ni d'Orient. Elle doit être conçue indépendamment de ses incarnations historiques. Mais, pour cela, il est nécessaire de lui trouver un fondement philosophique universel, en tant que norme humaniste, et non en tant que régime politique. A partir de là, nous pouvons poser les conditions pour que l'islam, en tant que religion, culture et civilisation, puisse valablement répondre au défi démocratique. Les théories de la "démocratie islamique" ne sont qu'un tissu de faux-semblants. Et c'est au prix d'une révolution intérieure contre "l'orthodoxie de masse" que l'Islam pourra relever ce défi. Cette révolution est en train de se réaliser. L'actualité du monde arabe, secoué par des mouvements révolutionnaires à répétition, nous révèle une insistante et massive demande démocratique. Si, pour l'Europe, l'âge des révolutions démocratiques est terminé, pour le monde arabe, en revanche, il commence.
Nombre de pages
294
Date de parution
04/03/2021
Poids
312g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782072893704
Titre
L'islam et la démocratie. Une révolution intérieure
Auteur
Ben Achour Yadh
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
312
Date de parution
20210304
Nombre de pages
294,00 €
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Une sainte alliance entre le pouvoir politique, le savoir des théologiens et la volonté du peuple majoritaire des croyants: tels sont le secret et la force de l'orthodoxie sunnite. Cette dernière bénéficie tout d'abord de la force des gardiens, "les gens du Sabre", ensuite de celle des gestionnaires du sacré, imposant une interprétation orthodoxe du Livre. Mais ce qui caractérise par-dessus tout l'islam sunnite, c'est "l'orthodoxie de masse", c'est-à-dire l'activisme du peuple majoritaire des croyants dans la défense de sa religion personnelle, contre toutes les agressions possibles. Se définissant comme religion de la majorité, le sunnisme frappe précisément par son invincibilité. Le poids de l'orthodoxie de masse semble l'emporter sur la force de l'orthodoxie d'institution: d'où cette attraction vers le fondamentalisme populiste qui a, de tout temps, animé la scène politique islamique, hier le parti hanbalite, les Almoravides, les Almohades, aujourd'hui les tendances mawdudistes, qutbistes, jihadistes. D'où, hier comme aujourd'hui, cet échec des révolutions par le haut, celles du mu'tazilisme, de l'averroïsme, du réformisme, du modernisme. La pensée des philosophes, des théologiens ne peut heurter de front cette Eglise invisible et atomisée. Elle ne peut la déstructurer, la diriger, la réformer. La mentalité démocratique mondialisée ne fait que renforcer aujourd'hui cette orthodoxie de masse et contraindre les novateurs et les protestataires à rentrer dans le rang ou faire bonne figure...
Comme toutes les autres religions, l?islam doit prendre conscience d'un fait capital : pour survivre dignement dans le monde moderne, il doit se justifier, d'un point de vue universel. Seul ce point de vue rend une idée ou une proposition acceptable par tous, en tant que moralement supérieure. Ali ?ibn ?Abî Tâlib, le quatrième Calife, aurait affirmé dans l?un de ses discours que ce ne sont pas les adeptes, fussent-ils majoritaires, qui justifient le droit, mais ce dernier qui donne aux adeptes leur légitimité, fussent-ils minoritaires. L?idée fut reprise par Ghazâlî, le théologien et philosophe musulman en ces termes, en ces termes : " Qui sonde le droit à travers ses partisans sombre dans l?erreur. Sache le droit, tu connaîtras ses hommes ". Cette démarche peut-elle permettre à l?islam de s?approprier une philosophie des droits de l?homme digne des temps modernes ?
Le mot révolution, comme l'a bien remarqué Alain Rey, "est devenu très actif dans la mémoire collective des francophones depuis la fin du XVIIIe siècle". Yadh Ben Achour examine la révolution tunisienne en la replaçant tout d'abord dans son cadre historique, au regard de la théologie politique islamique classique et sous l'angle de l'anthropologie historique, puis en étudiant l'ambiguïté de son déroulement dans le contexte des récentes révolutions arabes.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.