Le seul problème politique actuel est la possibilité même de la politique. Atomisés en groupes et communautés qui ne se reconnaissent plus de lien, la France et bien des pays occidentaux voient le débat public se transformer en confrontation, et la démocratie s'abîmer dans la violence. Il ne peut y avoir d'issue sans la réaffirmation d'une culture commune : sur elle seule peut se fonder une cité qui réponde au besoin d'appartenance, besoin aujourd'hui comblé pour tant de jeunes par la montée de sectarismes contradictoires. Mais réaffirmer une culture commune suppose d'accepter la contingence d'un héritage singulier, à rebours de l'universalisme abstrait ; et de reconnaître à la France, comme aux pays européens solidaires d'une même civilisation, un devoir de continuité historique. Aucun principe commun, comme la liberté ou la laïcité, ne saurait rester partagé longtemps, s'il ne s'adosse aux impératifs non négociables que seul l'élan de l'histoire peut fonder, cette histoire que nous nous efforçons pourtant de déconstruire, parfois paradoxalement au nom de ces mêmes principes. Si nous savons comprendre de nouveau que ce lien essentiel est une condition pour la survie de la cité, restera à mener la bataille des coeurs pour le partager de nouveau, en assumant clairement cette condition absolue d'appartenance. Aucune surenchère sécuritaire, judiciaire, militaire, ne pourra suffire, si le champ culturel, spirituel, intérieur, reste déserté. Est-ce encore possible ? Il nous faut retrouver la volonté de vouloir - condition pour redevenir pleinement un peuple. Peut-être est-il déjà trop tard pour sortir notre civilisation de sa fatigue existentielle ; mais si jamais il reste une chance, alors nous devons la saisir, ne serait-ce que pour l'honneur". F. X. B.
Nombre de pages
220
Date de parution
13/11/2025
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782246820994
Titre
Appartenir. essai
Auteur
Bellamy François-Xavier
Editeur
GRASSET
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140
Poids
300
Date de parution
20251113
Nombre de pages
220,00 €
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Innovations, croissance, accélération.-. Notre monde a fait du mouvement un impératif universel. Mais à la passion du changement, François-Xavier Bellamy préfère la sagesse du discernement. Ob allons-nous ? Quel est le but de notre action ? Convoquant tour à tour écrivains, philosophes de l'Antiquité, penseurs modernes et poètes, Demeure est une méditation philosophique sur notre fascination dangereuse pour la vitesse et le progrès. Un essai érudit et engagé qui nous invite à redonner du sens au mouvement de nos vies.
Derrière l'accélération partout constatée de nos vies individuelles et de notre existence sociale, il est un phénomène plus essentiel encore, qui est devenu l'horizon absolu de la conscience occidentale : le changement était, à l'âge classique, une transition entre deux moments de stabilité. Mais notre civilisation semble entrée, avec la modernité, dans une nouvelle ère, qui fait du mouvement la loi universelle. Si la vie est évolution, si l'économie est croissance, si la politique est progrès, tout ce qui ne se transforme pas doit disparaître. S'adapter, se réformer, rester dynamique, voilà nos vertus cardinales ; la mode remplace tous nos critères, le flux prend la place de l'être, et le chiffre de la lettre. Alors que la crise contemporaine qui touche le monde occidental porte le symptôme d'une forme d'épuisement intérieur, et alors que notre rapport à l'accélération actuelle des innovations technologiques sera le grand défi politique des années à venir, il importe d'interroger, de façon à la fois approfondie et concrète, le déséquilibre créé par cette incapacité au repos, par cet oubli des stabilités les plus nécessaires à nos vies. Afin de redécouvrir ce que notre fascination pour le mouvement nous avait fait oublier : l'essentiel de nos existences se trouve peut-être bien plus dans ce qui est reçu et transmis, que dans ce qui est transformé. Et ce qui donne sens aux changements que nous pouvons apporter, ce ne peut être que la stabilité d'un but qui seul mérite notre effort. Il n'est pas de création spontanée qui s'épanouisse sans racines, pas de voyage vers l'ailleurs qui ne suppose un domaine familier, pas de société qui s'améliore sans chercher le bien dans ce qu'il a d'éternel. Ce qui rend possible le mouvement de toute vie, et ce qui lui donne un sens, c'est toujours ce qui demeure.
Professeur passionné devant élèves de terminale et de classe préparatoire, François-Xavier Bellamy n'a jamais cessé de philosopher et de parler philosophie à toutes et tous : sans surplomb. Ce langage vif et souple, fondé sur les textes, toujours maïeutique, parfois deleuzien façon Abécédaire, il a continué de l'exercer lors de conférences, à Paris, en province, autour d'un thème. Façon de croire à la parole, à la pédagogie et à la présence, dans des temps où tout semble peut-être happé par le numérique. Qu'est-ce qui demeure d'un échange, dans le théâtre d'un soir ? Comme parler de science ou de la vérité devant trois cent personnes de tous horizons ? C'est ainsi que François-Xavier Bellamy, face à ses lecteurs, a constitué un corpus d'enseignement. Il rassemble trois conférences choisies dans ce premier volume : sur la vérité ; sur la science ; et sur le langage. A l'ère du doute et de l'affirmation violente, à l'ère du complot et du soupçon, où rien ne semble plus démontrable, une lecture astringente et indispensable. Voulons-nous la vérité, oui ? Vraiment ? et à quel prix ? Ou cherchons nous d'autres opiums ? Avec sérieux, ironie, tranquillité, Bellamy questionne notre époque et offre des pistes à tout lecteur tenté par le vrai.
Il n'est pas de plus urgente ni de plus belle mission que de transmettre l'héritage culturel qui peut seul constituer pour l'avenir l'unité de notre pays, en même temps que la liberté de ceux qui y vivront. Je ne crains pas le choc des cultures, mais le choc des incultures." François-Xavier Bellamy dresse le constat suivant : nous voulons toujours éduquer, mais nous ne voulons plus transmettre. Il s'est produit, dans nos sociétés occidentales, une rupture inédite : une génération s'est refusé à transmettre à la suivante ce qu'elle avait à lui donner, l'ensemble du savoir, des repères, de l'expérience humaine qui constituait son héritage. La crise que traverse l'éducation enfin éclairée ; les clés pour en sortir.
A chaque jour son crime. Ils nous parlent, nous touchent, nous troublent, nous révèlent. J'ai voulu rassembler, sous la forme d'un almanach, ce que je sais, ce que j'ai découvert de 314 tueurs en séries, 193 autres types d'assassins et de plus de 5 700 meurtres. Serial Krimes ? Des articles de fond sur des tueurs en série français comme Landru ou Claude Lastennet, une évocation de crimes célèbres qui ont défrayé la chronique à Hollywood, l'histoire de criminels sexuels tels que Léger, Menesclou ou Soleilland, ou encore des enquêtes réalisées par des voyants. Vous lirez des reportages tirés de la presse de l'époque et le récit de certaines pratiques judiciaires oubliées. La réalité dépasse souvent la fiction, ce qui n'a pas empêché de nombreux auteurs ou scénaristes de s'inspirer des meurtres atroces que vous vous apprêtez à découvrir", S. B.
Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, la, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre". Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié" , une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : " Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage " . Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.