Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l'Etat et la société propriétaire 1799-1804
Belissa Marc ; Bosc Yannick
FABRIQUE
15,00 €
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EAN :9782358722223
Le Code civil, le Conseil d'Etat, la Légion d'Honneur, les préfets, les lycées... ces institutions familières ont en commun d'avoir été créées, refondées ou redéfinies sous le Consulat, le régime qui est issu du coup d'Etat de Bonaparte (1799) et auquel succède l'Empire (1804). Alors que le pouvoir législatif était le coeur de la Révolution française, il est laminé en 1799 et remplacé par un pouvoir exécutif omnipotent, concentré dans les mains d'un homme qui en fait sa chose. La centralisation administrative, telle que nous nous la représentons aujourd'hui, prend sa source dans la dictature de Bonaparte . Elle rompt avec la logique "décentralisatrice" mise en oeuvre depuis 1789 et renforcée par le Gouvernement révolutionnaire en l'an II. Aussi, ce que l'on nomme abusivement "le centralisme jacobin" devrait être désigné comme le "centralisme bonapartiste" . Le processus de centralisation s'accompagne d'une confiscation de la démocratie. Les décisions prises sont hors du contrôle du peuple, alors qu'il est prétendu souverain. L'administration se substitue alors à la politique, le fonctionnaire remplace l'élu et le citoyen est réduit au statut d'administré. Les experts choisis par Bonaparte sont les seuls habilités à définir l'intérêt général et les politiques censées l'incarner. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen disparaît et la référence à la république, de plus en plus formelle, n'a pour seule fonction que de légitimer le régime. L'ordre social repose sur le propriétaire qui a le "droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue" , le patron dominant ses ouvriers, le mari sa femme et le père ses enfants. La dictature de Bonaparte entend "dépolitiser" la nation et s'appuie sur la surveillance policière et la mise en place d'un régime où la liberté de la presse n'est plus qu'un mot. Le Concordat avec le Pape "recléricalise" la France et fait des prêtres les auxiliaires du pouvoir. Le culte du Chef de l'Etat et les valeurs militaires de l'ordre, de l'obéissance et de l'honneur sont érigés en culture politique dominante. A l'extérieur, le Consulat de Bonaparte est marqué par la construction d'une hégémonie autoritaire sur les peuples "libérés" par les armées françaises (Hollande, Suisse, Italie du Nord, Allemagne rhénane) et par une réaction coloniale sanglante en Guadeloupe et à Saint-Domingue, accompagnée du rétablissement de l'esclavage en 1802. Aujourd'hui, la société propriétaire et les stigmates "bonapartistes" de la Constitution de la Ve République - la monarchie républicaine, la "verticalité du pouvoir" , le législatif marginalisé - suscitent la critique et interrogent la nature de notre "démocratie" et ses dysfonctionnements.
Nombre de pages
282
Date de parution
05/11/2021
Poids
266g
Largeur
130mm
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EAN
9782358722223
Titre
Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l'Etat et la société propriétaire 1799-1804
Auteur
Belissa Marc ; Bosc Yannick
Editeur
FABRIQUE
Largeur
130
Poids
266
Date de parution
20211105
Nombre de pages
282,00 €
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Résumé : Les questionnements actuels sur la " crise de la démocratie " ont ravivé l'intérêt pour l'histoire des traditions républicaines dans l'Europe de la première modernité. C'est en effet parmi elles que des philosophes ont plus particulièrement recherché des éléments de réflexion susceptibles de déplacer nos catégories politiques afin de concevoir un nouveau républicanisme social et démocratique adapté à nos sociétés. Ces champs de recherches se sont principalement développés dans le sillage de l'historiographie anglo-saxonne du républicanisme dit " classique ". Dans ces travaux fondateurs et ceux qu'ils inspirent, la tradition démocratique athénienne ou l'école du droit naturel moderne et du droit des gens occupent cependant une faible place. Elle est encore plus modeste pour les synthèses républicaines dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et singulièrement de la Révolution française. Or, au cours des deux dernières décennies, les études révolutionnaires se sont largement renouvelées en inscrivant le politique dans les problématiques du droit naturel moderne, travaillées par le mouvement populaire et le débat d'assemblée. Le présent ouvrage, issu des actes d'un colloque qui s'est tenu à Paris en 2008, organisé par le collectif L'esprit des Lumières et de la Révolution, s'inscrit dans ce cadre général. Il place le paradigme républicain à l'époque moderne en perspective dans la souveraineté populaire émergente et le travail de fondation républicaine de la Révolution française.
Belissa Marc ; Bosc Yannick ; Dalisson Rémi ; Dele
Résumé : Citoyenneté, République, Démocratie : trois termes qui nous sont familiers mais qui ont une histoire, des rapports réciproques et des significations changeantes du début de la Révolution française (1789) à la stabilisation de la Troisième République (1899) en France. Le sujet est vaste : il concerne aussi bien l'histoire des régimes politiques et des institutions, celle des pratiques citoyennes, républicaines et démocratiques, des rapports entre armée et citoyenneté, des formes d'acquisition de la citoyenneté pour les " étrangers ", celle de l'éducation civique par l'instruction, l'enseignement ou les arts, celle de la Contre-Révolution ou celle des statuts des personnes dans les espaces coloniaux. Bien que centrée sur l'histoire politique, la question au programme implique également de comprendre les évolutions économiques et sociales, mais aussi culturelles de la période, marquée en profondeur par la Révolution française et ses héritages. Regroupant spécialistes de la Révolution française, de l'Empire et du XIXe siècle, ce manuel entend être un ouvrage de synthèse, mais aussi un outil pédagogique à l'usage des candidats aux concours d'enseignement. Les exercices proposés, ainsi que les mises au point méthodologiques sont conçus dans l'esprit des nouvelles épreuves du CAPES d'histoire-géographie et de l'Agrégation. Les auteurs, tous engagés dans la formation des enseignants, ont veillé à ce que les sujets et leurs corrigés soient rigoureusement conformes à l'esprit du nouveau format des épreuves du CAPES et de l'Agrégation.
Résumé : Dans cet ouvrage majeur, Ilan Pappé, historien israélien de renom, revient sur la formation de l'Etat d'Israël : entre 1947 et 1949, plus de 400 villages palestiniens ont été délibérément détruits, des civils ont été massacrés et près d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants ont été chassés de chez eux sous la menace des armes. Ce nettoyage ethnique a été passé sous silence pendant plus de soixante ans et peine encore à être considéré dans sa pleine mesure. S'appuyant sur quantité d'archives, Ilan Pappé réfute indubitablement le mythe selon lequel la population palestinienne serait partie d'elle-même et démontre que, dès ses prémices, l'idéologie fondatrice d'Israël a oeuvré pour l'expulsion forcée de la population autochtone. Ce qui fut un grand livre d'histoire est aujourd'hui une lecture indispensable hélas éminemment d'actualité. Publié pour la 1 re fois en français en 2006 chez Fayard, il a été mis en arrêt de commercialisation à la fin de 2023 alors que les bombes pleuvaient sur Gaza.
Des grandes entreprises qui font condamner des Etats pour avoir entravé leurs profits en adoptant des législations sociales ou environnementales : telle est la scène qui se rejoue quotidiennement dans les tribunaux privés de l'arbitrage d'investissement (ou RDIE, "Règlement des différends entre investisseurs et Etats"), pièce maîtresse du capitalisme globalisé. Façonnée au coeur des empires déclinants pour préserver, "par la magie du droit", le pillage des ressources dans les pays décolonisés, cette justice du capital n'a cessé d'étendre sa toile par le truchement d'accords internationaux et de traités de libre-échange. Dans ses tribunaux, on tranche en secret des affaires qui concernent le plus grand nombre... au bénéfice des multinationales et des "marchands de droit" qui font tourner la machine. Amina Hassani rassemble toutes les pièces de l'intrigue et montre comment l'arbitrage érode la souveraineté des Etats et dépossède les populations pour protéger la circulation et l'accumulation du capital en tout temps et en tout lieu. Alors que le scandale s'est fait jour, ses défenseurs rêvent d'étendre encore ses tentacules, menaçant tout projet de transition écologique et de justice sociale.
Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l'économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l'incapacité à faire face à l'écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente. Le paradoxe est d'autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n'ont pas cessé d'augmenter. Comment cesser d'être à ce point inoffensif ? C'est en tant qu'acteur de ces luttes qu'Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoriciens plaident pour la non-violence et revendiquent l'héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King. Replongeant dans l'histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en oeuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l'existence d'une aile radicale, laquelle manque aujourd'hui à des organisations telle qu'Extinction Rébellion qui s'en trouvent neutralisées. La question n'est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence ? et de savoir quand, comment, y recourir à dessein. Or lutter contre le réchauffement climatique n'est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d'occupation ou un Etat ségrégationniste. C'est à l'infrastructure fossile qu'il faut s'attaquer en premier lieu, l'occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers ? jusqu'à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l'Iowa. La consommation est l'autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 "de subsistance" ? auxquelles Macron a cru bon de s'attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes ? et celles "de luxe" des ultra-riches, véritable "étendard idéologique" qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore, le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race. Enfin s'il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l'esprit les périls d'un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique. Nous n'avons plus le temps d'attendre, tout ce qui n'a pas été tenté doit l'être, et les militants pour le climat de demain ? potentiellement des millions ? doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.