Le peuple des livres. Les ouvrages populaires dans la société ashkénaze XVIe-XVIIIe siècle
Baumgarten Jean
ALBIN MICHEL
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EAN :9782226187208
Dès le début du siècle se développent en Europe des ateliers d'imprimerie où sont édités de nombreux livres en hébreu et en yiddish. Si la production en langue sainte est connue, celle en langue vulgaire nous est moins familière. Quels furent les principaux centres d'impression de la littérature populaire juive, depuis l'Italie du Nord jusqu'à Amsterdam en passant par la Pologne ? Qui sont les imprimeurs, les libraires et les colporteurs qui produisent et diffusent ces ouvrages ? La multiplication des livres en langue vernaculaire répond aux demandes d'un public populaire, avide de lectures pieuses, de traductions d'ouvrages religieux et de textes profanes. L'essor de cette littérature modifie les habitudes culturelles, notamment l'interprétation des textes sacrés, et les pratiques de lecture. Le contrôle des idées par l'élite des savants, sans être bouleversé, évolue lentement. On assiste ainsi, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, à l'ouverture de nouveaux espaces de création, à la naissance de nouvelles formes littéraires et à la transformation des échanges entre culture savante et culture populaire. Dans cette synthèse très documentée, Jean Baumgarten éclaire pour la première fois un aspect fondamental de l'histoire du livre dans la société ashkénaze et de la vie culturelle dans l'Europe prémoderne.
Résumé : En 1934, Erich Neumann quitte l'Allemagne nazie pour la Palestine. C'est alors qu'il élabore, en correspondance avec C. G. Jung dont il est un fervent disciple, et en marge d'une longue méditation sur le hassidisme, ce texte fondamental sur Jacob et Esaü. A partir de Bereshit (Genèse) et des midrasch, les jumeaux ennemis sont décrits comme un couple d'opposés. L'un, Jacob, introverti et lunaire, représente le monde intérieur et sacré ; l'autre, Esaü, extraverti et solaire, le monde extérieur et profane, celui de la puissance. L'un, Jacob, représente le peuple juif, et même la " quintessence du juif ", l'autre, Esaü, le domaine des nations. Cependant, chacun constitue l'ombre de l'autre, son bouc émissaire mais aussi son complémentaire, et leur réconciliation porte la promesse d'une totalité recouvrée. A travers deux grandes figures bibliques, Erich Neumann montre ainsi que la psychologie analytique - à la différence de la psychanalyse, et grâce au concept d'inconscient collectif - permet de comprendre de façon non réductrice la culture et la religion d'un peuple. Cet ouvrage doit être considéré comme une incitation remarquable à la redécouverte du judaïsme.
De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de vingt-sept ans tient un journal. Le résultat : un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui en émane. Une foi indéfectible en l'homme alors qu'il accomplit ses plus noirs méfaits. Car si ces années de guerre voient l'extermination des Juifs en Europe, elles sont pour Etty des années de développement personnel et de libération spirituelle. Celle qui note, en 1942, " Je sais déjà tout. Et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. A chaque instant. ", trouve sa morale propre et la justification de son existence dans l'affirmation d'un altruisme absolu. Partie le 7 septembre 1943 du camp de transit de Westerbork, d'où elle envoie d'admirables lettres à ses amis d'Amsterdam, Etty Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre de la même année.
4 000 ans d'histoire, un message religieux centré sur l'étude de la Loi, une oscillation actuelle entre tradition et modernité : telles sont les lignes de force du judaïsme présentées au début de ce livre. Selon le principe de la collection (voir L'Abécédaire du christianisme), viennent ensuite 70 notices classées par ordre alphabétique, avec des carrés de couleurs différentes pour indiquer si l'article traite des fondements de la doctrine (arche d'alliance, messie, torah...), des rituels et coutumes (circoncision, rabbin, tabernacle...) ou du contexte historique et artistique (Doura-Europos, Esséniens, sionisme...). Enfin, une chronologie, une courte bibliographie et un index des noms clôturent l'ouvrage. L'iconographie abondante, judicieusement choisie, fait la part belle aux manuscrits, et présente aussi des objets rituels, des sites symboliques, ainsi que plusieurs scènes contemporaines, photographiées de façon très expressive en noir et blanc. Spécialiste de l'histoire du monde juif, Gabrielle Sed-Rajna est directrice de recherche honoraire au CNRS. --Colette-Rebecca Estin
Résumé : Pour le judaïsme, la première question n'est pas "Qui est Dieu ?" mais "Comment Dieu se révèle-t-il aux hommes ?" Cette interrogation fondamentale, les maîtres y répondent de façon surprenante : Dieu s'est révélé dans un Livre. La tâche primordiale de l'homme est dès lors de lire, d'étudier, de commenter, d'interpréter, de transmettre... Car c'est en interprétant que l'homme peut restituer l'infini du sens et l'Infini de Dieu. Les traces de ce dialogue entre les hommes et Dieu sont déposées dans le Talmud, qui se présente comme un commentaire de la Bible, rédigé entre le IIe siècle avant J.-C. et le VIe siècle après J.-C. Une prodigieuse rhapsodie de lectures et d'interprétations, toujours formulée au coeur de discussions entre les maîtres, où s'énonce une éthique de la relation à l'autre homme. Depuis quinze siècles, le Talmud est la véritable Bible du peuple juif ; passage obligé de toute interprétation des Ecritures, à la fois sur le plan du droit (halakha) et de la philosophie (aggada), réflexion décisive pour les règles de vie et référence incontournable pour l'intelligence de la Révélation.