Depuis toujours, l'interrogation portant sur les limites de l'action individuelle ou collective, les normes de conduite à instaurer, les règles du vivre-ensemble à élaborer, hante la philosophie. Prescription et normativité, obligation et liberté, raison et loi, forment les corollaires essentiels dela morale. Il ne s'agit pas seulement de décrire comment les hommes agissent, mais d'établir comment ils doivent ou devraient agir. Se pose alors la question des critères, des valeurs, des raisons déterminantes et, pour ne pas tomber dans un relativisme voué à la particularité sans fin, il importe de distinguer la morale des morales, au sens seulement sociologique du terme. Certes, la morale concerne les moeurs. Son étymologie l'atteste. Mais elle déborde aussi ce cadre et manifeste une quête d'universalité dépassant les singularités des us et coutumes propres aux uns ou aux autres. L'essence de la morale intéresse la philosophie, aujourd'huicomme hier, dans son dessein de transcender la clôture des particularismes pour mettre au jour ce qui unit les hommes plutôt que ce qui les divise ou les oppose. A cet égard, la réflexion morale ne se dissocie pas de la réflexion politique qui, elle aussi, "légifère sur ce qu'il faut faire et sur ce dont il faut s'abstenir", comme l'établit Aristote dès le chapitre liminaire de l'Éthique à Nicomaque. Politique et morale ont en commun de rechercher "le bien proprement humain", dans la sphère publique comme dans la sphère privée. Biographie de l'auteur Anne Baudart, agrégée de philosophie, est professeur en Première supérieure et maître de conférences à l'Institut d'études politiques, à Paris.
Date de parution
02/11/2004
Poids
200g
Largeur
180mm
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EAN
9782711617203
Titre
LA MORALE ET SA PHILOSOPHIE
ISBN
2711617203
Auteur
BAUDART
Editeur
VRIN
Largeur
180
Poids
200
Date de parution
20041102
Nombre de pages
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Qu'est-ce que la démocratie? Est-il un "siècle d'or" de la démocratie? Nos démocraties modernes sont-elles redevables à la fondation antique? Le "peuple" est-il toujours à la hauteur de ses exigences? Liberté et égalité sont-elles des valeurs incompatibles? Quelles menaces pèsent aujourd'hui sur nos démocraties? Commentaire: "Quel avenir pour la démocratie?" Alexis de Tocqueville. "Socrate, individualiste et démocrate?" Karl Popper.
Qu'est-ce que la sagesse? La quête de sagesse appartient-elle au passé? A quels caractères reconnaît-on le sage? Est - il un homme ou un dieu? Aujourd'hui, l'idéal de sagesse désigne - t - il l'accomplissement d'une éthique ou d'une esthétique? L'idolâtrie de soi menace - t - elle le "souci de soi"?
Comment penser l'évolution du monde aujourd'hui ? L'analyse du passé peut-elle nous aider à mieux appréhender ses bouleversements ? Revisités de façon éclairante, l'Antiquité grecque et romaine, puis les débuts du christianisme nous permettent ici de comprendre qui nous sommes, dans nos manques et nos richesses, nous Européens, nous Occidentaux, de comprendre qui nous étions, qui nous devenons, qui nous deviendrons. Socrate, Platon, Cicéron, saint Augustin, saint Paul : des hommes qui ont pensé et expérimenté, chacun à leur manière, chacun à leur époque, ce qui, aujourd'hui, fait que nous vivons les uns avec les autres dans l'espace public du politique. Ces Naissances des fondations et des fondements de la " modernité " dissipent l'ignorance, luttent contre l'oubli de ce qui forge l'identité d'une culture commune aux variables plurielles : seules la connaissance et sa mémoire vive délivrent des cécités, terreaux des fanatismes. En ces temps de tumultes, les Anciens n'ont jamais été plus modernes.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Peut-on considérer une partie des troubles du sommeil comme des pathologies sociales, faisant du sommeil une question politique ? C'est ce que propose cet essai : examiner et évaluer les rapports du dormeur à la fois au monde et à son environnement de sommeil dans une perspective de philosophie sociale, à partir de l'aggravation contemporaine des troubles du sommeil, et en mettant au coeur de l'analyse la question du rapport entre sommeil et travail. Cela exige de rompre avec l'idée que le sommeil constitue une privation de monde. En vérité, l'appartenance du dormeur au monde n'est pas suspendue par son endormissement, et le sommeil ne saurait être un véritable oubli des peines. S'il est manifeste que tous les dormeurs ne profitent pas du même repos, c'est que le sommeil est loin d'égaliser les conditions. Bien que nous dormions, les multiples chaînes qui nous relient au monde, certaines plus étroitement que d'autres, ne se trouvent pas déliées. Le sommeil humain est tenu pour éminemment plastique : l'homme seul aurait la possibilité de déconnecter milieu nocturne et sommeil, notamment en travaillant la nuit. Reste à déterminer ce qu'il en coûte de faire de la nuit le jour. A partir des atteintes à la santé qui en résultent, le livre propose de mettre au jour une articulation plus juste entre déterminants naturels (astronomiques et biologiques), déterminants sociaux et processus psychiques en jeu dans le sommeil.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.