En mai 1968, Dakar, la capitale du Sénégal, a été le théâtre de manifestations d'étudiants et de travailleurs sans précédent dans l'histoire de ce pays et en Afrique noire francophone. Universitaire renommé et respecté, Abdoulaye Bathily est bien placé pour proposer, documents inédits et originaux à l'appui, l'explication des origines, du déroulement et des conséquences de Mai 68. En sa qualité de membre du Conseil d'administration et de la Commission chargée des relations extérieures, de la presse et de l'information de l'Union démocratique des Etudiants sénégalais (UDES), il a fait partie des organisateurs de la grève des étudiants. A ce titre, il a participé aux négociations avec le gouvernement. C'est pourquoi, dans ce livre, il apporte un éclairage original et pertinent sur des aspects mal connus de ces événements qui ont ébranlé les bases du pouvoir politique sénégalais et ont marqué tant d'intellectuels africains. Il décrit aussi avec précision, mais sans complaisance, les activités des associations d'étudiants, principalement l'Union des Etudiants de Dakar (UED) et l'UDES, des syndicats et divers mouvements sociaux et économiques. Cet ouvrage fournit une réflexion novatrice, qui retrace les trajectoires de nombreuses figures du syndicalisme étudiant africain ou de la vie politique, sociale et civique sénégalaise. Il constitue un outil de référence utile à la compréhension des problèmes qui secouent de nos jours les Etats africains.
Nombre de pages
288
Date de parution
08/06/2018
Poids
437g
Largeur
155mm
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EAN
9782343149615
Titre
Mai 1968 à Dakar ou la révolte universitaire et la démocratie. Le Sénégal cinquante après
Dans l'historiographie de la présence européenne en Afrique, le bilan de la colonisation a été souvent qualifié et rarement quantifié. Le présent ouvrage dont le corpus résulte, pour l'essentiel, de l'exploitation de sources d'archives, notamment les registres budgétaires prévisionnels et les comptes définitifs, tente de combler cette lacune. A l'analyse, il apparaît qu'aussi bien durant la période de la dualité budgétaire qu'avec la fusion des budgets des Territoires d'administration directe et des Pays de protectorat, l'option coloniale en matière de politique budgétaire n'a pas fondamentalement changé, l'objectif majeur étant de tirer des colonies le maximum de profit avec le minimum de frais. S'agissant du budget colonial du Sénégal, cette vision, portée au XIXe siècle par les partisans de l'expansion coloniale, trouve son application pratique à travers une constante ceux qui donnent le plus reçoivent le moins. Une telle ligne directrice s'est traduite, au quotidien, par une pression fiscale particulièrement forte, avec, comme noyau dur, la capitation et des dépenses faites souvent au détriment de la santé et de l'éducation qui sont pourtant des leviers essentiels dans la recherche d'un développement durable.
Ba Daha Chérif ; Bathily Abdoulaye ; Seydi Yancoba
Résumé : Lorsqu'en 1704, à la faveur de la guerre de Succession espagnole, les Anglais s'emparèrent du rocher de Gibraltar, il ne s'agissait nullement et évidemment pour eux de s'assurer la maîtrise et le contrôle de la route conduisant à l'empire qui n'existerait que trois quarts de siècle plus tard. Mais, du moment qu'échappant à la France, l'Inde eut passé à la Grande-Bretagne, le rocher espagnol devint une position de premier ordre à l'entrée de la mer méditerranéenne par où passait la route des Indes la plus directe. Quand la percée de l'isthme de Suez eut abrégé et écourté de 80% le chemin du golfe Persique, l'Angleterre, cramponnée plus obstinément que jamais à Gibraltar, s'avisa de l'importance incalculable et inestimable qu'aurait pour elle et ses intérêts commerciaux la possession de la porte de sortie de la Méditerranée, dont elle détenait déjà l'entrée. C'est à Suez même qu'il importait de tenir le verrou de la porte méditerranéenne qui s'ouvrait sur les Indes. Dès 1878, on pouvait donc prévoir que Londres n'épargnerait rien pour s'assurer la possession de l'Egypte. Et en 1882, le rêve se réalisait Depuis 1935, l'établissement en mer Rouge d'une Italie désormais engagée pour sa survie européenne et son rayonnement colonial, sembla avoir porté le dernier coup à la confiance et à l'assurance "quasi insolentes" britanniques. La route méditerranée était donc vulnérable. Dominions orientaux et Inde se révélèrent, par surcroit, comme étant des aires pétrolifères les plus riches du monde, la Grande Bretagne se trouvait, plus que jamais, engagée à ne rien lâcher de sa situation en Méditerranée, en général, sur le rocher de Gibraltar, en particulier. Rocher qui, jadis et pendant des siècles, fascina et alimenta les imaginaires par sa géographie déroutante, son site puissamment fortifié, sa ville haut perchée dévorée par des épidémies, rongée par la contrebande, ravagée par les affres des guerres impériales, d'Ales et mondiales, sur fond de disputes et de tiraillements anglo-espagnols que le Brexit ne réussit point à éteindre.
L'auteur, enfant du fleuve et fils de la savane, à travers ces mémoires, n'a pas voulu faire une production classique comme cela se fait généralement dans ce type de récit. A travers ce qu'il a appelé des gaîtés, il s'est volontairement mis en arrière-plan de son village : Tiyaabu, capitale millénaire du Gajaaga, dans l'actuel terroir administratif de Bakel, au nord-est du Sénégal. Au lieu de raconter l'histoire et les généalogies, il a préféré laisser Tiyaabu se conter elle-même par ses hommes, ses femmes, sa savane, sa faune, sa flore, ses eaux et tous les habitants de son espace et de sa biodiversité. C'est par des récits, des faits réels, des situations vécues ou entendues que l'auteur dit et décrit ce village, dans un style oral qui peut sembler déroutant. Il s'est agi de conter l'histoire de Tiyaabu par des histoires, tirées du ventre du village : les mémoires d'un village, en hommage à toute la Nation soninké, riche de son histoire et de sa diversité.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.