Le Rocher de Gibraltar. Entre Mare clausum et Mare liberum (1704-2020) ou les destinées singulières
Ba Daha Chérif ; Bathily Abdoulaye ; Seydi Yancoba
L'HARMATTAN
49,00 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782343248554
Lorsqu'en 1704, à la faveur de la guerre de Succession espagnole, les Anglais s'emparèrent du rocher de Gibraltar, il ne s'agissait nullement et évidemment pour eux de s'assurer la maîtrise et le contrôle de la route conduisant à l'empire qui n'existerait que trois quarts de siècle plus tard. Mais, du moment qu'échappant à la France, l'Inde eut passé à la Grande-Bretagne, le rocher espagnol devint une position de premier ordre à l'entrée de la mer méditerranéenne par où passait la route des Indes la plus directe. Quand la percée de l'isthme de Suez eut abrégé et écourté de 80% le chemin du golfe Persique, l'Angleterre, cramponnée plus obstinément que jamais à Gibraltar, s'avisa de l'importance incalculable et inestimable qu'aurait pour elle et ses intérêts commerciaux la possession de la porte de sortie de la Méditerranée, dont elle détenait déjà l'entrée. C'est à Suez même qu'il importait de tenir le verrou de la porte méditerranéenne qui s'ouvrait sur les Indes. Dès 1878, on pouvait donc prévoir que Londres n'épargnerait rien pour s'assurer la possession de l'Egypte. Et en 1882, le rêve se réalisait Depuis 1935, l'établissement en mer Rouge d'une Italie désormais engagée pour sa survie européenne et son rayonnement colonial, sembla avoir porté le dernier coup à la confiance et à l'assurance "quasi insolentes" britanniques. La route méditerranée était donc vulnérable. Dominions orientaux et Inde se révélèrent, par surcroit, comme étant des aires pétrolifères les plus riches du monde, la Grande Bretagne se trouvait, plus que jamais, engagée à ne rien lâcher de sa situation en Méditerranée, en général, sur le rocher de Gibraltar, en particulier. Rocher qui, jadis et pendant des siècles, fascina et alimenta les imaginaires par sa géographie déroutante, son site puissamment fortifié, sa ville haut perchée dévorée par des épidémies, rongée par la contrebande, ravagée par les affres des guerres impériales, d'Ales et mondiales, sur fond de disputes et de tiraillements anglo-espagnols que le Brexit ne réussit point à éteindre.
Nombre de pages
690
Date de parution
15/12/2021
Poids
1 048g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782343248554
Titre
Le Rocher de Gibraltar. Entre Mare clausum et Mare liberum (1704-2020) ou les destinées singulières
Auteur
Ba Daha Chérif ; Bathily Abdoulaye ; Seydi Yancoba
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
1048
Date de parution
20211215
Nombre de pages
690,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Chemins d'eaux nous mène sur les traces de Labbo Méry, un boisselier du village de Méryal Sayboobe, recueilli dès son jeune âge à Kayes, un hameau destiné à devenir une florissante escale à la croisée des chemins et des eaux du Haut-Sénégal. Kayes était un lieu d'accueil d'esclaves et de captifs en fuite, d'orphelins, de traite d'enfants égarés. C'était aussi un gros entrepôt commercial et militaire comme d'ailleurs toutes les escales fluviales du Sénégal (Dagan, Podor, Matam et Bakel). A Saint-Louis, Labbo est confié à la Signare Mathilde Duboeuf. Sa gouvernante, Coumba Labbo Méry finit par l'adopter et l'emmène à Méry. Emerveillé depuis sa tendre enfance par les énormes pirogues, les chalands, Labbo devient un excellent laptot, maître dans l'art de fabriquer des embarcations en bois. De retour à Saint-Louis, il commence à travailler sur les flottes commerciales ou militaires, ce qui le conduit jusqu'aux mines d'or de la Haute Guinée ! Labbo a eu aussi la chance de hanter les côtes atlantiques du Sénégal, de Saint-Louis, puis Dakar jusqu'au Gabon et au Congo, en Afrique équatoriale, sillonnant ainsi les eaux les plus tumultueuses et les plus impétueuses. Ce texte romancé est un prétexte pour revisiter l'histoire de la navigation sur le fleuve Sénégal, le long des côtes atlantiques africaines, la revue des bâtiments commerciaux et militaires sortis des chantiers navals de la Rochelle, de Bordeaux, entre autres, qui animèrent une vie de relation particulièrement dense et florissante. Un clin d'oeil à une période particulièrement agitée et riche de l'histoire du Sénégal, de la Sénégambie et de l'ouest africain : traite de la gomme, de l'or, des esclaves, les campagnes militaires d'annexion et de résistance, débuts et aléas de l'urbanisation, l'écologie, la médecine traditionnelle, l'organisation sociale traditionnelle, l'éclatement des épidémies dans les villes et escales, le développement des ports africains, la vie rurale, etc.
L'auteur analyse ici les configurations et les significations des cultures dites du "bas" travaillées par les ordres Ceddo, islamique, colonial et postcolonial. Il en dévoile les chorégraphies, les chansons et poèmes articulés à la guerre, aux armes, au sang, à la mort. Il contribue à l'enrichissement des connaissances sur des aspets aussi négligés voire ignorés que les ingénieuses inventions culturelles, festives, folkloriques, "carnavalesques" des sociétés sénégambiennes en général et des entités fulbe en particulier.
Cette étude permet à la fois d'analyser les faits culturels et de mettre l'accent sur des productions littéraires dont on ne soupçonnait ni l'existence ni la saveur, encore moins l'élégance. Rythmes d'eaux et de savanes ou les facettes culturelles des Peulhs de la Sénégambie (1512-1980) est un livre qui peut être lu comme un texte d'histoire, un manuel de socio-anthropologie, et une anthologie poétique. Il n'y a pas de différence majeure entre, par exemple, un Senghor auquel l'analyse se référera constamment et les poètes présentés par Ba. Ils sont tous diseurs d'entêtement et d'exigence ; ils ont parié sur le verbe. Ainsi, tout semble converger vers la troisième partie car la présentation du corpus offre un intérêt certain. Les catégories socio-professionnelles (tisserands, forgerons, cordonniers, bûcherons, pêcheurs, chasseurs, pasteurs, guitaristes, griots...) se livrent à une intense activité de création. Malheureusement, beaucoup de textes de la littérature orale sont aujourd'hui perdus. Et le mérite principal de ce livre est de sauver certains textes en les recueillant et en les traduisant. Par ailleurs, et c'est là un autre mérite du livre, certains de ces textes ont un caractère poétique fortement marqué. Les auteurs ne sont pas seulement des moulins à parole mais des virtuoses du verbe, des poètes qui, à chaque moment de leur création, manifestent une exceptionnelle compétence rhétorique".
Par le truchement du souvenir, ce roman se présente comme le récit de la vie du patriarche Gumaalo qu'un père fait à sa fille dans une sorte de transmission des codes et des symboles. Mais la biographie du patriarche Gumaalo est entrée dans une histoire coloniale aux prises avec les pratiques traditionnelles d'une société sénégalaise dominée par le féodalisme. Il se dégage de ce récit, qui se présente comme un roman historique, une atmosphère lourde de contradictions du système colonial et des mutations sociopolitiques qui ébranlent les fondements de la société africaine traditionnelle.