L'image peut-elle nier ? La question est en apparence toute simple et attendrait une réponse catégorique, oui ou non. Si pourtant, dans le présent ouvrage, des linguistes, des sémioticiens, des philosophes, des spécialistes des arts visuels et audiovisuels se sont penchés sur cette question, c'est qu'en réalité tout fait problème en elle. Car répondre à une telle question, cela consisterait d'abord à déterminer les conditions dans lesquelles elle se pose. Qu'appelle-t-on "nier" et qu'appelle-t-on "image" ? Et selon quel corpus d'images ? Peut-on donner une réponse unique à la diversité de ses domaines d'usage : les arts, les religions et les sciences, ainsi que de ses genres (portrait, nature morte, etc.) ? Les contributeurs du présent volume explorent différentes sortes de supports médiatiques et d'objets visuels ; expériences picturales contemporaines, photographie, films, peinture chinoise, mais aussi peinture religieuse médiévale, pictographies esquimaudes de la fin du XIXe siècle ou hiéroglyphes égyptiens. Une première partie, intitulée "L'énonciation en image", explore les relations entre la négation dans l'image et la théorie de l'énonciation comme celle-ci est revisitée par la sémiotique contemporaine. Une seconde, ayant pour titre "Du langage verbal aux images", s'attache à des comparaisons entre les sens de la négation dans différentes langues et grammaires et leurs cultures visuelles respectives. Les comparaisons inévitables avec d'autres lieux d'exercice de la négation à savoir les langages formels et les langues verbales et l'examen des transferts conceptuels non moins indispensables que ces comparaisons suscitent mettent ainsi à l'épreuve d'une question le statut ontologique de l'image.
Nombre de pages
224
Date de parution
13/12/2016
Poids
610g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782875621160
Auteur
Badir Sémir ; Dondero Maria Giulia
Editeur
PULG
Largeur
160
Date de parution
20161213
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Louis Hjelmslev (1899-1965), linguiste, fils de mathématicien, père de la glossématique - une épistémologie sémiotique dédiée aux sciences humaines -, est considéré comme le plus rigoureux des linguistes structuralistes du XXe siècle. Radicalisant les intentions et le propos de Saussure - décrire la langue comme système -, il a mené à bien un imposant travail de formalisation et pourvu la linguistique d'une importante batterie de concepts techniques dont on n'a pas encore épuisé les possibilités d'application. En particulier, c'est de ses travaux que proviennent les concepts de connotation et de métalangage - souvent présents dans la réflexion contemporaine. On essaie ici d'introduire à cette ?uvre dense, qui a inspiré philosophes (Derrida, Deleuze, Ricoeur), psychanalystes (Lacan) et théoriciens de la littérature (Barthes, Todorov), et notamment à ses concepts majeurs : forme, substance, expression, contenu, sémiotique dénotative, sémiotique connotative, métasémiotique. On espère ainsi montrer l'actualité de Hjelmslev, dont les récents développements " communicationnels " (logiciels, machines à traduire, Internet, etc.) ne semblent pas avoir mis les hypothèses en défaut.
Les langues font l'objet de descriptions, au même titre que les atomes, les espèces animales ou les fluctuations du marché économique. Pour les décrire, il faut des instruments : des signes. Des signes le plus souvent empruntés au langage naturel. Mais c'est déjà par des signes, oraux, écrits, que les langues se manifestent dans l'usage quotidien. Aussi existe-t'il en linguistique un risque - à la fois subtil et persistant - de confondre les signes qui servent à la description des langues avec les signes qui rendent ces langues présentes à l'œil et à l'oreille des locuteurs. Ouvrage posthume édité par ses élèves, le célèbre Cours de linguistique générale expose la découverte de " la " langue par Saussure. La présente étude en propose une lecture nouvelle dans le but de déterminer le statut de la représentation dans son rapport avec la langue.
L'?uvre de René Magritte est très populaire, c'est sûr. Pourtant, les théoriciens de la peinture affichent parfois à son égard un certain dédain. Mauvaise peinture, ose-t-on dire. Chacun en juge comme il l'entend? mais ces critiques ont-ils saisi l'intention attachée à cette ?uvre ? Car un travail de la pensée la traverse. J'irais jusqu'à dire que l'?uvre de Magritte est cela même : l'exercice d'une pensée en images. Dans ce livre, je propose une enquête. Prenant appui sur les dits et écrits du peintre, je tente de retrouver cette pensée en images. En eux-mêmes les tableaux n'y donnent pas accès : on aurait beau les interpréter, on ne découvrirait pas encore leur nécessité. Alors je les mets en rapport avec des concepts philosophiques. Je montre, à partir de sept études, que les images créées par Magritte sont comparables à des arguments et qu'elles témoignent, au sein de l'?uvre, d'une ressemblance avec la réflexion de philosophes tels que Platon, Kant, Hegel, Nietzsche, Wittgenstein ou Sartre, sans compter Michel Foucault. Sémir Badir : Titulaire d'un mandat permanent du Fonds National belge de la Recherche Scientifique et maître de conférences à l'université de Liège, Sémir Badir applique l'étude sémiologique au bénéfice des sciences humaines, des lettres et des arts.
La sémiotique possède un statut épistémologique difficile à cerner. Ses objets d'étude (produits culturels, pratiques sociales, techniques, milieux du vivant) débordent très largement le cloisonnement des terrains ordinairement admis, y compris parmi les sciences humaines ; et le champ d'expérience qu'elle recoupe est si diversifié qu'il empêche toute unification théorique. Cette double hétérogénéité - des objets d'étude et des moyens d'analyse - fait douter que la sémiotique puisse être constituée en discipline de savoir. Mais si la sémiotique n'est pas une discipline, quel est son statut ? L'ouvrage s'efforce de répondre à cette question en prenant au sérieux les problèmes épistémologiques que pose son cas. Il adopte ainsi un mouvement de va-et-vient entre l'exposition d'une pratique discursive du savoir et la réflexion sur les moyens nécessaires à son examen. Sont successivement analysées l'organisation interne (disciplinaire, interdisciplinaire) du savoir sémiotique, sa participation à l'organisation générale des connaissances, l'histoire et le programme de recherche, les outils techniques, les gestes discursifs de l'argumentation, enfin les formes de l'objectivité.
Des dictionnaires de mots-valises, il en existe déjà. Le procédé, peu connu par son nom, est exploité dans les domaines les plus divers, pour son humour ou son efficacité. Le présent ouvrage offre en ouverture une série de réflexions sur le concept avant d'en explorer un maximum de possibilités.
Avec J.-P. Coutard, D. Cliquet propose ici un volume consacré aux environnements des occupations humaines pléistocènes en Normandie et à leur chronologie. A l'échelle régionale, les données contextuelles sont rassemblées, par disciplines, pour offrir un vaste panorama, non pas des occupations humaines elles-mêmes et des matériaux archéologiques qui leur sont associés - nul article consacré au débitage et à l'outillage en silex ici, ni à la grande faune chassée - mais de leurs environnements. L'ouvrage s'ouvre sur l'historique de la recherche en Préhistoire dans la région ; il se clôt sur une synthèse consacrée aux hommes et à leurs milieux (au pluriel) ; entre les deux, une série de contributions donnent l'état de la connaissance des reliefs, roches, végétaux, micro-organismes, etc. C'est donc tout le cadre de vie des hommes durant le Pléistocène qui est reconstitué ici, pour la Normandie, résultat des travaux entrepris par les auteurs et leurs prédécesseurs depuis plusieurs décennies.