Les langues font l'objet de descriptions, au même titre que les atomes, les espèces animales ou les fluctuations du marché économique. Pour les décrire, il faut des instruments : des signes. Des signes le plus souvent empruntés au langage naturel. Mais c'est déjà par des signes, oraux, écrits, que les langues se manifestent dans l'usage quotidien. Aussi existe-t'il en linguistique un risque - à la fois subtil et persistant - de confondre les signes qui servent à la description des langues avec les signes qui rendent ces langues présentes à l'œil et à l'oreille des locuteurs. Ouvrage posthume édité par ses élèves, le célèbre Cours de linguistique générale expose la découverte de " la " langue par Saussure. La présente étude en propose une lecture nouvelle dans le but de déterminer le statut de la représentation dans son rapport avec la langue.
Nombre de pages
144
Date de parution
01/04/2001
Poids
206g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738460431
Titre
Saussure : la langue et sa représentation
ISBN
2738460437
Auteur
Badir Sémir
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
206
Date de parution
20010401
Nombre de pages
144,00 €
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Louis Hjelmslev (1899-1965), linguiste, fils de mathématicien, père de la glossématique - une épistémologie sémiotique dédiée aux sciences humaines -, est considéré comme le plus rigoureux des linguistes structuralistes du XXe siècle. Radicalisant les intentions et le propos de Saussure - décrire la langue comme système -, il a mené à bien un imposant travail de formalisation et pourvu la linguistique d'une importante batterie de concepts techniques dont on n'a pas encore épuisé les possibilités d'application. En particulier, c'est de ses travaux que proviennent les concepts de connotation et de métalangage - souvent présents dans la réflexion contemporaine. On essaie ici d'introduire à cette ?uvre dense, qui a inspiré philosophes (Derrida, Deleuze, Ricoeur), psychanalystes (Lacan) et théoriciens de la littérature (Barthes, Todorov), et notamment à ses concepts majeurs : forme, substance, expression, contenu, sémiotique dénotative, sémiotique connotative, métasémiotique. On espère ainsi montrer l'actualité de Hjelmslev, dont les récents développements " communicationnels " (logiciels, machines à traduire, Internet, etc.) ne semblent pas avoir mis les hypothèses en défaut.
L'?uvre de René Magritte est très populaire, c'est sûr. Pourtant, les théoriciens de la peinture affichent parfois à son égard un certain dédain. Mauvaise peinture, ose-t-on dire. Chacun en juge comme il l'entend? mais ces critiques ont-ils saisi l'intention attachée à cette ?uvre ? Car un travail de la pensée la traverse. J'irais jusqu'à dire que l'?uvre de Magritte est cela même : l'exercice d'une pensée en images. Dans ce livre, je propose une enquête. Prenant appui sur les dits et écrits du peintre, je tente de retrouver cette pensée en images. En eux-mêmes les tableaux n'y donnent pas accès : on aurait beau les interpréter, on ne découvrirait pas encore leur nécessité. Alors je les mets en rapport avec des concepts philosophiques. Je montre, à partir de sept études, que les images créées par Magritte sont comparables à des arguments et qu'elles témoignent, au sein de l'?uvre, d'une ressemblance avec la réflexion de philosophes tels que Platon, Kant, Hegel, Nietzsche, Wittgenstein ou Sartre, sans compter Michel Foucault. Sémir Badir : Titulaire d'un mandat permanent du Fonds National belge de la Recherche Scientifique et maître de conférences à l'université de Liège, Sémir Badir applique l'étude sémiologique au bénéfice des sciences humaines, des lettres et des arts.
La sémiotique possède un statut épistémologique difficile à cerner. Ses objets d'étude (produits culturels, pratiques sociales, techniques, milieux du vivant) débordent très largement le cloisonnement des terrains ordinairement admis, y compris parmi les sciences humaines ; et le champ d'expérience qu'elle recoupe est si diversifié qu'il empêche toute unification théorique. Cette double hétérogénéité - des objets d'étude et des moyens d'analyse - fait douter que la sémiotique puisse être constituée en discipline de savoir. Mais si la sémiotique n'est pas une discipline, quel est son statut ? L'ouvrage s'efforce de répondre à cette question en prenant au sérieux les problèmes épistémologiques que pose son cas. Il adopte ainsi un mouvement de va-et-vient entre l'exposition d'une pratique discursive du savoir et la réflexion sur les moyens nécessaires à son examen. Sont successivement analysées l'organisation interne (disciplinaire, interdisciplinaire) du savoir sémiotique, sa participation à l'organisation générale des connaissances, l'histoire et le programme de recherche, les outils techniques, les gestes discursifs de l'argumentation, enfin les formes de l'objectivité.
Qu'y a-t-il de commun entre le street art, les mooc, les vidéos dérivées de Game of Thrones ou les forums médicaux en ligne ? Il s'agit, dans tous les cas, de pratiques culturelles dont les effets esthétiques et la portée politique dépendent fortement des techniques qui en soutiennent l'émergence dans l'espace public. Le projet du présent volume est d'interroger ces pratiques émergentes pour la pensée médiatique qu'elles délivrent. Pour ne pas réduire les techniques au rang de simples supports formels, il convient en effet de comprendre comment celles-ci (se) réfléchissent sur les usages. A l'encontre d'une histoire savante des savoirs et des arts, à l'encontre également d'une tendance actuelle à essentialiser la "nouveauté" des formes liées au "tournant numérique", l'ouvrage propose une perspective rafraîchissante sur une série d'objets qui cartographient notre imaginaire culturel contemporain. Il le fait sans raideur théorique ni affiliation d'école, mais en revendiquant la pertinence de la sémiotique face à ces questions trop souvent captées, d'un côté par les sciences sociales, de l'autre par les sciences de l'information et de la communication. Par rapport à ces dernières, la sémiotique continue d'offrir des outils de description puissants, qui couvrent désormais le spectre allant des textes aux pratiques ; elle permet surtout de situer le geste du chercheur dans le même continuum de réflexivité médiatique que les usages profanes qu'il prend pour objet.