Rien à faire, on s'embourbe. Edition bilingue français-arabe
Azam Edith ; Barzilaï Pauline ; Haji Golan
PORT A JAUNI
12,00 €
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EAN :9782494753136
On s'enfonce dans un corps on ne sait pas si c'est le nôtre. On mélange tout on est le coeur on est les reins les pieds les poumons les artères on est tout un tas d'os mais on ne sait plus trop ce que cela veut dire. On marche en se disant que l'on ne comprend pas. On est là au milieu du tumulte à partir se départir oublier d'où l'on vient on se dit que pour les racines la terre ne suffira pas que c'est plus bas qu'elles nous tiennent. On se ferme les yeux on s'en va au plus loin on s'enfonce dans ce corps que l'on ne connaît pas on mélange tout on est le coeur". Ecrire sur l'écriture, écrire sur le corps, écrire sur le corps en écriture ; faire entendre l'oralité dans l'écrit, faire entendre le cri de la difficulté de vivre, faire entendre le corps qui s'exprime dans l'écrit : voici le projet à l'oeuvre ici. L'écriture d'Edith Azam est magnifique et politique, dramatique et humoristique. Elle se lit et s'entend à tous les âges. Elle s'oralise et s'amplifie à chaque nouvelle lecture. En écho à ces mots, Pauline Barzilaï a peint un cycle. Celui d'une lune. Ou d'un soleil. Ou d'une vie. ? Et nous le mettons en page dans un livre qui s'ouvre et se déroule, jusqu'à ce que la courbe de la lune, ou du soleil, ou de la vie, soit entièrement déroulée, ouverte, écrite, dessinée. Finalement ce livre devient une longue bande de poèmes qui se lèvent et se couchent. Rien à faire, on s'embourbe.
Nombre de pages
24
Date de parution
15/11/2024
Poids
76g
Largeur
172mm
Plus d'informations
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EAN
9782494753136
Titre
Rien à faire, on s'embourbe. Edition bilingue français-arabe
Auteur
Azam Edith ; Barzilaï Pauline ; Haji Golan
Editeur
PORT A JAUNI
Largeur
172
Poids
76
Date de parution
20241115
Nombre de pages
24,00 €
Disponibilité
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La narratrice attend. Elle attend, elle redoute une nouvelle qu'on doit lui annoncer au téléphone. Une mort. Celle d'une grand-mère bien aimée. Elle se souvient, elle évoque des souvenirs d'enfance bien sûr, mais pas seulement. Elle se rappelle les histoires que lui racontait cette grand-mère lorsqu'elle était enfant. Elle se rappelle des moments, des gestes, des paroles, des sentiments. Elle souffre, elle a peur, et puis finalement le téléphone sonne, comme il était prévu. Chaque phrase de ce texte atteint un degré inouï d'intensité et de douleur, de colère contre l'inéluctable. On se dit que non, cela ne peut durer ainsi, à ce niveau tout un livre. Et pourtant si, Édith Azam arrive à fouiller suffisamment profondément en elle pour y trouver un gisement de souffrance qui semble inépuisable ainsi que les mots, toujours nouveaux, pour le traduire.
On sait : l'autre. On sait qu'il va venir. Il arrive toujours. Il nous tient par les yeux, nous oppresse. Il contamine notre espace, veut nous réduire à petit feu. On sait qu'il est en bas, là, derrière le mur. C'est à devenir dingue. C'est à devenir : on devient. Presque. Mais non, on ne le laissera pas faire, on ne veut pas finir si vite. Alors on se concentre, on se concentre puis on l'attend, l'autre, le pied ferme. On ne veut pas céder à la panique. On court vers la salle de bains se rincer le visage, puis on relève la tête et soudain, le reflet dans la glace, nous dit droit dans les yeux : On : c'est l'autre".
Caméra, en silence, fouille le sol, gratte la terre, recueille les traces de vies incrustées dans la pierre, des résidus de cris, des agglomérats d'hommes totalement inadaptés : à mourir. La douleur ? Caméra ne veut rien en dire. Lorsqu'elle ferme les yeux le néant lui fait signe allongeant toutes les nuits les unes sur les autres. Elle comprend, Caméra, le vide aussi se nomme. Mais comment faire alors, si la langue n'est plus : qu'une arme face à sa cible ...
Ce livre, qui s'apparente à un "roman-poème" , développe en parallèle deux récits. Le premier tient la chronique d'une relation amoureuse tourmentée ; le second, sous la forme d'une fable, nous présente Rivière. Peu à peu les deux récits s'entremêlent, oscillant entre le réel et le conte, tandis que la rivière dont il est question dans le titre devient, métaphoriquement, un personnage à part entière. La poésie se fait ici limpide, heurtée seulement par une ponctuation que l'auteur malmène en toute liberté. Mais sous l'apparente douceur sont exposés les lambeaux de vie et de peine, les corps maladroits, les ambiguïtés du discours amoureux... Dans cette histoire à deux voix, tour à tour paisible et torrentielle, Edith Azam met à nu une émotion vibrante, qui gagne en intensité au fil des pages. On en ressort bouleversé.
Abbas Mo ; Norac Carl ; Heredia Géraldine ; Macaig
Dans ce joli coffret dédié aux PAYSAGES, on retrouve trois titres de la collection Poèmes du Port a jauni : ? L'HOMME SANS PAYSAGE ? POÈMES DE ROCHES ET DE BRUMES ? POÈMES EN PAYSAGES accompagnés de 12 magnifiques cartes postales issues des livres et des liens QR code vers les versions sonores bilingues en français et arabe disponibles sur notre site : un cadeau idéal !
Une première version de ce livre a été publiée en 2021 avec d'autres illustrations de Jérémie Fischer. Les poèmes de Bernard Friot et leur traduction en arabe de Golan Haji sont identiques... à une ligne près ! mais où ... Ou ? dessous, derriere, dessus, en haut, en bas, dedans? partout ? Ici. Étonnant : ici change tout le temps. C'est même un peu agaçant. "Ici, c'est là où je suis : aux WC, quand je lis des BD ? sur le canapé, d'où je regarde un dessin animé ? c'est le ruisseau glacé où je trempe les pieds, et c'est aussi mon lit ici, quand je rêve d'ailleurs et d'autre part loin, oh loin, d'ici." Treize poèmes comme un jeu spatial adapte a la petite enfance, où Bernard Friot explore en poésie les adverbes de lieu. Treize poemes comme une promenade en images. Les nouvelles illustrations de Jérémie Fischer sont chatoyantes et ludiques. Ici, on devine les oreilles d'un lapin dans les montagnes au loin. Là, on plonge dans le paysage jusqu'à deviner ce qui apparaît, derrière. Jérémie Fischer investit l'espace comme un jeu, il guide notre regard dans les paysages avec ses collages orange, qui nous montrent où se passe le poème, dessus, dessous, en bas, oui... là !