La répartition des plantes à la surface du globe, ainsi que les associations régulières d'espèces qui caractérisent telle région ou tel site, sont encore des faits à étudier par le naturaliste. Sans doute le point de vue est ici plus extérieur au vivant ; le lien qui unit les Végétaux en associations n'est pas un lien vital au même sens que la parenté systématique : ces associations sont de simples mélanges équilibrés et non des consensus vitaux ; leur étude est un peu comparable à celles des mélanges complexes que constituent les roches. Bien qu'en ce cas l'explication appartienne plutôt à l'ordre des sciences géographiques, les géobotanistes ont cependant déjà rendu de signalés services à la connaissance des espèces et des groupes supérieurs à l'espèce. Ainsi de tous côtés, quelle que soit leur spécialité, les naturalistes se sentent appelés à faire oeuvre de systématiciens : c'est une vérité bien mise en lumière par la science actuelle, que le but dernier de l'histoire naturelle est d' élaborer une Classification profondément pensée et synthétisante. A vrai dire, chacun sait que les espèces, genres, familles, etc. , sont encore bien plutôt termes de description que termes d'explication. Le savoir humain les décrit par touches successives, il les "signifie" au moyen de tous les faits observables et mesurables qu'on peut mettre à leur compte. Mais la loi dernière de coexistence de tous ces caractères nous échappe. N'est-ce pas la grande misère des connaissances expérimentales que de s'arrêter ainsi, à distance, devant les essences ! Pourtant, le centre où convergent tous les caractères importants d'un groupe naturel ne se perd pas complètement dans l'inconnu. D'autant moins difficilement qu'il s'agit d'une unité plus vaste et moins compréhensive, on peut atteindre à quelque substitut des essences : physionomie d'ensemble, tendances dominantes. Ces résultats sont la substance de l'histoire naturelle, et en font le véritable attrait. On y atteint par le désir de "comprendre" , s'exerçant sur les éléments d'une information très vaste et organisée ; quelques intuitions fort modestes ne seront conquises qu'après avoir longuement contemplé l'unité vivante, après avoir, selon le mot de Bergson, "gagné sa confiance par une longue camaraderie avec ses manifestations superficielles" .
Nombre de pages
286
Date de parution
01/04/1997
Poids
601g
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EAN
9782701004365
Titre
Les unités naturelles du monde végétal
Auteur
Augier Jean
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
0
Poids
601
Date de parution
19970401
Nombre de pages
286,00 €
Disponibilité
Epuisé
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HOMERE, L'épopée littéraire - Un mystère éternel - Le monde sans limites - Des héros mythiques. La "question homérique", qui cherche, depuis trois siècles, à éclaircir ce que nous appelons "Homère", ne sera sans doute jamais résolue. Si les Anciens ne doutaient pas de son existence, Homère semble être devenu très tôt un mythe, dont la renommée égalait celle de ses héros. Explorer ce mythe, c'est progresser à tâtons vers un monde perdu - la Grèce d'avant l'écriture, où la poésie se donnait en public, et jouait un rôle bien plus important qu'aujourd'hui. Dans ce numéro, nous vous emmèneront à la suite d'Achille et d'Ulysse, pour rêver sur les ruines d'Hissarlik, plonger dans les strates de la langue d'Homère et rappeler qu'Ulysse n'est pas ce gentil vagabond des mers que voit de nos jours en lui l'imaginaire commun, et que Pénélope est bien plus qu'une épouse modèle. Rappeler, aussi, l'extrême violence de l'Iliade, et les larmes que verse volontiers le plus grand des guerriers...
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.